Focus sur nos abus planétaires

Les dommages causés par l'exploitation du nickel à... (Edward Burtynsky)

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Les dommages causés par l'exploitation du nickel à Sudbury, en Ontario.

Edward Burtynsky

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(Sherbrooke) Puissant. Le qualificatif revient souvent pour décrire l'oeuvre du photographe canadien Edward Burtynsky, dont la lentille est le témoin de nos abus planétaires. Ici, une mer de pneus. Là, ce qui semble une rivière d'un orange vif qui pourrait être magnifique... si une exploitation de nickel n'était pas derrière cette image.

Les photos du photographe globe-trotter seront exposées à compter de mercredi à la Galerie d'art du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke. En parallèle, la photographe sherbrookoise Arlette Vittecoq nous fera découvrir « Les traces de nos excès », croqués dans des lieux communs mille fois foulés.

Les deux expositions Burtynsky, Matières résiduelles/Tailings et Arlette Vittecoq, Les Traces de nos excès/Tailings of ours excesses débutent alors que l'Université de Sherbrooke est l'hôte du colloque Innovations en valorisation des matières résiduelles, mercredi et jeudi.

Les oeuvres des deux photographes ont pour dénominateur commun de nous remettre en plein visage ce que l'on inflige à la planète. Ils ont aussi la faculté de dégager une certaine beauté dans ce qui pourrait être à première vue rebutant. « Je trouve ça intéressant de faire ressortir l'esthétisme », souligne à ce sujet Arlette Vittecoq.

« Moi, je traite le microcosme, lui, c'est le gigantisme », commente-t-elle à propos de ses oeuvres et de celles de Burtynsky.

« Je fréquente des lieux communs pour démontrer que moi aussi, je les vois, et ça démontre nos excès. C'est le reproche que je fais : on est ultraboulimique en matière de consommation (...) C'est une façon de sensibiliser, de montrer nos abus », indique Arlette Vittecoq.

Les déchets qui prennent trop de place dans notre quotidien - canettes, sacs de plastique et bouteilles d'eau - sont un thème inépuisable pour la Parisienne d'origine.

Edward Burtynsky sillonne la planète depuis quatre décennies. Des médias l'ont décrit comme l'un des plus importants photographes explorant les enjeux environnementaux.

À vol d'oiseau, il photographie des mines grugées par l'activité humaine, le décor glauque des sables bitumineux de l'Alberta... Son travail repose sur une importante recherche en amont; il utilise différentes techniques pour parvenir à ses fins, que ce soit des grues, des hélicoptères ou des drones.

Les oeuvres de Burtynsky se retrouvent dans des collections de grands musées comme Guggenheim. La galerie d'art de l'Université de Sherbrooke en possède trois dans sa propre collection. Elles ont été prêtées quelques fois à d'autres établissements, comme la Maison de la culture de Brompton. « D'en montrer autant, je pense qu'à Sherbrooke, c'est la première fois », note Suzanne Pressé, coordonnatrice des expositions et de l'animation à la Galerie d'art du Centre culturel de l'UdeS.

Les visiteurs de l'exposition pourront en voir 19 sur grand format.

« Ses photos sont tellement claires, avec des appareils de telle qualité, on dirait que notre vue s'améliore! » lance-t-elle.

« Dans toutes les formes d'arts, il y a plusieurs artistes qui s'invitent dans la protection de la planète. Les uns utilisent des matériaux récupérés, d'autres utilisent des matériaux non nobles. (Burtynsky) est l'un des premiers à nous expliquer ce monde. C'est convaincant, ça nous rentre dedans. » Le mois dernier paraissait Edward Burtynsky : Essential Elements, qui retrace son parcours en photos.

« On avait déjà choisi cette exposition pour 2017. Quand on a vu qu'on accueillait le colloque, on s'est dit que ce serait un bon moment pour la présenter. On essaie de faire le lien entre les arts, la culture et la recherche », commente Suzanne Pressé.

Les expositions se tiendront du 26 octobre au 18 décembre. Le vernissage est prévu mercredi en présence d'Arlette Vittecoq.

Le colloque Innovations en valorisation des matières résiduelles, pour sa part, a pour objectif de promouvoir les technologies et les innovations développées dans le domaine du tri, du recyclage et de la valorisation des matières résiduelles. Rappelons que le Centre d'excellence en valorisation des matières résiduelles se mobilise aux côtés de différents partenaires, dont Valoris et l'UdeS, afin d'atteindre l'objectif de zéro déchet enfoui en 2030.

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