Projet rue Ontario : 180 000 $ de plus pour Sherbrooke

Marc Rioux, propriétaire d'un immeuble à logements, a... (Spectre média, Julien Chamberland)

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Marc Rioux, propriétaire d'un immeuble à logements, a déploré que la Ville investisse pour la construction de logements sociaux plutôt que dans un programme de supplément au loyer. Il a avancé être incapable de rivaliser avec des logements comme ceux aménagés dans l'ancienne usine Jack Spratt, où « les plafonds font neuf pieds de haut et le stationnement est chauffé ».

Spectre média, Julien Chamberland

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(Sherbrooke) Le projet de conversion de l'ancien couvent de la rue Ontario en logements sociaux et en espaces à bureaux n'a pas reçu d'opposition majeure, lundi, lors de la séance de consultation publique tenue au bureau de l'arrondissement de Jacques-Cartier.

Des inquiétudes concernant le stationnement et la préservation d'un boisé ont été formulées. Le promoteur Denis Custeau a quant à lui apporté des précisions qui permettent notamment d'apprendre que le projet de 18 M$ générera 180 000 $ en taxes municipales annuellement.

Rappelons que l'édifice voisin de l'école Sainte-Anne accueillerait 74 unités de logement destinées à des ménages à revenu faible ou modique, principalement des personnes seules de 55 ans ou plus. Le projet serait réalisé par le Parallèle de l'habitation. Le sous-sol du bâtiment comporterait des espaces de location pour des organismes communautaires, tandis que des bureaux de services professionnels et d'affaires sont prévus au troisième étage. Un bâtiment de neuf logements serait aussi construit en bordure de la rue Ontario, près de la marge au sud du terrain.

Lors de la consultation, il a été permis d'apprendre que les travaux dans l'ancien couvent seraient vraisemblablement terminés à la fin de l'été 2017 et qu'ils ne nécessiteront que très peu de modifications à l'allure du bâtiment patrimonial. Une nouvelle porte d'entrée serait ajoutée en façade et les fenêtres seraient changées. Un jardin communautaire serait aménagé à l'arrière alors que des espaces de stationnement seraient construits de chaque côté de l'édifice, de même qu'à l'arrière.

Le promoteur Denis Custeau a confirmé que ce sont les bureaux du Groupe Custeau qui éliraient domicile dans le complexe, où il aménagerait une salle de conditionnement physique et une salle de yoga, qu'il rendrait disponibles pour les locataires. « La valeur du terrain pour le bâtiment neuf sera réinvestie dans l'éclairage pour mettre en évidence l'édifice patrimonial et pour nettoyer la structure de béton. Depuis 1924, la Ville n'a jamais perçu 1 $ de taxe sur ce bâtiment religieux. Il amènera maintenant 180 000 $ en taxes annuellement. »

Les 74 logements de l'ancien couvent auront une dimension de trois pièces et demie. Les neuf logements destinés à une clientèle plus aisée, qui seraient construits en 2018, compteront quatre pièces et demie.

1000 ménages en attente

Priscille Lambert, chargée de projet au Parallèle de l'habitation, a mentionné que la liste d'attente pour des logements sociaux à Sherbrooke compte 1000 ménages, dont 800 sont composés de personnes aînées.

Au citoyen Pierre Avard, qui s'interrogeait sur la quantité d'espaces de stationnement réservés aux locataires, 47, l'urbaniste à la Ville de Sherbrooke Michel Beauchesne a répondu qu'on appliquait le même ratio que pour les résidences de personnes âgées, soit que la moitié des résidents ne possèdent pas de voiture.

Mme Lambert juge ce ratio suffisant, arguant que certains immeubles de logements sociaux du centre-ville ne comptent aucun espace de stationnement et que tous les logements sont loués malgré tout. « La majorité des locataires n'ont pas les moyens d'avoir des véhicules. »

L'architecte Michel Jubinville a pour sa part rassuré les citoyens qui craignaient la destruction du boisé qui sépare l'ancien couvent des Jardins Condonia, situés à l'arrière. Le boisé sera préservé.

Enfin, Marc Rioux, propriétaire privé d'un immeuble à logements, a rappelé qu'il y avait « beaucoup d'appartements vacants à Sherbrooke. La mission de la Ville de construire 500 logements sociaux en cinq ans se fait au détriment des propriétaires comme moi, qui perdent des locataires ». Il a invité la Ville à investir dans des programmes de supplément au loyer plutôt que dans des logements sociaux.

La conseillère Chantal L'Espérance a rappelé que des sommes avaient été consenties à cet effet cette année.

« Je ne suis pas contre la vertu », a toutefois ajouté M. Rioux.

Priscille Lambert a ajouté que Sherbrooke avait obtenu 85 logements admissibles au supplément au loyer cette année. « Les listes d'attente sont pour les trois et demi et les familles nombreuses. »

Le projet était soumis à une consultation publique pour ajouter les vocations liées aux services professionnels et aux services d'éducation. Les citoyens qui voudront s'opposer au projet pourront signer un registre au courant du mois de novembre à la suite de la publication d'un avis public.

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