Résidence Murray: de sept à quatre étages en façade

Le nouveau projet d'agrandissement de la Résidence Murray... (Maquette, Caroline Dénommée, architecte)

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Le nouveau projet d'agrandissement de la Résidence Murray comptera quatre étages en façade, six à l'arrière et un étage supplémentaire sur la structure existante.

Maquette, Caroline Dénommée, architecte

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(Sherbrooke) Le nouveau projet d'agrandissement de la Résidence Murray ne compte plus sept étages, mais bien six, dont quatre en façade. En contrepartie, un étage serait ajouté au bâtiment existant pour le faire passer de deux à trois étages. La construction serait prévue en 2017 si le projet était accepté.

Le propriétaire de la Résidence Murray, Pierre Chapdelaine, était accompagné de l'architecte Caroline Dénommée pour dévoiler le nouveau concept mardi matin.

« Ce nouveau projet vise à répondre aux critiques formulées par les voisins opposants. Nous aurons quatre étages à l'avant, six à l'arrière, et nous ajouterons un étage au bâtiment existant. Nous utiliserons la brique rouge comme principal revêtement, il y aura l'aménagement de deux terrasses vertes et nous ajouterons de la verdure en façade », explique M. Chapdelaine.

L'agrandissement compterait toujours 50 logements de trois pièces et demie. Une salle à manger et une salle polyvalente seraient aussi aménagées dans le nouveau bâtiment.

Pour l'ajout d'un étage sur le bâtiment existant, des renforcements en structure seraient réalisés. Les escaliers seront refaits pour qu'ils soient plus grands.

Selon le propriétaire des lieux, l'important « c'est que l'agrandissement réponde aux besoins des aînés. Ce n'est pas un désir du propriétaire, mais une façon de répondre aux besoins de logements abordables pour les aînés du quartier. C'est aussi la seule façon d'assurer l'avenir de la Résidence Murray. Ce sera bon pour le quartier, bon pour les aînés et bon pour la Ville. »

M. Chapdelaine s'attend à une résistance de ses voisins immédiats. « Je ne ménagerai aucun effort pour faire connaître les tenants et aboutissants du projet, notamment grâce à la diffusion d'un bulletin d'information. Mon travail est de prouver qu'il y a plus de citoyens favorables qu'il y a d'opposants. Ce nouveau projet entraîne des coûts supplémentaires de plusieurs centaines de milliers de dollars, mais j'ai consenti pour la préservation du patrimoine. Il ne fait que des gagnants, si ce n'est l'intérêt de cinq ou six opposants. »

L'architecte Caroline Dénommée a entre autres précisé que les quatre étages en façade auraient la même hauteur que les résidences se trouvant de l'autre côté de la rue Murray. « Visuellement, le nouveau bâtiment sera construit à un endroit où il y a déjà un obstacle à la vue. »

L'urbaniste Donald Bonsant a pour sa part mentionné que dans le nouveau règlement de zonage de la Ville de Sherbrooke, la Résidence Murray se trouvera dans la même zone que l'hôpital Saint-Vincent. « C'est un ensemble institutionnel en soi. »

Dans ce dossier, la demande de la Résidence Murray consiste à déroger de la règle qui l'obligerait à respecter une marge de recul d'une fois la hauteur de son bâtiment. « Si on veut appliquer cette règle aujourd'hui, il n'y aurait probablement pas un bâtiment qui pourrait être construit sur la rue Murray. »

Lucie Desrosiers, directrice de la Résidence Murray, a pour sa part fait valoir que la diversification de l'offre de l'établissement permettra une continuité rassurante dans les soins pour les aînés.

Richard Baron, porte-parole du Regroupement des citoyens pour l'agrandissement de la Résidence Murray, a mentionné qu'il était lui-même un signataire de la pétition contre le projet d'agrandissement initial. « Lorsque M. Chapdelaine m'a présenté le premier projet, j'ai compris que j'avais sans doute été un peu trompé par les voisins opposants. Le second projet est encore meilleur selon moi. Nous diffuserons de l'information et récolterons le maximum d'adhésion. Nous désirons prouver aux décideurs que cette poignée d'opposants n'est pas représentative de l'opinion des résidants du quartier. »

Le projet a été présenté aux élus de l'arrondissement de Fleurimont lundi. Le conseiller Rémi Demers reconnaît l'effort notable du promoteur pour modifier ses plans. « Je n'ai pas d'objection d'emblée, mais je demeure ouvert aux commentaires des citoyens. Je souhaite qu'on en arrive à un bon niveau d'acceptabilité sociale. J'adopte une position neutre pour être à l'écoute des citoyens. »

Une rencontre d'information pour les citoyens de l'arrondissement est prévue le 19 octobre.

Une pétition pour soutenir les plans d'agrandissement a été lancée. Près de 300 personnes l'auraient déjà signée. Elle se trouve sur le site internet de la Résidence Murray, sous l'onglet Agrandissement.

Les citoyens ferontconfiance aux élus pour trancher

Les citoyens qui démontraient des réticences devant le projet d'agrandissement à la Résidence Murray feront confiance aux élus pour protéger le patrimoine de la rue Murray. À première vue, le nouveau bâtiment proposé leur paraît toujours un peu imposant.

C'est du moins l'opinion de Joseph Franchomme, qui fait partie du comité de défense du patrimoine de la rue Murray. « Nous ne pouvons pas dire grand-chose pour le moment. Le propriétaire a annulé les rencontres de discussion qui étaient prévues. Nous aurions aimé le rencontrer pour lui donner notre point de vue, mais au premier coup d'oeil, le bâtiment reste gros sur une rue où deux autobus passent difficilement », commente M. Franchomme.

L'homme rappelle qu'il ne s'oppose pas systématiquement à un agrandissement, mais il souhaiterait que cet agrandissement respecte le patrimoine. « Nous attendrons que les conseilleurs fassent la présentation du projet comme prévu en octobre. Nous irons à la rencontre pour donner notre opinion. Il faut que nous fassions confiance au conseil pour qu'il conserve le caractère patrimonial. Le besoin des personnes âgées est évident et je défendrais n'importe quel projet d'envergure qui se tiendrait à un endroit approprié, comme l'ancienne Caisse Desjardins de la rue Bowen ou sur le site de l'ancien lave-auto au coin de la rue Conseil. »

Selon Joseph Franchomme, ils sont plus que cinq ou six citoyens dans le comité de défense du patrimoine de la rue Murray. Une bonne vingtaine de personnes communiquent régulièrement sur le sujet. « Il est possible qu'il y ait des gens qui changent d'avis. M. Chapdelaine parle surtout du besoin des personnes âgées, mais quand nous allions de porte en porte, les gens nous disaient qu'ils ne pensaient pas que le bâtiment serait aussi énorme. »

M. Franchomme se dit étonné que le propriétaire présente un projet de six étages alors que, selon lui, il n'est pas permis de construire un bâtiment de plus de trois étages sur la rue King Est, une artère beaucoup plus importante.

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