Fermeture de Chalk River: trop tôt pour s'inquiéter

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Craindre à ce moment-ci une pénurie d'isotopes médicaux comme celle vécue en 2009 serait de la « pure spéculation », assure Dr Éric Turcotte, spécialiste en médecine nucléaire au CIUSSS de l'Estrie-CHUS et chef clinicien du Centre d'imagerie moléculaire de Sherbrooke.

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(Sherbrooke) Il est beaucoup trop tôt pour s'inquiéter des répercussions de la fin des opérations du réacteur nucléaire de Chalk River, en Ontario, à la fin du mois prochain.

Craindre à ce moment-ci une pénurie d'isotopes médicaux comme celle vécue en 2009 serait de la « pure spéculation », assure d'emblée Dr Éric Turcotte, spécialiste en médecine nucléaire au CIUSSS de l'Estrie-CHUS et chef clinicien du Centre d'imagerie moléculaire de Sherbrooke.

En 2009, rappelons-le, une panne qui allait durer 15 mois à la centrale ontarienne avait entraîné une pénurie telle que des spécialistes avaient dû reporter et même annuler des examens diagnostiques et des traitements médicaux considérés comme urgents.

À l'époque, Chalk River produisait 40 % de l'approvisionnement mondial en isotopes médicaux, ces molécules utilisées en imagerie médicale pour détecter notamment des cancers.

Aujourd'hui, Chalk River fournirait environ 20 % de la production mondiale. Il reste le seul réacteur nucléaire au Canada et le plus vieux au monde. Or CTV News rapporte que l'installation va mettre fin à ses opérations le 31 octobre prochain.

Solutions de rechange

Pour Dr Turcotte, il est clair que les quatre autres réacteurs nucléaires dans le monde ont ajusté leur capacité de production depuis 2009 et que des hôpitaux ont pu développer des solutions de rechange, d'où la difficulté de juger des répercussions à ce moment-ci, d'autant plus que les réacteurs sont de gestion privée.

« C'est toute une dynamique qu'on ne peut pas prévoir à l'avance », dit celui qui a démontré avec son équipe, voilà un an et demi maintenant, qu'on pourra éventuellement produire des isotopes médicaux par cyclotron plutôt que par réacteur nucléaire.

« Est-ce que les autres réacteurs dans le monde ont encore un surplus de capacité ? Est-ce qu'ils pourront compenser la perte ? Est-ce que la demande est tout juste comparativement à l'offre et que finalement les sources alternatives par cyclotron vont devenir des sources utilisées tous les jours ? C'est quelque chose qu'on va apprendre dans les mois qui vont venir », reprend le spécialiste.

Quoi qu'il en soit, la fermeture de Chalk River était prévisible et annoncée. Le projet de production d'isotopes par cyclotron mené au Centre de recherche du CHUS est en conséquence de cette fermeture et il chemine bien, selon l'appréciation du Dr  Turcotte, même s'il reste quelques étapes à franchir avant son homologation par Santé Canada.

Entretemps, le spécialiste s'inquiète davantage de la hausse des prix qui pourrait découler de l'importation d'isotopes, quand Chalk River aura cessé ses opérations, et il espère que si on en arrive là, le gouvernement fera la part des choses dans les budgets des hôpitaux.

L'Association canadienne de médecine nucléaire va plus loin dans sa réflexion, selon ce que rapporte Radio-Canada. En effet, elle souhaite s'asseoir avec le gouvernement fédéral pour voir comment compenser les provinces au prorata du nombre d'examens réalisés en imagerie médicale.

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