Un phénomène encore rare au Québec

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La youtubeuse Emma Verde a récemment lancé son livre Suivez-moi, aux Éditions de l'Homme. Elle sera d'ailleurs présente au Salon du livre de l'Estrie, samedi à compter de 12 h 30.

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(Sherbrooke) Si des youtubeurs gagnent leur vie par cet art depuis près d'une décennie en Angleterre, aux États-Unis ou en France, le phénomène sort à peine de la marginalité au Québec alors qu'à peine une poignée de youtubeurs en font leur profession.

« La tendance a atteint le Québec à ce chapitre depuis environ deux ans. Il y a en de plus en plus qui gagnent leur vie en produisant des contenus sur YouTube. Maintenant, certains enfants du primaire et secondaire rêvent de devenir youtubeurs », confirme la directrice du Studio Slingshot, Gabrielle Madé, qui représente une vingtaine de youtubeurs québécois dont plus de la moitié y gagnent leur vie à temps plein.

Le professeur au département de Lettres et Communication à l'Université de Sherbrooke, Sylvain Rocheleau, analyse que le nombre de personnes qui suivent les youtubeurs québécois demeure encore bien loin de celui de la France avec des youtubeurs comme Cyprien, Remi Gaillard ou Norman.

Au Québec, les Emma Verde, Cynthia Dulude ou Catherine Francoeur dans le créneau « life style-beauté » dépassent les 500 000 abonnés à leur chaîne YouTube, alors que Aiekillu atteint presque le million d'abonnés en gaming. Les youtubeurs en vogue en France attirent respectivement 5,8 millions pour Gaillard, 7,9 millions pour Norman et 9,6 millions d'abonnés pour Cyprien.

Sylvain Rocheleau analyse que le contenu québécois sur YouTube diffère un peu du reste de la planète en ce qui a trait aux figures les plus populaires.

« On en vient encore avec la grandeur du marché. C'est plus difficile d'être viral au Québec. La professionnalisation demeure plus difficile et plus marginale », estime M. Rocheleau.

« Les personnalités populaires comme Emma Verde et Cynthia Dulude sont surtout dans la beauté et le life style. En France, ce sont les youtubeurs en humour et en gaming qui sont les plus populaires », mentionne le professeur de l'UdeS.

Gabrielle Madé explique que les youtubeurs disposent de trois moyens de rémunération. La première, ouverte à tout producteur de contenu sur YouTube, est d'autoriser les publicités avant les vidéos qui rapporte approximativement 1000 $ par million de vues.

« Ça demeure un tarif approximatif de base. Par la suite, les youtubeurs qui ont développé une communauté par leur contenu peuvent voir des marques s'associer à eux. La troisième étape pour un youtubeur est de développer des produits dérivés, Emma Verde avec son livre tout récent peut en être un exemple », explique Gabrielle Madé du Studio Slingshot.

Elle rappelle que les youtubeurs demeurent d'abord et avant tout des producteurs de contenu et que des agences de représentations, à la manière des agents d'artistes, peuvent s'occuper du côté administratif.

« Les youtubeurs présentent leur talent créatif. Ils font tout du début à la fin, du tournage, au son en passant par l'éclairage et le montage. La qualité est vraiment intéressante. Habituellement, ils ont tout appris par eux même, notamment par des tutoriels sur YouTube », mentionne la directrice du Studio Slingshot.

Loin d'une mode passagère

Gabrielle Madé explique que la génération des milléniaux, soit les moins de 30 ans, sont invariablement tournés vers YouTube.

« YouTube permet d'avoir accès à toutes les statistiques et savoir qui suit tel youtubeur ou telle marque. L'objectif pour les youtubeurs n'est pas de se servir de cette plate-forme pour faire un pont vers la télé. Si une belle occasion se présente pour eux, nous allons les aider à aller vers la télé, mais ce n'est pas l'objectif. YouTube demeure une fin en soi », estime Garbielle Madé.

Le professeur de l'UdeS estime que YouTube est loin d'être une mode passagère.

« Mise à part la tranche d'âge des 12-14 ans qui regardent encore la télévision traditionnelle, cette génération est tournée vers YouTube pour les formats courts et moyens et vers Netflix pour les plus longs formats et les séries », indique le professeur de communication.

Ce dernier convient que la comparaison avec la télévision demeure difficile à faire.

« La télévision reste encore intéressante pour le direct, particulièrement pour les chaînes d'informations. Cependant, pour tous les contenus sur demande, YouTube passe devant pour cette génération », explique Sylvain Rocheleau.

« Ce qui est vu sur YouTube peut être commenté sur d'autres plates-formes comme Instagram ou Snapchat. Les échanges avec les abonnés sont continuels », ajoute Gabrielle Madé.

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