La Ville abîme ses propres arbres

Plusieurs arbres du tout nouveau parc Irma-LeVasseur présentent... (Spectre Média, Maxime Picard)

Agrandir

Plusieurs arbres du tout nouveau parc Irma-LeVasseur présentent des dommages résultant d'une intervention effectuée par des employés de la Ville non qualifiés pour ce genre de travaux.

Spectre Média, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Des arboriculteurs à l'emploi de la Ville de Sherbrooke sont furieux contre « la manière désastreuse » avec laquelle certains arbres matures ont été élagués, notamment dans les parcs, où plusieurs arbres devront être abattus au cours des prochaines années, à cause des méthodes d'intervention inadéquates.

Trois techniciens en arboriculture de la division des parcs et espaces verts de la Ville de Sherbrooke ont rencontré La Tribune jeudi pour dénoncer le fait que les gestionnaires de la Ville ont fait exécuter ces travaux par des employés qui ne possédaient pas les qualifications nécessaires à ce type d'intervention.

Les trois techniciens ont requis l'anonymat par « peur de représailles » de la part de la direction. Ils disent avoir informé leurs supérieurs de la situation à plusieurs reprises, mais sans succès.

Lors d'une visite au tout nouveau parc Irma-LeVasseur jeudi, ils ont montré à La Tribune les dommages infligés à au moins huit pins blancs durant la construction de ce parc inauguré la semaine dernière. L'un de ces arbres, âgé d'environ 30 ans, est situé à quelques mètres d'un module de jeux destinés aux enfants de 2 à 12 ans.

Selon les trois techniciens rencontrés, l'arbre présente des défauts de structure majeurs (dont une fourche incluse) qui nécessiteront son abattage à moyen terme.

Parmi les huit pins blancs, certains montrent des cicatrices causées par des traits de scie inappropriés ou encore la présence de chicots rendant les arbres vulnérables aux infections et aux insectes envahisseurs.

« Ce qui nous choque le plus, dit l'un des techniciens, c'est qu'il y a des citoyens qui vont voir ça et qui vont dire qu'on est des incompétents. Alors qu'on n'y est pour rien... », ajoute-t-il.

Les interventions en question auraient été effectuées par d'autres employés de la division des parcs et espaces verts affectés à la construction et l'entretien des parcs.

« On n'a rien contre eux, précise un autre technicien. C'est juste qu'ils n'ont pas reçu la formation pour faire ce genre de travail. Ils peuvent faire de l'abattage au sol, mais lorsqu'on parle d'intervention en hauteur comme l'élagage ou l'haubanage, c'est nous qui avons la formation et les qualifications. Sauf qu'avec toutes les coupures de personnels qu'on a subies ces dernières années, on n'est plus assez nombreux pour répondre à la demande. Alors nos dirigeants font appel à eux. Avec les résultats que ça donne... »

Les techniciens disent que des interventions dommageables ont aussi été notées au parc Debonair de Fleurimont ainsi que dans des parcs de quartier situés rues de Toulon et Duvernay.

« Au parc Debonair, ils ont exposé à l'air libre les racines d'un pin blanc mature en grattant avec une pelle mécanique pour installer de la tourbe. Le pin est devenu orange. On va devoir l'abattre. »

Investissement

Les trois techniciens en arboriculture croient qu'à défaut d'interventions adéquates, plusieurs arbres sont condamnés à subir le même sort.

Ils se disent en outre inquiets pour l'avenir des arbres que la Ville plante chaque année si leur entretien ne respecte pas les règles de l'art en matière d'arboriculture

« Lorsqu'on plante un arbre dans un parc, l'arbre coute en moyenne entre 300 $ et 500 $. Une fois installé, tuteuré, formé et arrosé, il a couté près de deux fois le prix. Au bout de vingt ans, un arbre, c'est devenu un investissement. Comme tout investissement, on ne peut pas dilapider ça du jour au lendemain. Il faut s'en occuper », estiment les techniciens qui espèrent voir la Ville adopter une approche plus rigoureuse lorsqu'il est question de ses arbres.

La direction de la division des parcs et espaces verts de la Ville de Sherbrooke n'a pas retourné nos appels.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer