Faut qu'on se parle: une salle comble à Sherbrooke

La troisième soirée de consultation publique du collectif... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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La troisième soirée de consultation publique du collectif Faut qu'on se parle a fait salle comble, mardi soir au Théâtre Granada. « C'est un signal très fort qu'on envoie à tous les cyniques, à tous les gens qui pensent que ça ne sert à rien de se parler politique dans un cadre citoyen et non partisan. Ils ont tort », a signalé Gabriel Nadeau-Dubois.

Spectre Média, Julien Chamberland

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(Sherbrooke) L'auteur et militant Gabriel Nadeau-Dubois, l'urgentologue et enseignant Alain Vadeboncoeur, la comédienne Véronique Côté et l'agronome Claire Bolduc étaient les membres du collectif Faut qu'on se parle qui étaient de la consultation publique mardi soir à Sherbrooke. Environ 400 personnes se sont présentées pour parler avec eux. Quarante tables de dix participants, comme quarante assemblées de cuisine organisées côte à côte au Théâtre Granada.

L'idée n'était pas d'avoir un consensus autour de la table, mais bien de noter toutes les pistes de solutions énoncées. Trois principaux sujets ont été abordés, soit la démocratie, l'éducation et le climat, des thèmes choisis démocratiquement par un vote des participants lors de leur inscription à l'événement.

Les citoyens réunis pour l'occasion ont été inspirés puisque 803 idées ont été proposées. Un nombre record pour le collectif qui en était à son troisième arrêt, après Québec et Saguenay. En tout, des consultations sont prévues dans dix villes du Québec. Les résultats de ces consultations, auxquelles s'ajoutent 240 assemblées de cuisine, devraient être publiés l'hiver prochain.

« Il nous manque un projet de société »

« On pense que le Québec a besoin d'une grande discussion sur son avenir. Sur le plan politique, les choses semblent bloquées. Certains disent que c'est un problème de division du vote. Le collectif croit que les raisons sont plus fondamentales. On croit qu'il nous manque un projet de société qui mobiliserait une masse critique. De là l'idée de parler entre nous des enjeux qui nous concernent », a résumé Gabriel Nadeau-Dubois.

Plusieurs pistes de réflexion étaient lancées et chaque tablée devait émettre ses idées à l'aide d'une tablette électronique.

Comment reprendre le pouvoir dans notre démocratie? Doit-on changer le mode de scrutin? Comment gouverner dans un système où il existe 28 lobbyistes par élu à l'Assemblée nationale? Comment permettre à tout le monde de réaliser leur plein potentiel dans notre système d'éducation? Doit-on continuer de subventionner les écoles privées? Les cégeps et les universités doivent-ils former de la main-d'oeuvre ou développer l'esprit critique? Comment enclencher la transition qui nous rendrait moins dépendant du pétrole?

Autour d'une table, un facteur, une acuponctrice, un étudiant en ingénierie, une mère de cinq enfants (dont deux autistes), une employée d'un organisme communautaire, un technicien en électronique engagé politiquement, un employé d'une entreprise informatique et un foreur-dynamiteur qui travaille dans l'alimentation ont discuté de leurs idées pour améliorer les politiques québécoises.

Les idées proposées ont été compilées. En voici quelques exemples. Rendre le gouvernement imputable en ce qui a trait à ses promesses électorales. Instaurer des mesures fiscales pour inciter les citoyens à exercer leur « devoir » d'aller voter. Des cours de citoyenneté à l'école pour comprendre l'importance de l'esprit critique et de la démocratie. Instaurer le vote électronique. Mieux financer les petits partis politiques afin d'entendre davantage de nouvelles idées. Des ministres choisis par l'ensemble de l'Assemblée nationale plutôt que par le parti au pouvoir.

« C'est la troisième fois en autant de consultation qu'on affiche complet. C'est un signal très fort qu'on envoie à tous les cyniques, à tous les gens qui pensent que ça ne sert à rien de se parler politique dans un cadre citoyen et non partisan. Ils ont tort. Il y a plein de gens au Québec qui ont envie de réapproprier la chose publique », a souligné Gabriel Nadeau-Dubois.

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