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Hydro-Québec lorgne un autre projet avec le Vermont

Le projet de ligne d'interconnexion Québec-New Hampshire d'Hydro-Québec... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Le projet de ligne d'interconnexion Québec-New Hampshire d'Hydro-Québec a commencé à être scruté à la loupe jeudi par la Commission d'enquête du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. Celle-ci est présidée par Marie-Hélène Gauthier, assistée de la commissaire Ursula Fleury-Larouche.

Spectre Média, Julien Chamberland

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(Sherbrooke) Outre le projet Northern Pass destiné au New Hampshire, Hydro-Québec caresse un autre projet d'interconnexion avec la Nouvelle-Angleterre, a-t-on appris mercredi soir lors de la première partie de la Commission d'enquête du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le projet Northern Pass qui se tient à l'hôtel Times de Sherbrooke.

À la question de la commissaire Ursula Fleury-Larouche à savoir si d'autres projets d'interconnexion étaient dans les cartons de la société d'État, l'un des porte-parole d'Hydro a déclaré qu'outre celui de Northern Pass et celui d'Hertel-New York (à l'étape préliminaire), un projet d'interconnexion avec le Vermont fait partie des projets envisagés par Hydro-Québec.

« Mais on ne parle pas ici d'un projet à court terme, de deux ou trois ans. On parle de cinq six ou sept ans », s'est empressé de préciser Lynda Veilleux, dont la réponse a provoqué des murmures de stupéfaction parmi la quarantaine de citoyens présents dans la salle d'audiences.

La commissaire Fleury-Larouche ainsi que la présidente de la Commission, Marie-Hélène Gauthier, tentaient de savoir qu'elles étaient les mesures prises par Hydro-Québec pour atténuer les impacts humains et environnementaux des projets d'exportation de la société d'État vers le marché américain.

Étant donné que le projet Hertel-New York prévoit l'enfouissement de la ligne de transmission sur 90 % de son tracé (y compris au Québec), les commissaires ont aussi cherché à savoir si l'enfouissement était une option qu'Hydro-Québec avait envisagée sur le territoire québécois concernant le projet Northern Pass, et plus précisément dans le secteur du mont Hereford.

La porte-parole d'Hydro a répondu que cette avenue avait été écartée compte tenu des critères d'évaluation édictés par la Régie de l'énergie ainsi que pour des raisons d'ordre économique.

« L'enfouissement ferait augmenter les coûts du projet de 400 % », a-t-elle précisé.

Dans le cas du futur projet Hertel-New York, ce sont des raisons techniques visant à faciliter le raccordement au réseau américain sous-terrain qui expliquent le choix d'Hydro, a-t-on souligné.

Forêt Hereford

La ligne d'interconnexion Québec-New Hampshire (communément appelée Northern Pass du côté américain) est un projet de 125 millions $. Il consiste en la construction d'une ligne de 320 kV qui partira du poste des Cantons, à Val-Joli, pour se rendre à la frontière du New Hampshire, 79,2 km plus loin, en traversant les secteurs d'Ascot Corner, Johnville, Saint-Herménégilde et East Hereford.

D'ailleurs, le sort réservé à la forêt Hereford a continué de susciter des questions de la part des commissaires et des membres du public.

La porte-parole de l'organisme Forêt Hereford, Sylvie Harvey, a rappelé que l'existence de l'immense étendue boisée était le résultat d'un des legs naturels les plus importants jamais consentis au Québec et que de nombreuses servitudes lient ce legs à l'organisme fiduciaire.

Afin de respecter le plus possible ces servitudes, Hydro-Québec dit avoir mis sur pied une Table d'échange et d'information avec Forêt Hereford et les citoyens du secteur dans le but d'atténuer l'impact de la ligne sur cette aire protégée.

Hydro a aussi rappelé que la plus grande partie de la ligne serait jumelée à la ligne existante de 450 kV et supposerait donc un élargissement de l'emprise actuelle, tandis que les derniers 15,4 km qui mènent à la frontière américaine nécessiteraient le déboisement d'un nouveau corridor.

La Commission poursuit ses travaux jeudi après-midi. La deuxième partie, comprenant le dépôt de mémoires, est prévue à la fin octobre.

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