Apprendre sans école, c'est possible

On connaît l'école à la maison. La non-scolarisation ou le unschooling?... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Spectre Média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) On connaît l'école à la maison. La non-scolarisation ou le unschooling? Beaucoup moins. Dans son documentaire Être et devenir, la réalisatrice Clara Bellar nous fait découvrir des parents de différents pays qui ont choisi l'apprentissage autonome pour leurs enfants, une forme d'éducation qui met l'accent sur leurs centres d'intérêt et sur la liberté d'apprendre.

Installée depuis quelques années aux États-Unis avec sa famille, la Française d'origine Clara Bellar est surprise de constater à quel point ce mode de vie alternatif n'est que très peu connu au Québec.

«Ici, au Québec, la presse comme les spectateurs me disent souvent le découvrir pour la première fois. Mes enfants auraient pu arriver à l'âge de 20 ans sans que je sache que c'était un choix possible», lance la mère de deux garçons de trois et huit ans, en soulignant que personne dans son entourage n'avait opté pour un tel type d'éducation.

Être et devenir, sorti en France en 2014, est né de sa propre réflexion au sujet de l'éducation qu'elle voulait offrir à ses enfants. «À la base, c'était vraiment une quête personnelle.»

Celle qui se décrit comme une «nomade» croyait que lorsque son fils aurait l'âge d'aller à l'école, son conjoint et elle devraient absolument choisir un pays où s'installer. Jusqu'à ce qu'elle retrouve une amie qui n'envoyait pas son fils à l'école, un garçon curieux, ouvert, passionné.

«J'ai rencontré d'autres enfants et chaque fois, je retrouvais ces particularités : l'enfant était automotivé, toujours très occupé par des tas de choses qui l'intéressaient... J'ai eu envie d'en savoir plus, de rencontrer de jeunes adultes qui auraient grandi ainsi. J'ai décidé qu'un documentaire serait l'occasion de ces rencontres.»

Pendant 99 minutes, elle nous présente des familles qui ont choisi l'apprentissage autonome pour leurs enfants, des parents parlent des raisons qui ont justifié leur choix de ne pas opter pour l'école traditionnelle. Une philosophie qui pourrait aussi se traduire par «on apprend en vivant, pas besoin d'apprendre à l'école».

La réalisatrice et actrice, également chanteuse, sera à la Maison du cinéma, mardi soir, afin de présenter le film au public à 19 h, avec qui elle échangera sur le sujet.

Dans l'ensemble du documentaire, parents et enfants racontent leur histoire et font état des bénéfices de la non-scolarisation.

A-t-elle entendu des notes discordantes? «J'ai rencontré des jeunes qui ont demandé ou décidé de retourner à l'école. Ce n'est pas du tout vécu comme un échec. Ça reste de l'autoapprentissage, puisque la personne apprend comme elle a choisi de le faire, de façon plus formelle et à l'école.»

Comme parent, sent-elle cette pression? «J'ai très peu de patience avec les gens qui jugent! Chacun sa vie, chacun ses choix», lance celle qui avait envie de faire confiance à son enfant.

«Ça demande une logistique très créative, d'en avoir vraiment envie. Ça devient du cas par cas.»

Clara Bellar et son équipe préparent un livre basé sur le documentaire, qui devrait paraître au printemps 2017.

Le film sera à l'affiche au Québec à compter du 23 septembre.

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