Rencontre au Mozambique pour les droits des femmes

Viviane Doré-Nadeau, directrice de ConcertAction femmes Estrie, sera... (Spectre média, André Vuillemin)

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Viviane Doré-Nadeau, directrice de ConcertAction femmes Estrie, sera l'une des quatre Québécoises, avec Mélanie Sarazin, Denyse Thériault et Emilia Castro, qui s'envoleront au Mozambique pour participer à la 10e Rencontre internationale de la Marche mondiale des femmes.

Spectre média, André Vuillemin

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(Sherbrooke) Depuis la formation des premiers groupes féministes au Québec, les droits des femmes ont grandement progressé. Toutefois, il reste encore un grand bout de chemin à faire pour atteindre l'égalité des sexes, chez nous comme ailleurs sur la planète.

C'est pour cette raison que la Marche mondiale des femmes (MMF), un réseau d'actions mondial né en 2000 à l'initiative de la Fédération des femmes du Québec, oeuvre depuis seize ans à éliminer la pauvreté et la violence envers les femmes.

Lors de sa 10e Rencontre internationale, qui se tiendra à Maputo, au Mozambique, du 11 au 15 octobre prochain, la Sherbrookoise Viviane Doré-Nadeau, directrice de ConcertAction femmes Estrie, sera l'une des quatre Québécoises représentant la province.

« Chaque cinq ans, la MMF organise une grande marche partout à travers le monde, généralement lors de la Journée de la femme. En 2015, des milliers de femmes ont marché à travers le monde sous le thème « Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires », alors lors de la rencontre au Mozambique, on va dresser un bilan de la dernière année et décider ce qu'on veut faire pour 2020. On va aussi regarder ensemble quelles sont les situations politiques dans chacun des pays », explique Mme Doré-Nadeau.

Les revendications émises par la Marche mondiale des femmes ratissent large : ses membres luttent autant pour la protection de l'environnement que contre le militarisme, l'austérité, le conservatisme et le racisme. Mais leurs actions se basent toujours sur cinq valeurs, soit celles d'égalité, de justice, de paix, de solidarité et de liberté.

« On s'attaque surtout aux principaux systèmes d'oppression : le patriarcat, qui fait que les femmes ne sont pas encore à égalité avec les hommes et qu'elles sont toujours payées moins cher, le colonialisme, qui limite les déplacements des peuples autochtones et bouscule leurs façons de vivre, et le capitaliste, qui privilégie les transnationales, instaure des mesures d'austérité et coupe les services publics », indique Viviane Doré-Nadeau.

Et chez nous?

Évidemment, la situation des femmes au Québec est enviable comparativement à d'autres régions du monde, où être née une femme signifie carrément ne pas pouvoir agir sans le consentement de son mari.

Néanmoins, Viviane Doré-Nadeau fait valoir que l'égalité entre les sexes n'est toujours pas une réalité au Québec, et que plusieurs problèmes persistent.

« Ce qu'on remarque beaucoup, c'est que la violence faite aux femmes et la banalisation du viol sont encore très présentes, dit-elle. Heureusement, il y a de plus en plus d'initiatives, comme la campagne « Sans oui, c'est non » dans les universités, qui tentent de sensibiliser les gens à ces problèmes. »

« L'austérité crée aussi un problème pour les femmes, parce qu'elles sont davantage en situation de pauvreté que les hommes, sont moins bien payées. (...) Et puis, quand on regarde la représentation politique des femmes, surtout au municipal, c'est terrible. Je pense qu'il n'y a que 10 % des maires et mairesses qui sont des femmes. C'est la même chose pour les conseillers municipaux : on n'a pas encore dépassé le 30 % d'élues féminines. »

Depuis 2015, Mme Doré-Nadeau dit avoir remarqué « un certain recul par rapport à la facilité d'échange avec les élus politiques », ce qui oblige la MMF à sensibiliser les femmes entre elles plutôt que de faire des revendications au gouvernement.

« Aussi, avant, on avait ce qu'on appelait des féministes d'État, mais maintenant, quand même la ministre de la Condition féminine [Lise Thériault] dit qu'elle n'est pas féministe, on s'inquiète un peu... », déplore-t-elle.

Au retour du Mozambique, ConcertAction femmes Estrie organisera un 5 à 7 pour témoigner des orientations qui guideront les actions de la Marche mondiale des femmes pour les années à venir. Si vous aimeriez être invité, veuillez écrire à direction@concertactionfemmesestrie.org.

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