Un baume sur le coeur

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Dans une atmosphère empreinte de recueillement, plus de 1500 personnes se sont rassemblés vendredi à la Cathédrale Saint-Michel pour honorer 206 donneurs d'organes du Québec à titre posthume.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) « Accepter, c'est un gros mot. Je dirais plus que ça permet de mettre un petit baume sur le coeur, parce que j'ai de la misère encore à l'accepter, sa mort. Il était vraiment en forme, mon chum, et il n'était pas vieux. Il n'y a pas d'âge, mais à 48 ans, tu te dis... »

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Si elle n'a toujours pas totalement accepté la perte de son conjoint Sylvain Pépin, décédé des suites d'un anévrisme au cerveau en août 2015, Linda Corbeil admet avoir trouvé un certain réconfort lors de la cérémonie de l'ACDO, où elle a recueilli une médaille au nom de son mari afin de l'honorer pour ses dons d'organes.

Spectre Média, René Marquis

Le sanglot qui étouffe la voix de Linda Corbeil n'empêche pas le court silence qui s'en suit d'être tout à fait intelligible dans l'enceinte de la Cathédrale de Sherbrooke.

Plus de 1500 personnes y étaient rassemblées pour participer à la 29e cérémonie de l'Association canadienne des dons d'organes (ACDO) et honorer 206 donneurs d'organes du Québec à titre posthume, dont le conjoint de Mme Corbeil, Sylvain Pépin, décédé à 48 ans des suites d'un anévrisme au cerveau.

« C'était une journée comme toutes les journées, relate la native de Coaticook à propos de ce funeste 9 août 2015. Nous sommes des amateurs de moto hors-route et nous étions partis en randonnée le matin. Nous sommes revenus dîner. Sylvain devait ajuster ma suspension avant qu'on parte faire un parc éolien et il a été pris d'un sérieux mal de tête incontrôlable. À minuit c'était terminé. »

206 donneurs qui sont partis trop tôt, confrontant leurs proches à des sentiments d'injustice et d'incompréhension, mais laissant tout de même derrière eux un leg d'espoir pour ces derniers.

« Il disait toujours la même niaiserie; qu'il ne donnait pas de sang de son vivant, parce qu'il en avait besoin, mais qu'après, on pourrait prendre ses organes. Ils ont prélevé son coeur, son foie et ses deux reins. C'est un très beau geste qui a permis à d'autres personnes de continuer à vivre. »

En plus de la cérémonie de reconnaissance proclamant les donneurs Ambassadeur de la santé,

leurs noms ont été ajoutés sur le cénotaphe des donneurs, situé au parc Jomphe, à l'angle de la rue Jacques-Cartier et du boulevard de Portland. Rappelons qu'un donneur d'organes peut sauver jusqu'à 8 vies et qu'il peut aussi aider jusqu'à 20 autres personnes par le don de tissus.

« Une journée comme aujourd'hui, ça permet de recevoir une reconnaissance indirecte des receveurs, de savoir que c'est apprécié, mentionne Gladys Pépin. Et moi, dans ma tête, ça me fait dire qu'il y a des parcelles de mon frère qui continuent de vivre quelque part. »

« C'est une fierté, un rattachement au fait qu'on fait partie de ce qui évolue. Peut-être qu'un jour on va en avoir besoin, d'un donneur, et c'est bien que ça ne demeure pas totalement anonyme et qu'une association le souligne », résume Mme Corbeil.

La cérémonie a également permis d'honorer les donneurs d'organes vivants, les citoyens et les policiers engagés en leur octroyant le titre de Grand Samaritain.

« Cet événement se veut le reflet d'une société qui tient à reconnaître publiquement la contribution exceptionnelle de celles et ceux qui consentent à transmettre le plus bel héritage qui soit, celui de la santé », a déclaré à ce sujet le président-fondateur de l'ACDO, Richard Tremblay.

De nombreux corps policiers, dont la Gendarmerie royale du Canada, la Sûreté du Québec et le Service de police de Sherbrooke étaient sur place, eux qui effectuent du bénévolat pour assurer le transport rapide des organes d'un centre hospitalier à un autre.

« C'est un travail qui amène beaucoup personnellement, parce qu'on sait lorsqu'on transporte un organe qu'il y a une famille à l'autre bout qui l'attend souvent depuis longtemps. Ça peut être très demandant, mais c'est très gratifiant comme don de soi », explique le gendarme Philippe Gravel, qui effectue personnellement une trentaine de transports par année depuis 12 ans.

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