Quatre années d'intimidation culminent par un séjour à l'hôpital

Isabelle Quirion et son fils William... (Courtoisie)

Agrandir

Isabelle Quirion et son fils William

Courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Le petit William jouait tout bonnement avec ses amis dans la cour de l'école Saint-Étienne de Drummondville, le 7 octobre dernier, lorsque, survenu de nulle part, un compagnon de classe lui a sauté sur le dos et s'est mis à le rouer de coups de pieds et de coups de poing.

Les signes avant-coureurs de cet acte d'une violence inouïe pour des enfants de neuf ans étaient pourtant nombreux et la situation aurait pu être évitée, selon la mère du garçon, Isabelle Quirion. Il faut dire que cela fait déjà quatre longues années que son fils est victime d'intimidation à l'école. Malgré les plaintes répétées, aucun geste concret n'aurait été fait pour régler la situation, dénonce Mme Quirion.

William était en première année lorsque les gestes d'intimidation ont commencé. Cela a pris quelques mois avant que la mère du gamin s'aperçoive qu'il n'était pas dans son assiette. Autrefois enjoué à l'idée de se rendre à l'école, d'y rencontrer ses amis et d'apprendre, le petit William avait un comportement changeant. Il éprouvait des maux de ventre et des tremblements juste à l'idée de se présenter en classe.

« Ça s'est mis à aller moins bien, je perdais mon fils. Je remettais en doute mon rôle de parent. À un certain moment, je lui ai demandé ce qui n'allait pas et il a poussé un cri, il s'est réfugié dans ma chambre, il s'est couché sur mon lit en position foetus. C'est là qu'il a déballé son sac. Il recevait des menaces de mort de la part de deux de ses collègues de classe », raconte la mère, indignée.

Mme Quirion a porté plainte une première fois, mais la direction de l'époque n'a pas eu l'air de prendre la chose au sérieux, relate-t-elle. On a dit à la maman que son fils devait apprendre à gérer ses conflits et que les choses ne changeraient pas avant la fin de l'année scolaire. L'un des deux agresseurs devait changer d'école pendant l'été, alors que le deuxième serait changé de classe.

Escalade de violence

Malgré la promesse de la directrice d'alors de surveiller la situation, le petit William s'est fait rouer de coups une première fois lors de la toute dernière journée d'école. Les éducatrices du service de garde ont dû se mettre à trois pour arrêter l'agresseur, raconte Mme Quirion.

Les actes de violence se sont répétés au cours des années suivantes et Isabelle Quirion a porté plainte une première fois aux policiers, mais ces derniers n'auraient rien pu faire vu l'âge du garçon en cause.

Cette plainte aux policiers aurait toutefois eu pour effet de calmer la situation pendant un certain temps. Or, pour une raison difficilement explicable, les deux garçons se sont retrouvés dans la même classe cette année. Malgré la promesse de la direction de l'école Saint-Étienne de garder un oeil sur la situation, le petit William a été victime d'un assaut cinglant. Il a été frappé violemment à la tête, ce qui a nécessité qu'il soit transporté à l'hôpital. On craint qu'il ait été victime d'une commotion cérébrale.

« J'ai fait confiance à la direction, je me suis dit qu'elle savait ce qu'elle faisait. J'ai eu tort. Si d'autres parents se retrouvent dans la même situation, je leur dis de foncer et de ne pas se fier à leur école », statue Mme Quirion.

Un cas « préoccupant »

Ce n'est qu'à la suite du plus récent événement que la Commission scolaire des Chênes (CSDC) a été informée de l'existence du problème. L'intimidateur a été suspendu pour les deux prochaines semaines et un protocole de lutte à l'intimidation a été mis en place.

Les familles des deux enfants participeront à une rencontre, mardi. L'objectif est de trouver un terrain d'entente favorable au développement des deux enfants.

« C'est un cas préoccupant, admet le directeur des communications de la CSDC, Bernard Gauthier. On s'est assuré de stabiliser la situation et les deux enfants ne seront plus en contact jusqu'à nouvel ordre. Les familles des enfants ont accepté de collaborer et on espère régler la situation de façon durable. »

M. Gauthier refuse de blâmer la direction d'école pour son laxisme des quatre dernières années. Selon lui, certaines interventions ont été faites au fil des ans et il n'est pas toujours facile de tracer une ligne entre l'intimidation et un conflit entre deux jeunes enfants.

« La situation était sous observation, mais il nous apparaît maintenant clair, à la lumière des derniers événements, que les mesures mises en place n'ont pas suffi et qu'il faudra une intervention plus costaude, plus précise », affirme-t-il.

Isabelle Quirion demande quant à elle le renvoi pur et simple du jeune agresseur.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer