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Une maison ayant «le cancer du bâtiment» a été détruite par le feu

Bien triste journée samedi dernier pour le couple Ginette Demers et André... (La Tribune, Yvan Provencher)

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La Tribune, Yvan Provencher

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(Saint-Georges-de-Windsor) Bien triste journée samedi dernier pour le couple Ginette Demers et André Durocher, leur maison ayant été incendiée en raison d'une infestation à la mérule pleureuse. Ils ont quitté leur propriété n'apportant que leur linge et la vaisselle, tout autre contenu laissé aux flammes, ce afin d'éviter toutes sources d'une éventuelle nouvelle contamination.

La mérule pleureuse, c'est ce champignon dévastateur qui se développe en raison de l'humidité, surnommé « le cancer du bâtiment ». La mérule pleureuse est si sournoise et dommageable qu'une maison infectée doit être détruite. Ce champignon ne s'attaque pas seulement à du bois affecté par la pourriture, à de vieux bâtiments, il s'attaque à du bois neuf également, des maisons récentes, sa prolifération étant accélérée par l'humidité. La mérule est particulièrement répandue en Europe.

Samedi en matinée, le couple était relativement serein compte tenu des circonstances. « Nous essayons de prendre cela du meilleur côté, nous n'avons pas le choix, c'est dommage, mais nous en sommes là. Rien n'existe pour éliminer la mérule pleureuse par décontamination avec une garantie du résultat, ce à un coût dépassant les 100 000 $. À la longue, elle pourrait se propager aux autres bâtiments de la ferme, il n'y a pas de chances à prendre. Ma conjointe vit difficilement cette épreuve, il faut la comprendre, il n'est vraiment pas facile de devoir tout détruire et par le fait même, de tout perdre », confiait André Durocher.

Sans aide gouvernementale à ce jour disponible pour les propriétaires aux prises avec ce problème, ils doivent assumer entièrement les pertes engendrées. Comble du malheur pour ce couple, leur assurance ne couvre pas un tel sinistre. « Du côté gouvernemental, une table de concertation a été créée, mais rien ne laisse entrevoir un déblocage à court terme pour aider les personnes aux prises avec ce champignon », nous a fait part André Durocher. Il ne reste maintenant que le terrain, des bâtiments agricoles et une hypothèque à rembourser! Cette maison avec ses160 ans d'histoire est réduite à un tas de débris de l'incendie.

Ginette et André vont temporairement habiter le garage de la propriété, voulant rebâtir sur ce même terrain une maison et leur nouvelle vie, dès qu'ils en auront la capacité. La construction d'une annexe avec salle de bain adaptée doit débuter dès cette semaine, monsieur Durocher se déplaçant en fauteuil roulant devenu paraplégique suite à un accident de moto survenu en 1981.

Les familles et amis d'André et Ginette se sont mobilisés mettant de l'avant une campagne pour leur venir en aide. Par diverses activités, environ 30 000 $ ont été à ce jour amassés. « Il n'est pas

question de rester les bras croisés, les activités du fonds Durocher-Demers vont se poursuivre avec l'objectif d'amasser en dons monétaires, en matériaux et en temps de travail de construction totalisant 130 000 $ pour la reconstruction de leur nid d'amour. Nous bénéficions de l'appui important des Chevaliers de Colomb, Conseil 9894 de Saint-Georges-de-Windsor et nous sommes maintenant en mesure de remettre des reçus aux fins d'impôts aux donateurs », précise pour sa part une des soeurs de Ginette, Céline Demers.

En matinée, des exercices de formation avaient lieu sur place pour de jeunes pompiers des brigades de Saint-Claude, Wotton, Danville et Asbestos. « Lors d'un incendie régulier, on s'efforce d'éteindre le feu, nous n'avons pas le temps de procéder à des pratiques des modes et modalités d'intervention pour nos recrues. Aujourd'hui, avec la présence de deux formateurs pour nous aider, l'exercice est profitable », nous a mentionné le directeur des incendies de Saint-Claude, Jean Labrecque.

Des pompiers des brigades d'Asbestos, Wotton et Danville étaient lors de l'embrasement de la maison, présents en entraide à la brigade de Saint-Claude, principalement pour assurer une alimentation adéquate en eau, étant donné que la résidence est en milieu agricole, avec absence il va de soi de bornes-fontaines. Ils ont pu également expérimenter un nouvel équipement de la compagnie Drago muni d'un ventilateur qui propulse l'eau sur une bonne distance et en quantité, soit l'équivalent de dix boyaux d'incendies.

En l'espace d'une heure en début d'après-midi, le bâtiment avait disparu, ravagé par les flammes. Le garage qui abritera le couple temporairement, situé à proximité de la maison et ayant fait l'objet d'une attention particulière des pompiers, a pu protégé entièrement.

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