Optilab: le CIUSSS économisera de 4 à 5 M$ par an

Les grandes lignes du projet Optilab ont été... (Spectre Média, André Vuillemin)

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Les grandes lignes du projet Optilab ont été dévoilées mercredi par la présidente et directrice générale du CIUSSS de l'Estrie - CHUS, Patricia Gauthier (au centre), flanquée de la docteure Raymonde Vaillancourt, chef de service de la Direction régionale de médecine générale, Rémi Brassard, directeur de la Direction  des services multidisciplinaires, et le docteur Jean Dubé, chef du département de biologie médicale.

Spectre Média, André Vuillemin

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(Sherbrooke) L'implantation du projet Optilab devrait se traduire par des économies de l'ordre de 4 à 5 millions $ par année, que le CIUSSS de l'Estrie - CHUS prévoit réinvestir dans les soins et services aux patients. La direction de l'établissement a de plus confirmé que l'implantation de ce projet entraînera une réduction de 94 000 heures de travail, soit l'équivalent d'environ 50 postes temps complet parmi les 380 postes en place actuellement. Ceux-ci seront abolis d'ici trois à cinq ans à la faveur de départs à la retraite ou volontaires.

Le projet Optilab consiste en la création d'un laboratoire de biologie médical centralisé (appelé laboratoire serveur) situé au CHUS-Fleurimont, auquel seront rattachés huit laboratoires associés répartis sur tout le territoire du CIUSSS de l'Estrie - CHUS. Ces derniers ne réaliseront plus que des analyses liées principalement aux urgences, aux personnes hospitalisées et aux soins de courte durée.

Après une rencontre avec le personnel, les gestionnaires, les médecins et les syndicats de l'établissement, la direction du CIUSS de l'Estrie - CHUS a tenu une conférence de presse en fin d'après-midi mercredi afin de rassurer la population sur les impacts de cette vaste réorganisation.

Sa présidente et directrice générale, Patricia Gauthier, a indiqué qu'en ce qui concerne le CIUSSS de l'Estrie, l'implantation du projet Optilab se fera « de façon progressive sur trois à cinq ans », telle que le prévoit le ministère de la Santé et des services sociaux. Ce délai permettra au CIUSSS de procéder à l'acquisition des nouveaux équipements plus performants au fur et à mesure de leur remplacement tout en réalisant des économies par le biais de l'optimisation des procédés d'analyse.

Pour ce qui est des patients, Mme Gauthier a indiqué que ceux-ci ne verront aucun changement puisque tous les centres de prélèvement demeureront en place. « Pour la population, tous les examens et les prélèvements vont se faire comme d'habitude, a-t-elle précisé. Avec cette nouvelle façon de procéder, ce sont les échantillons et non les patients qui vont voyager », a illustré Mme Gauthier.

En ce qui a trait aux risques encourus par le transport des échantillons sur de très grandes distances vers le laboratoire central, la direction a voulu se faire rassurante en mettant en exergue l'expertise développée par le CIUSSS à ce chapitre.

« Notre laboratoire de l'Höpital Fleurimont reçoit déjà plus de 650 000 échantillons de partout au Québec pour le dépistage du cancer colorectal avec un taux d'efficacité très élevé », a noté le Dr Jean Dubé, chef du département de biologie médicale, qui pilote le projet avec Rémi Brassard, directeur de la Direction des services multidisciplinaires.

Ce dernier a ajouté que le projet Optilab permettra de suivre à la trace le déplacement des tubes d'analyse partout sur le territoire « comme un colis » et que des trajets alternatifs sont prévus en cas d'imprévus.

«Il y a des gens qui perdront leur emploi»

Les travailleurs du réseau de la santé de l'Estrie ont maintenant une idée plus précise des pertes d'emplois qui seront prévues avec l'implantation projet Optilab, qui centralisera les activités de laboratoire vers Sherbrooke.

Lors d'une rencontre d'information tenue mercredi matin, ils ont appris qu'on devra couper l'équivalent de 49 emplois à temps complet.

« Bref, on doit sabrer 94 000 heures », s'insurge Emmanuel Breton, de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

« Le ministère veut couper 13 pour cent des personnels dans un échéancier de trois à cinq ans. C'est inacceptable! Ils veulent le faire par attrition, mais il y a des gens qui perdront leur emploi. »

Les coupes se feront parmi les 377 employés du réseau à travers les établissements équipés de laboratoires spécialisés dans l'analyse d'échantillons. En Estrie, la restructuration vers le mégalaboratoire de Sherbrooke touchera des hôpitaux comme ceux de Lac-Mégantic et Windsor.

Mercredi avant-midi, les différents syndicats du réseau de la santé du Québec ont été rencontrés par leur établissement de santé pour connaître les détails du projet Optilab.

« Le travail se ferait au CHUS. Le laboratoire déborde déjà de travail », déclare M. Breton.

« Je m'interroge sur les économies à faire. Il y aura des coûts pour le transport et pour la modernisation du laboratoire de Sherbrooke. À Lac-Mégantic, il ne va rester que 23 pour cent des échantillons qui sont analysés à cet endroit actuellement. De vrais postes seront coupés, même si la direction parle d'équivalent d'emplois à temps complet. »

À Québec, le critique caquiste en matière de Santé, François Paradis, a réclamé à son tour mercredi un moratoire sur cette vaste centralisation des laboratoires.

Selon le député de Lévis, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, est incapable de garantir qu'aucun échantillon envoyé dans des laboratoires ne sera perdu avec son projet Optilab.

« L'implantation du projet Optilab est trop vite. Nous voulons un moratoire, ajoute Emmanuel Breton. M. Barette est comme un bulldozer. Il ne veut pas reculer. Des municipalités et des MRC demandent aussi un moratoire. »

« La direction du CIUSSS de l'Estrie - CHUS a la tête entre l'arbre et l'écorce. On comprend la position de la direction. »

Rappelons que le projet Optilab doit entrer en vigueur en 2019 dans les hôpitaux de la province.

Il prévoit que seules les analyses prioritaires émanant de l'urgence et des soins intensifs seront maintenues localement. Les autres analyses seront faites dans des mégalaboratoires centralisés - à Sherbrooke pour ce qui est du territoire du CIUSSS de l'Estrie-CHUS. Avec Claude Plante

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