Une publicité sur le rajeunissement génital dénoncée

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Installé en bordure de la rue King, un panneau publicitaire qui propose un rajeunissement génital soulève de nombreuses réactions.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) La lettre ouverte de la psychologue sherbrookoise Nathalie Plaat a suscité de nombreuses réactions à la suite de sa publication mardi dans La Presse+ (voir la lettre publiée dans notre section Opinions).

Plusieurs ont remercié l'auteure d'avoir mis en mots le malaise ressenti à la vue de la publicité de la Dre Élise Bernier qui propose un rajeunissement génital pour « plus de confort, plus de confiance et moins de complexe ». Une publicité que les Sherbrookois peuvent apercevoir aux abords de deux artères achalandés.

« Des voix doivent s'élever pour dénoncer ces violences ordinaires. »

« Honnêtement, quand j'ai vu ce panneau publicitaire, je suis demeurée confuse un instant, ne pouvant intégrer le concept. A suivi une sourde colère. »

La psychologue a aussi pu lire des commentaires moins positifs sur les réseaux sociaux. « Certains ont écrit : les ost... de féministes, on est écoeuré de les entendre. J'ai aussi lu qu'il s'agissait d'une tempête dans un verre d'eau ou que ce n'est pas parce que la publicité existe qu'on est obligé de s'y soumettre », note Mme Plaat en précisant qu'elle n'a rien contre le fait qu'une telle intervention existe, mais qu'elle désapprouve sa promotion au grand public.

« Je crois que cette publicité est symptomatique d'une société obnubilée par l'esthétisme et je comprends mal que personne n'ait levé la main pour dire que c'était peut-être inapproprié avant qu'elle se retrouve sur de grands panneaux dans nos rues à la vue des enfants par exemple. C'est troublant », souligne Mme Plaat.

Lors de consultations professionnelles, la psychologue n'a jamais rencontré de patiente qui avait l'intention de recourir à un rajeunissement génial, mais elle traite plusieurs filles ou femmes qui ont des problèmes d'estime de soi à cause de leur apparence physique.

« Par contre, j'entends parler de plus en plus de standards associés à la pornographie. L'épilation complète en est un exemple. Et dans les films pornos, on voit souvent des vulves qui s'apparentent à celle de préadolescentes. Alors quand on parle de resserrement génital ou de réduction des lèvres, on est dans cette mouvance », note la psychologue.

« À une époque, les médecins faisaient parfois un point de suture de plus que nécessaire après qu'une femme eut accouché et déchiré. On appelait ce point : le point du mari. On a dénoncé cette pratique. Aujourd'hui, l'intervention proposée par cette publicité est comme la version 2016 du point du mari », estime Mme Plaat.

La Dre Élise Bernier est « à l'extérieur du bureau pour des raisons professionnelles jusqu'au 27 octobre et elle est non rejoignable » a assuré la réceptionniste de la clinique de chirurgie et de médecine esthétiques lorsque La Tribune a tenté d'obtenir les réactions de cette dernière.

Rappelons que la Dre Élise Bernier a plaidé coupable devant le comité de discipline de sa profession à trois chefs d'accusation déposés par le Collège des médecins du Québec à la suite d'une augmentation mammaire irréaliste pratiquée à une patiente en mars 2005.

Réaction du Collège des médecins

« Le syndic a été saisi de la situation et ce sera à lui de déterminer si ces publicités vont à l'encontre du code de déontologie des médecins. Comme les enquêtes du syndic sont confidentielles, je ne pourrai malheureusement pas vous transmettre son analyse ou commenter ce cas précis », a expliqué Caroline Langis, relationniste de presse au Collège des médecins du Québec.

Par ailleurs, le Code de déontologie des médecins précise que « le médecin ne peut, de quelque façon que ce soit, faire de la publicité destinée à des personnes vulnérables notamment du fait de leur âge, de leur condition ou de la survenance d'un événement spécifique ».

Aussi, « le médecin ne peut faire une publicité ou une représentation fausse, trompeuse ou incomplète au public, notamment quant à son niveau de compétence, quant à l'étendue ou à l'efficacité de ses services ou en faveur d'un médicament, d'un produit ou d'une méthode d'investigation ou d'un traitement ».

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