La sonde Rosetta s'écrase sous les yeux d'un Sherbrookois

Le président de l'entreprise sherbrookoise NGC Aérospatiale, Jean... (fournie)

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Le président de l'entreprise sherbrookoise NGC Aérospatiale, Jean de Lafontaine (à gauche), a assisté à l'aboutissement de la mission spatiale historique Rosetta vendredi en Allemagne, aux côtés du directeur de vol de la mission, Andrea Accomazzo (à droite).

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(Sherbrooke) Après avoir parcouru 7,9 milliards de kilomètres, la sonde Rosetta  s'est écrasée vendredi, comme prévu, sur la comète Tchouri, mettant un terme à une mission spatiale de plus de 12 ans. Le président de l'entreprise sherbrookoise NGC Aérospatiale, Jean de Lafontaine, a eu la chance d'assister à ce moment historique en direct du Centre européen d'opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt, en Allemagne.

En novembre 2014, M. de Lafontaine avait déjà fait le voyage sur le continent européen pour être aux premières loges du largage sur la comète Tchourioumov-Guérassimenko (alias Tchouri) de Philae, un petit robot atterrisseur transporté par Rosetta.

Si l'expérience a été tout aussi riche en émotions cette fois, le Sherbrookois raconte que la réaction de l'équipe de la mission, elle, fut plutôt différente.

« Quand j'étais venu il y a deux ans, c'est sûr qu'on était tous heureux, mais cette fois-ci, c'était vraiment spécial. Tout au long de la descente vers la comète, qui a duré plus de 14 heures, on regardait le signal sur l'écran qui indiquait si Rosetta était en vie ou non. La sonde était programmée pour s'éteindre dès qu'elle toucherait le sol de Tchouri », explique celui qui a fait partie de l'équipe d'ingénieurs ayant travaillé sur la faisabilité de cette mission à la fin des années 1980.

« Lorsque le signal est tombé à zéro, il y a eu un gros silence dans la salle, alors que quand Philae avait touché le sol, tout le monde avait applaudi et s'était réjoui, poursuit-il. Là, pour plusieurs minutes, c'était presque comme la mort de quelqu'un : le signal sur l'écran était comme un électrocardiogramme qui indiquait que la vie avait cessé. Personne n'osait parler. »

« Mais bien sûr, après quelques minutes, les gens se sont mis à applaudir et à se féliciter du grand succès de la mission. Il y avait des gens qui avaient les larmes aux yeux. C'était tout un événement! »

Mort délibérée

Au cours de sa carrière, Jean de Lafontaine a assisté à plusieurs « fins de vie » de satellites, mais jamais n'avait-il été témoin d'une « mort délibérée ».

C'est que généralement, les missions spatiales s'achèvent d'elles-mêmes lorsqu'une composante mécanique ou électrique de la sonde flanche ou que cette dernière manque de carburant.

Mais dans le cas de Rosetta, les scientifiques ont pris la décision de mettre fin à la mission alors que la sonde était encore sous leur contrôle.

« Comme Rosetta suivait la trajectoire de la comète, qui était en train de retourner à sa distance la plus éloignée du Soleil (soit environ à la distance de Jupiter), on allait bientôt perdre les communications avec elle puisqu'elle n'aurait plus assez d'énergie solaire pour opérer. Donc, au lieu de laisser la sonde sans contrôle avec possibilité de créer un débris orbital, l'Agence spatiale européenne a choisi de la déposer sur la comète, même si elle n'était pas conçue pour atterrir à la base », indique M. de Lafontaine.

« En plus, la descente de Rosetta permettait aux scientifiques de prendre plein de photos rapprochées de la comète Tchouri et de recueillir des données sur les gaz près de sa surface », ajoute-t-il.

Franc succès

Visant à mieux comprendre l'évolution du système solaire depuis sa naissance, la mission Rosetta est couronnée de succès. En plus d'être la première sonde à avoir escorté une comète dans sa course pendant plus de deux ans, Rosetta a permis aux scientifiques d'amasser une foule de données, qu'ils prendront « des années, voire des décennies à analyser », selon Jean de Lafontaine.

« Les scientifiques disent même qu'ils n'ont eu le temps, jusqu'à maintenant, que d'analyser cinq pour cent des informations recueillies », souligne-t-il.

Quant à lui, le robot-laboratoire Philae est le premier à s'être posé sur une comète, et a notamment permis de découvrir des molécules organiques sur Tchouri.

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