Le parcours d'une combattante

Malgré deux batailles difficiles contre le cancer, Martine... (La Tribune, Matthew Vachon)

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Malgré deux batailles difficiles contre le cancer, Martine Cabana est arrivée à la retraite avec toujours ce goût intense de mordre dans la vie.

La Tribune, Matthew Vachon

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Matthew Vachon

(East Angus) Diagnostiquée d'un cancer du sein métastatique en 2002, puis d'un cancer des os en 2009, Martine Cabana, toute nouvelle retraitée du monde de l'enseignement, n'a jamais baissé les bras. Elle incarne la définition même d'une combattante.

« Tout ça a commencé par une petite bosse qui en est devenue une grosse. Pour m'en défaire, je me suis payé la ''Cadillac'' : mastectomie complète, chimiothérapie et radiologie. Par la suite, j'ai eu droit à un an et demi de congé. Je me fixais toujours des petits buts durant ces moments, comme participer à l'activité hivernale de mon école. À ce moment, le monde me demandait si j'allais mourir et je leur répondais que ce n'était pas dans mes plans. Finalement, j'ai été sept ans en rémission. Ce fut une très belle période où je n'ai jamais arrêté d'enseigner », relate Mme Cabana.

Le cancer métastatique étant ce qu'il est, cette période sans inquiétude est arrivée à son terme en 2009. La virulente maladie était de retour et elle s'attaquait désormais à ses os.

« Lorsque je compare ça, le premier cancer que j'ai eu était facile. Plusieurs personnes de mon entourage me disaient que ça faisait longtemps que j'étais malade. Mais dans mon esprit, la première fois était de l'histoire ancienne. Cette fois en 2009, ça s'attaquait à mon sternum et à ma hanche. Malgré tout, je n'ai pas arrêté mes activités. J'ai dû prendre quelques congés ici et là, mais grâce au médicament et à mon bon système immunitaire, j'ai pu rester active », confie l'énergique dame.

Bien que ce type de cancer du sein soit incurable, les nouvelles avancées scientifiques permettent aux femmes touchées de profiter pleinement de la vie. « Je suis consciente que j'aurai toujours une épée de Damoclès au-dessus de ma tête et que je ne guérirai pas. Cependant, j'essaie tous les nouveaux médicaments. Par exemple, je prends le Kadcyla et je vois vraiment une belle amélioration. Auparavant j'avais une grosse bosse sur mon sternum et j'avais aussi un ganglion qui m'avait poussé près du cou. À ce moment, mon médecin m'a proposé le Kadcyla, puisqu'il voulait l'essayer. Après trois traitements, les bosses n'étaient plus là. J'ai eu une vingtaine de traitements et je n'ai pas eu d'effets secondaires. Ce qui est bien, c'est que depuis juin, le Kadcyla est accepté par la Régime d'assurance médicaments du Québec », fait valoir Mme Cabana.

La clé de la réussite est dans l'attitude

Tout au long de sa bataille, elle n'a jamais arrêté les activités qui lui plaisent. Pour celle-ci, il s'agit de la clé qui lui a permis de poursuivre sa route. « C'est tellement important de continuer! Ça nous donne l'impression d'être en vie et ça nous montre que nous sommes capables de faire autre chose que de rester assis sur notre sofa. Quand je vois des personnes comme moi, je leur dis, lorsqu'elles en sont capables, d'aller marcher pour respirer le bon air et de regarder le ciel. Il y a des chimiothérapies qui sont difficiles, mais parfois, un petit coup de pied au derrière est nécessaire. Et je m'en suis donné! Il faut avoir de la passion. Pour moi c'était mes élèves et le sport, soit le ski, la raquette et le golf », admet cette infatigable sportive.

Cependant, malgré toute la bonne volonté du monde, livrer un combat sans merci face à la maladie comporte des montagnes russes d'émotions qui ne sont pas toujours faciles à apprivoiser. « À certains moments, les traitements allaient bien et tout était stable. Puis, six mois plus tard, un examen révélait que ça avait empiré à certains endroits, mais stabilisé à d'autres. Dans ces moments, nous sommes en pleurs, c'est évident. Par contre, j'essayais de miser sur le positif afin de tout laisser le négativisme derrière moi. Ce n'est pas toujours facile, mais je me disais que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir », explique l'enseignante de carrière.

Touchant une femme sur neuf et responsable de quatre décès par jour au Québec, le cancer du sein vient évidemment avec de grandes appréhensions pour quiconque. « Je suis très consciente de la chance que j'ai d'être encore en vie aujourd'hui. Je remercie le bon Dieu ainsi que ma gang qui est en haut et qui veille sur moi. Je vais continuer de mordre dans la vie comme je l'ai toujours fait », clame Mme Cabana.

Toute nouvelle retraitée, celle qui a fait ses 35 années d'enseignement à la polyvalente Louis-St-Laurent d'East Angus aura désormais tout le temps au monde pour mordre dans la vie comme elle aime le faire. « Lorsqu'on commence à enseigner, on se dit qu'on veut faire nos 35 années en enseignement et terminer tout ça en beauté. Malgré les embûches, j'ai pu y arriver et terminer sur mes deux pattes. C'est ce qui était important pour moi. Les élèves, c'était ma passion, et c'est ce qui va me manquer le plus de mon métier », admet-elle avec une étincelle dans les yeux.

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