L'altercation était imprévisible, assure la direction d'Argyll

La direction du centre d'hébergement Argyll affirme que l'altercation qui a... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

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(Sherbrooke) La direction du centre d'hébergement Argyll affirme que l'altercation qui a mené à la mort d'un résident lundi, « un événement hors du commun », n'était pas prévisible et que les employés en fonction lors des événements étaient en nombre suffisant et avaient la formation requise pour traiter une clientèle souffrant de déficits cognitifs sévères.

« On ne dit pas que c'est un système où il ne peut pas y avoir certaines défaillances, on est d'ailleurs devant un cas extrême ici, mais à notre avis, l'environnement est quand même exemplaire dans cette unité. C'est la première fois qu'un événement semblable se produit dans l'établissement», a mentionné la Dre Suzanne Gosselin, directrice adjointe des services professionnels de l'établissement, alors qu'elle s'adressait aux médias mercredi matin.

Du même souffle, la direction indique que l'enquête du Service de police de Sherbrooke, celle du coroner et celle menée à l'interne détermineront de façon définitive si le drame aurait pu être évité.

« Les familles des deux résidents touchées par l'événement survenu à l'Hôpital et centre d'hébergement Argyll, ayant conduit à la mort d'un d'entre eux, méritent des explications. La compassion que nous ressentons pour ces familles est sincère. Elles ont le droit de savoir ce qui est arrivé et nous avons l'obligation de trouver les réponses en menant notre propre enquête et en collaborant avec celle du coroner et du Service de police de Sherbrooke», a souligné la directrice du programme soutien à l'autonomie des personnes âgées du CIUSSS de l'Estrie - CHUS, Sylvie Moreault.

À ses côtés, la Dre Gosselin a rappelé le profil des personnes hébergées dans l'unité où l'événement est survenu. « Cette unité spécialisée accueille 36 résidents qui ont des déficits cognitifs sévères, notamment un jugement altéré et des changements de personnalité et de comportement qui les rendent différents de ce qu'elles étaient auparavant. Ces personnes ne sont plus elles-mêmes, ce qui est très difficile à vivre et à comprendre pour les familles. C'est pourquoi elles sont hébergées dans des unités qui répondent à leurs grands besoins de soutien, d'accompagnement et de services spécialisés. »

Questionnée sur la façon dont les usagers sont orientés vers ce type d'unité, la Dre Gosselin a précisé qu'une équipe interdisciplinaire fait une évaluation psychosociale et médicale de la personne. Une fois dans l'unité, la personne est réévaluée régulièrement.

Long délai entre le décès et le signalement à la police

Le délai qui s'est écoulé entre la mort du résident, constatée vers 22 h 30 lundi, et l'appel des policiers vers 9 h 30 mardi, nécessite une analyse. L'enquête policière en cours et l'enquête de la direction aideront à mieux comprendre ce qui explique ce délai.

« Le premier réflexe des employés a été de poser les actions cliniques nécessaires. Lors de tout événement en centre d'hébergement, il est de notre devoir de prendre soin dans un premier temps des résidents et des proches inquiets. Par contre, les employés ont potentiellement moins eu le réflexe de s'occuper du volet judiciarisé. C'est clair que d'un point de vue sommaire, c'est ça qui a pu se passer », a expliqué Mme Moreault pour expliquer pourquoi le processus d'urgence de l'établissement, qui prévoit le signalement d'actes potentiellement criminels, n'a pas été mis en branle.

La famille de la victime a été contactée dans l'heure suivant le décès et Mme Moreault a rappelé que toutes les familles ayant des proches hébergés dans cette unité avaient été contactées mardi. Les efforts se poursuivent mercredi auprès des familles ayant des proches hébergés dans les autres unités de soins qui pourraient aussi avoir besoin de soutien.

Des rencontres avec les employés concernés ont aussi eu lieu mardi sachant que ce genre de situation les ébranle. La direction n'hésitera pas à faire appel au besoin à des intervenants d'Urgence détresse habilités à intervenir dans ce genre de situation, à des travailleurs sociaux et à des psychologues.

Le résident qui a été impliqué dans l'altercation avec le défunt est maintenu dans un « environnement sécurisé » dans l'établissement, souligne la direction.

L'Hôpital et du centre d'hébergement d'Argyll compte 244 résidents répartis dans cinq unités de soins dont une de 45 lits (au premier et au deuxième étage) pour les personnes présentant des troubles de comportement. L'événement s'est produit au deuxième étage qui compte 36 lits répartis dans des ailes de 12 lits.

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