Des contrecoups au boycott des futurs psychologues

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Environ 700 doctorants en psychologie et neuropsychologie, internes et stagiaires, ont commencé un boycott de leur formation clinique depuis le 6 septembre dernier au Québec. Ils revendiquent d'être rémunérés pour leur internat.

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(Sherbrooke) À l'instar des autres régions, l'Estrie n'échappe pas aux impacts du boycott des internes en psychologie, qui oeuvrent un peu partout dans le milieu de la santé et des services sociaux. Les étudiants revendiquent d'être rémunérés pour leur internat, comme c'est le cas ailleurs.

Environ 700 doctorants en psychologie et neuropsychologie, internes et stagiaires, ont commencé un boycott de leur formation clinique depuis le 6 septembre dernier au Québec.

Les doctorants doivent réaliser un internat de 1600 heures où ils assument 80 % de la tâche d'un psychologue en exercice, comme réaliser des évaluations psychologiques et neuropsychologiques, superviser des stagiaires, etc. Les stagiaires, eux, ont enclenché un mouvement par solidarité avec les étudiants à l'internat.

Dans une lettre publiée dans Le Devoir, la Fédération interurniversitaire des doctorants en psychologie (FIDEP), de même que plusieurs associations et directeurs de département de psychologie d'universités au Québec soutiennent que « 12 000 patients risquent de ne pas avoir accès à leurs services à court terme ».

La clinique universitaire du campus de Longueuil de l'UdeS « est dans l'impossibilité d'offrir des services à la clientèle », indique Guadalupe Puentes-Neuman, directrice adjointe au département de psychologie de l'UdeS au campus de Longueuil.

En ce moment, environ 80 personnes sont sur une liste d'attente pour obtenir des services, et environ « 50 enfants qui ont été vus l'an passé ne peuvent être rappelés ».

« Le Québec est le seul endroit en Amérique du Nord où l'internat n'est pas rémunéré », souligne Mme Puentes-Neuman, l'une des signataires de la lettre.

À Longueuil, on compte une trentaine d'étudiants en internat et près d'une trentaine de stagiaires.

On peut penser que la clinique universitaire à Sherbrooke enregistre aussi un « fort ralentissement des activités », avance le président par intérim de la FIDEP, Eddy Larouche. On retrouve environ 15 internes à Sherbrooke et une trentaine de stagiaires.

Quels sont les impacts de cette absence de salaire? « Ça retarde la diplomation. Inévitablement, ils doivent travailler... Ils se retrouvent souvent à retarder le processus de formation; le temps consacré au travail n'est pas consacré aux études (...) Si nos étudiants étaient rémunérés, ils obtiendraient leur diplôme plus rapidement », note Mme Puentes-Neuman.

Ce boycott était annoncé depuis la fin de l'année 2015. Les recommandations d'un comité sur la rémunération des étudiants est attendue dans quelques semaines.

Difficile de s'avancer pour le moment sur les impacts du boycott, dont la durée est indéterminée.

Répondant politique de l'Alliance du personnel professionnel et technique (APTS) responsable de l'Estrie, Emmanuel Breton indique que les membres représentés par l'instance syndicale ressentent les effets du boycott. Sans parler de pénurie, les psychologues ne courent pas les rues, commente M. Breton en déplorant que les étudiants s'avèrent de la main-d'oeuvre bon marché. « On les appuie. Ça aide nos membres qui sont déjà surchargés. » Les psychologues se retrouvent au sein de plusieurs établissements de la région. « C'est vraiment toutes les branches du système de santé qui sont touchées. »

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