Le recrutement, un obstacle majeur pour plusieurs entreprises

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«Toutes les entreprises d'usinage de la région vivent la même problématique. On s'en parle, on voit les pancartes d'embauche. On essaie tous d'attirer la main-d'oeuvre chez nous. Avant, on demandait aux machinistes d'avoir un DEP et 10 ans d'expérience. Aujourd'hui, on exige un DEP et on les forme ici, à l'interne.», explique Danielle Ducharme, responsable des ressources humaines chez SECM-GT, une entreprise qui compte entre 20 et 25 employés.

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(Sherbrooke) La pénurie de main-d'oeuvre est une problématique bien connue des entreprises évoluant dans le secteur industriel. Depuis au moins cinq ans, l'entreprise sherbrookoise SECM-GT éprouve des difficultés persistantes au niveau du recrutement de nouveaux employés qualifiés, principalement des machinistes à contrôle numérique. Cela a obligé l'atelier d'usinage à revoir sa stratégie d'affaires, à s'ouvrir à différents bassins de main-d'oeuvre et à réduire ses exigences à l'embauche.

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« On est allé chercher trois employés aux Philippines il y a trois ans et trois autres cette année. Ce sont des gens très travaillants et loyaux qui travaillent entre 60 et 65 h par semaine », explique Pascale Leblond, présidente des Industries G.E. Gilbert.

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« Toutes les entreprises d'usinage de la région vivent la même problématique. On s'en parle, on voit les pancartes d'embauche. On essaie tous d'attirer la main-d'oeuvre chez nous. Avant, on demandait aux machinistes d'avoir un DEP et 10 ans d'expérience. Aujourd'hui, on exige un DEP et on les forme ici, à l'interne. On a aussi embauché deux nouveaux arrivants dont un qui ne parle ni français ni anglais. Ce dernier suit des cours de français en entreprise par l'entremise d'Emploi-Québec », explique Danielle Ducharme, responsable des ressources humaines chez SECM-GT, une entreprise qui compte entre 20 et 25 employés.

SECM-GT a aussi récemment investi 200 000 $ pour automatiser certaines opérations et ainsi compenser le manque de main-d'oeuvre.

Les Industries South Shore, dont une des trois usines est située à Coaticook, vivent la même problématique.

La rareté de main-d'oeuvre dans la MRC de Coaticook force l'entreprise à être plus créative en ce qui a trait au recrutement. « On doit déployer beaucoup plus d'effort et de temps qu'avant pour recruter. On annonce nos postes à combler dans les publi-sacs, les journaux, les cahiers spéciaux et dans des événements comme des festivals. On vit la même problématique à Québec ou au Mexique, où sont situées nos deux autres usines. À Québec, le taux de chômage est encore plus bas alors c'est encore plus difficile. À Coaticook, la particularité est qu'il y a beaucoup d'entreprises qui recherchent le même type de main-d'oeuvre alors on se bat tous pour les mêmes employés », note la directrice des ressources humaines de South Shore, Annie Lavigne, précisant que l'usine de fabrication de meubles compte près de 125 employés permanents à Coaticook.

La directrice des ressources humaines ajoute que si dix personnes étaient prêtes à se joindre à l'équipe, elle les embaucherait sans hésiter.

À cause de la pénurie de main-d'oeuvre, les Industries G.E. Gilbert ont même dû refuser des commandes. Pour améliorer la situation, l'entreprise, qui se spécialise dans l'usinage de haute précision, a eu recours au recrutement à l'international. « On est allé chercher trois employés aux Philippines il y a trois ans et trois autres cette année. Ce sont des gens très travaillants et loyaux qui travaillent entre 60 et 65 h par semaine », explique Pascale Leblond, présidente des Industries G.E. Gilbert.

Pour le recrutement à l'étranger, l'entreprise a fait affaire avec une agence privée qui prend en charge toute la paperasse entourant l'immigration.

« On n'a pas eu le choix de se tourner vers l'international. Il y a 4 ou 5 ans, il y avait juste 4 ou 5 machinistes par année qui sortaient de l'école et on était plusieurs à les vouloir. Maintenant, il y en a peut-être une vingtaine, mais ce n'est pas encore assez. En ce moment, j'en engagerais cinq autres. C'est simple, si quelqu'un vient porter son CV, on le prend. On ne prend pas les meilleurs, on prend ceux qui sont disponibles. On en est là », relate Mme Leblond.

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Jean Hamel agit comme coordonnateur territorial en matière de main-d'oeuvre et d'économie pour le programme Défi Carrière Mégantic. Thierno Diallo, originaire de la République de Guinée, profite de ce programme en tant qu'immigrant arrivé au Québec en février dernier et nouvel employé chez Bestar.

La Tribune, Ronald Martel

Transport et logement inclus pour attirer la main-d'oeuvre

Des entrepreneurs de Lac-Mégantic ont uni leurs efforts dans une démarche originale pour lutter contre la pénurie de main-d'oeuvre qui frappe cette région, allant même jusqu'à défrayer le transport et offrir un logement temporaire aux travailleurs potentiels.

« Une dizaine d'entreprises se sont regroupées, car elles ont des besoins semblables, question déficit de main-d'oeuvre, et elles ont adopté des objectifs à long terme. Le programme Défi Carrière Mégantic vise à aller chercher plus d'immigrants à l'extérieur de la MRC, à aplanir les obstacles à leur venue et à faciliter leur intégration en entreprise et dans la communauté », explique à La Tribune Jean Hamel, coordonnateur territorial en matière de main-d'oeuvre et d'économie pour le programme Défi Carrière Mégantic.

« Le programme, selon certaines modalités, leur offre de leur aider à défrayer le transport, pour la plupart de Montréal à Lac-Mégantic, aller-retour les fins de semaine pour le temps que leur famille reste là-bas, et même à les loger gratuitement à Lac-Mégantic pour trois mois, le temps de se familiariser à leur nouveau travail. Nous avons évalué qu'il y a 200 postes à pourvoir ici », précise M. Hamel.

« Il faut admettre que depuis l'année 2002, dit-il, la MRC du Granit connaît un solde migratoire

déficitaire. Les autorités ont reconnu devoir agir pour faire augmenter la population. Un influx est nécessaire pour susciter la prospérité et diversifier les entreprises. Il faut du sang neuf. »

Financièrement, le programme bénéficie de plusieurs contributions, premièrement celles de la dizaine d'entreprises qui vont en bénéficier, mais aussi de la Croix-Rouge, Emploi-Québec, la Ville de Lac-Mégantic et la Société de développement économique (SDE) du Granit.

Le programme loue des chambres dans l'ancienne résidence des Marianites, sur la rue Champlain, à Lac-Mégantic.

Des immigrants ont déjà été sélectionnés pour travailler chez Tafisa Canada, Bestar, Transport Robert, la Fromagerie La Chaudière, pour ne nommer que ces entreprises.

Des postes d'ingénieurs, opérateurs d'équipements, manoeuvres, électromécaniciens ont ainsi été offerts. Trois postes sur quatre ne nécessitent pas de qualifications particulières.

Le programme a même été lancé, en grandes pompes à la mosquée de l'Association musulmane de Montréal-Nord, souligne M. Hamel.

Un témoignage éloquent

Thierno Diallo est né il y a 35 ans en République de la Guinée, en Afrique de l'Ouest. Il est arrivé à Montréal, en provenance de France, où il vivait, le 18 février dernier. Il a été pris en main par le programme Défi Carrière Mégantic, et a commencé

à travailler chez Bestar, dans le parc industriel de Lac-Mégantic, le 13 juin dernier, en tant qu'opérateur d'équipements automatisés, après quatre semaines de formation.

« J'aime bien ce que je fais, même si ce n'est pas dans mon domaine d'études. Je m'y sens bien. J'ai été bien accueilli dans l'entreprise, 90 pour cent des employés et des superviseurs viennent à ma rencontre pour me parler. J'ai profité d'un encadrement sérieux, les gens ont le souci de me montrer ce que je dois faire », témoigne ce diplômé universitaire en Eaux, Forêts et Environnement d'un Institut agronomique de la Guinée.

« J'ai été impressionné par la prise en charge assurée par Julie Morin, du Carrefour Jeunesse Emploi, qui nous a présenté la ville, les activités, où aller, où trouver les entreprises. J'ai senti qu'elle était vraiment présente pour nous. » Avec Ronald Martel

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