Raif Badawi pourrait de nouveau être flagellé

La femme de Raif Badawi, Ensaf Haidar, lutte... (Archives, La Tribune)

Agrandir

La femme de Raif Badawi, Ensaf Haidar, lutte pour faire libérer son mari, emprisonné en Arabie Saoudite depuis 2012 et condamné à 1000 coups de fouet.

Archives, La Tribune

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Le blogueur saoudien Raif Badawi pourrait de nouveau être flagellé, a fait savoir lundi la Fondation Raif Badawi pour la liberté.

Selon l'organisme, « les coups de fouet reprendraient à l'intérieur de la prison » en Arabie saoudite.

« De source sûre, nous avons appris aujourd'hui (lundi) une triste nouvelle, à savoir que le gouvernement saoudien allait reprendre les séances de flagellation à l'encontre de Raif Badawi », peut-on lire dans un communiqué émis sur le site de la fondation.

La directrice générale de la fondation, Evelyne Abitbol, dit craindre que la flagellation reprenne à tout moment. Le blogueur serait très inquiet. « Raif a très mal aux reins, il a des pierres aux reins. Il a déjà des douleurs terribles, sa santé n'est pas forte », souligne Mme Abitbol à propos des dernières informations obtenues.

Cette nouvelle épée de Damoclès survient alors que la conjointe du blogueur, Ensaf Haidar, vient de s'envoler pour Francfort, en Allemagne, où elle doit remettre un prix portant le nom de son mari, en plus de participer à un salon du livre là-bas.

Selon la fondation, les coups de fouet seraient administrés à l'intérieur de la prison et non pas dans un endroit public. « C'est la même source qui nous avait prévenus que les coups de fouet auraient lieu le vendredi 9 janvier 2015 publiquement et devant la mosquée, à Djeddah. »

Raif Badawi est emprisonné depuis 2012 pour des propos qu'il a tenus sur son blogue, qui prônaient une plus grande ouverture au sein du régime saoudien.

Il a écopé d'une peine de 1000 coups de fouet, qui devaient être administrés par intervalle. Une première séance de flagellation a eu lieu en janvier 2015, mais elle n'a jamais repris par la suite.

Il a aussi été condamné à 10 ans de prison et à payer une amende de près de 300 000 $. Sa peine prévoit aussi une interdiction de quitter le pays.

Un peu partout sur la planète, des organisations et des militants se mobilisent pour obtenir sa liberté. Sa femme Ensaf Haidar et ses trois enfants habitent à Sherbrooke.

Il y a quelques jours, celle qui se bat pour la libération de son mari a interpellé directement le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en lui demandant de parler avec l'Arabie saoudite directement.

Le gouvernement fédéral a souvent fait valoir que Raif Badawi n'est pas citoyen canadien. Le gouvernement Trudeau est aussi critiqué pour avoir donné le feu vert à la vente de blindés à l'Arabie saoudite.

La fondation demande au gouvernement saoudien de cesser « ce traitement indigne » et réclame que la citoyenneté saoudienne de Raif Badawi soit révoquée afin qu'il puisse venir s'installer au Canada.

Mireille Elchacar, agente de développement régional en Estrie chez Amnistie internationale, ne pouvait pas en dire plus lundi soir. « On n'a pas d'information avec le décalage horaire », a-t-elle indiqué en soulignant que l'organisation tentait de vérifier l'information.

Ces nouvelles informations suscitent plusieurs questions qui demeurent sans réponse, notamment pourquoi les autorités saoudiennes voudraient reprendre l'administration de la peine à ce moment-ci.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer