Les producteurs agricoles attendent un signal de Québec

Les agriculteurs ont besoin d'un signal clair du... (Spectre Média, René Marquis)

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Les agriculteurs ont besoin d'un signal clair du gouvernement québécois, qui tarde à identifier l'agroalimentaire comme un levier économique important, déplorent François Bourassa, président de l'UPA Estrie, et François Caron, vice-président de l'UPA. L'UPA Estrie tenait son assemblée générale hier à Sherbrooke.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Les agriculteurs de l'Estrie ont besoin d'un signal clair du gouvernement québécois qui, contrairement à nos compétiteurs canadiens et internationaux, dénoncent-ils, tarde à identifier l'agroalimentaire comme un levier économique important.

« La contribution économique des 2700 entreprises agricoles de l'Estrie est déjà substantielle. L'agriculture, l'agroalimentaire et la foresterie représentent le premier secteur économique de notre région », martèle François Bourassa, président de l'UPA Estrie et producteur laitier et acéricole de la région de Valcourt.

« Pour aller plus loin, les producteurs doivent pouvoir compter sur un appui compétitif de leurs gouvernants. Malheureusement, ce signal tarde à venir. Le gouvernement nous entraîne plutôt dans une neuvième consultation depuis 2008. »

La vocation nourricière est au coeur des préoccupations des producteurs de l'Estrie, ajoute M. Bourassa, en marge du congrès qui se tenait mercredi au Centre Julien-Ducharme à Sherbrooke.

Réunis pour faire le point sur les défis agroalimentaires de l'heure, les participants ont réaffirmé leur volonté de produire des aliments frais et variés, de qualité supérieure. Les défis ne manquent pas pour atteindre cet objectif : la gestion des pesticides, la lutte aux ravageurs des cultures, le bien-être animal et le réchauffement climatique sont des enjeux qui font déjà partie du quotidien des producteurs.

« Si nous avons les bons outils, nos entreprises agricoles ont le dynamisme, l'expertise et l'ingéniosité pour être compétitives sur tous les marchés », a ajouté le 2e vice-président de l'Union des producteurs agricoles du Québec, Martin Caron, dans son discours devant environ 200 personnes.

Alors que l'Ontario mise fortement sur son secteur agroalimentaire, plusieurs décisions du gouvernement québécois nuisent à la pérennité agricole de l'Estrie et du Québec. À titre d'exemple, la facture assumée par les producteurs à la suite des changements proposés au Programme de crédit de taxes foncières agricoles (PCTFA) augmentera en moyenne de 30 à 40 pour cent, et ce, dès 2017.

En Estrie, plus d'une soixantaine de simulations ont été effectuées pour des entreprises agricoles volontaires. Certaines d'entre elles verront leur facture augmenter de plus de 100 pour cent. Cela représentera plus de 2500 $ par an. L'enjeu fondamental de ce dossier est la valeur taxable du foncier agricole. Tant que cette question ne sera pas abordée dans le cadre d'une véritable réforme, comme le réclame aussi la Fédération québécoise des municipalités du Québec, on passera à côté des véritables solutions, déplore l'UPA.

Dans les circonstances, l'organisme souhaite le maintien du PCTFA dans sa forme actuelle ainsi qu'une table de travail réunissant les organisations et les ministères concernés pour une réelle réforme de ce programme, dont les coûts ont explosé.

Retirer l'accès au programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) dans les productions de soya, de maïs et de pommes de terre est une autre mauvaise décision. L'ASRA est un programme de partage des risques qui protège les entreprises contre la volatilité des prix des marchés.

La FADQ attend depuis plusieurs mois les directives du ministre pour mettre en oeuvre les recommandations du Groupe de travail pour assurer le développement du secteur agricole et l'établissement des jeunes en agriculture. Lors de la dernière campagne électorale, l'agriculture était pourtant identifiée comme une priorité.

Des données inquiétantes

Lorsque l'on compare le secteur agroalimentaire québécois à celui du reste du Canada, et plus particulièrement à celui de l'Ontario, l'UPA a des raisons de s'inquiéter. Selon Statistique Canada, les dépenses en immobilisations dans le secteur agricole québécois sont passées, entre 2006 et 2015, de 496 M$ à 609 M$ (+23 %). Pendant cette même période, elles sont passées de 1,6 G$ à 4,2 G$ au Canada (incluant le Québec) (+160 %). L'Ontario a quant à elle vu ses investissements doubler, soit de 722 M$ à 1,4 G$ (+ 94 %).

De plus, les dépenses en recherche et développement des entreprises du secteur agroalimentaire québécois ont diminué de 30 pour cent entre 2008 et 2015, soit de 199 M$ à 139 M$ pour la transformation alimentaire et de 105 M$ à 73 M$ pour la production agricole, ajoute-t-on.

L'agriculture québécoise est aussi aux prises avec un défi unique en matière de main-d'oeuvre dont les conséquences sont bien réelles. Selon une étude récente du Conference Board du Canada, un emploi sur 12 était vacant dans le secteur en 2014, comparativement à un sur 36 dans tous les autres secteurs.

« L'agroalimentaire québécois a déjà défini ses priorités, comme mettre en place un programme pour relancer les investissements sur les fermes, combler le retard en recherche et développement et s'attaquer à la pénurie de main-d'oeuvre », déclare M. Caron, un producteur de lait et de grain à Louiseville.

« Ce pelletage vers l'avant, jumelé aux mauvaises décisions des deux dernières années, n'aide pas les agriculteurs de chez nous à nourrir leurs concitoyens, bien au contraire. »

Durant cette assemblée générale, Lynne Martel-Bégin, productrice laitière et forestière de Bury, a été élue par acclamation vice-présidente de l'UPA-Estrie en remplacement de Réal Marcoux, producteur de bovins de Weedon qui laisse sa place après 23 ans comme membre du conseil exécutif.

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