Trump, le narcissique, vu par deux journalistes du New York Times

Les journalistes Carl Hulse et Maureen Dowd, du... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

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Les journalistes Carl Hulse et Maureen Dowd, du New York Times, ont livré leurs impressions sur la campagne électorale américaine jeudi soir au théâtre Centennial de l'Université Bishop's.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) L'élection présidentielle américaine a beau opposer les deux candidats les plus impopulaires de l'histoire politique des États-Unis, le théâtre Centennial de l'Université Bishop's était rempli d'auditeurs attentifs jeudi soir pour entendre ce que les journalistes Maureen Dowd et Carl Hulse, du New York Times, avaient à dire sur cette « bizarre de campagne » qui prendra fin le 8 novembre.

Dowd et Hulse sont considérés comme deux des plus éminents journalistes du New York Times. Dowd en tant que chroniqueuse politique, auteure et récipiendaire du prix Pulitzer, et Hulse en tant que correspondant en chef du bureau de Washington.

Truffée d'anecdotes et de commentaires parfois acerbes, leur conférence a permis aux auditeurs d'en apprendre sur les dessous de la présente campagne et en particulier sur le candidat républicain Donald Trump, qui a menacé à plusieurs reprises de poursuivre le New York Times depuis le début de la campagne.

À ce sujet, Dowd et Hulse ont raconté que l'avocat du New York Times avait eu droit à une ovation de la part des journalistes lorsqu'il a publié une lettre invitant Trump à mettre ses menaces à exécution. « Tout le monde s'est levé lorsqu'il a traversé la salle de rédaction. »

Comme plusieurs journalistes influents, Dowd dit avoir eu maille à partir avec Donald Trump depuis le début de la campagne, allant jusqu'à la ridiculiser sur Twitter. « À chaque fois, cela a fait monter mon livre sur la liste des best-sellers. J'espère qu'il va continuer » , a ironisé l'auteure de The Year of Voting Dangerously : The Derangement of American Politics, paru le mois dernier.

Selon Dowd, Donald Trump est sans contredit le politicien le plus narcissique que les États-Unis ont connu.

«Donald Trump déteste être humilié. On l'a vu très clairement lors du débat de mercredi soir.»


Et c'est d'ailleurs ce trait de caractère qui a permis à Hillary Clinton de remporter les trois débats, dont celui de mercredi soir, dit-elle.

« Donald Trump déteste être humilié. On l'a vu très clairement lors du débat de mercredi soir lorsque Hillary lui a dit qu'il s'était écrasé ("choked") en allant au Mexique sans dire un mot sur son fameux mur. Après cette remarque, il est devenu perturbé et agressif. »

Carl Hulse, quant à lui, se demande comment l'establishment du Parti républicain va réussir à réparer les pots cassés par Donald Trump. 

« Non seulement le parti est divisé, mais cela va prendre des années avant qu'ils ne s'en remettent, prédit-il. Et les démocrates ne vont surtout pas se gêner pour leur rappeler. »

Selon Hulse, le fait que Trump a refusé lors du dernier débat de dire s'il allait reconnaître le résultat du 8 novembre est une erreur « terrible » qu'il n'aurait jamais dû commettre, car sa position risque d'avoir un impact sur le taux de participation des électeurs.

Tant Dowd que Hulse reconnaissent toutefois que Donald Trump incarne le ras-le-bol des électeurs américains face à la classe politique.

« Les gens ont la certitude d'avoir été trompés, affirme Maureen Dowd, au sujet de la guerre en Irak, sur la crise économique. Et pour beaucoup de supporters de Donald Trump, il représente la nostalgie des années 50, celle du rêve américain où tout était possible. »

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