Postes Canada: le maire de Coaticook réclame plus d'efficacité

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La députée de Compton-Stanstead Marie-Claude Bibeau était entourée de son équipe pour écouter les acteurs socioéconomiques de la région au sujet de Postes Canada.

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(Coaticook) La députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international et de la Francophonie Marie-Claude Bibeau était à l'écoute des acteurs socioéconomiques de sa circonscription et de la grande région de Sherbrooke vendredi, pour une consultation publique sur Postes Canada tenue au Pavillon des arts et de la culture de Coaticook.

Une vingtaine de citoyens et de représentants d'organismes avaient l'attention de l'élue et de son équipe, lors d'une heure d'échanges où les lacunes du service existant de Postes Canada ont rivalisé avec les solutions envisagées pour assurer sa pérennité.

Le maire de Coaticook Bertrand Lamoureux a plaidé d'entrée de jeu pour le maintien des services de Postes Canada, en insistant toutefois sur la nécessité d'en augmenter l'efficacité.

« Il nous arrive d'envoyer des correspondances et de recevoir des retours de courrier plusieurs mois plus tard. Entre temps, on a entamé des procédures supplémentaires envers les citoyens concernés », a-t-il relaté.

La responsable des communications à la Ville de Coaticook, Shirley Lavertu, a renchéri sur les disparités dans la distribution du courrier entre les zones rurales et urbaines, qui complexifient les envois postaux de certaines municipalités.

La ruralité a d'ailleurs été abordée à plusieurs reprises par les intervenants réunis. Plusieurs ont souligné l'importance des services de Postes Canada dans les secteurs n'ayant pas accès à internet.

Des citoyennes de Martinville et de St-Isidore-de-Clifton ont quant à elles relevé les heures d'ouverture limitées de leur comptoir postal local, inaccessible pour ceux qui travaillent en dehors du village. « On est obligés d'aller vers d'autres services de livraison » mentionnait Isabelle Bernier, entrepreneure de St-Isidore-de-Clifton.

Services bancaires

Représentant la Chambre de commerce de Sherbrooke, Claude Denis a étonné la députée en parlant de la variation des tarifs d'envois de colis selon la région d'expédition. En tant que commerçant, il a également discuté de la concurrence de la Chine en matière de tarifs d'envois postaux internationaux. « C'est une question de justice commerciale. Postes Canada doit mieux protéger les Canadiens en agissant davantage sur les produits importés. » (voir autre texte en page 9).

Des solutions pour assurer l'avenir de Postes Canada ont émergé des discussions, notamment celle d'offrir des services bancaires. « Ça viendrait cibler des gens qui en ont besoin, dans les régions où les caisses se sont retirées » affirmait Magali Giroux, du syndicat des travailleurs et travailleuses des postes. L'idée a d'ailleurs retenu l'attention de Marie-Claude Bibeau, qui repartait de la consultation avec plusieurs constats et idées du milieu.

« C'est étonnant de savoir que la tarification est de loin plus avantageuse pour ceux qui expédient de l'extérieur vers le Canada. Il y a des avantages fiscaux à régulariser cette situation, ça me donne de bons arguments face au ministre des Finances. Je retiens aussi l'importance de faire la distinction entre les besoins des gens qui habitent les milieux urbains ou ruraux », a précisé la députée.

Une annonce au printemps

Les consultations publiques sur Postes Canada se dérouleront jusqu'en novembre.

Le comité parlementaire sur l'avenir de l'organisme prévoit déposer son rapport en décembre en vue de l'annonce d'une décision et de directives par le gouvernement fédéral au printemps prochain.

Claude Denis, président de l'entreprise Électro-5 et vice-président de... (Archives, La Tribune) - image 2.0

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Claude Denis, président de l'entreprise Électro-5 et vice-président de la Chambre de commerce de Sherbrooke, a profité de la consultation régionale sur l'avenir de Postes Canada pour déposer un mémoire dans lequel il dénonce « les brèches importantes à la concurrence loyale causées par la tarification postale ».

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Un mémoire pour dénoncer «les brèches à la concurrence loyale»

Claude Denis, président de l'entreprise Électro-5 et vice-président de la Chambre de commerce de Sherbrooke (CCS), a profité de la consultation régionale sur l'avenir de Postes Canada qui se tenait vendredi à Coaticook pour déposer un mémoire dans lequel il dénonce « les brèches importantes à la concurrence loyale causées par la tarification postale ».

La Tribune a déjà fait état, en mai dernier, du net avantage qu'offre Postes Canada à la Chine face aux entreprises canadiennes en raison du déséquilibre des frais postaux. Claude Denis avait d'ailleurs accordé une entrevue dans laquelle il déplorait que les Chinois paient 5 ¥ (Yuan), soit 0,99 $, alors que les Canadiens doivent payer au moins 7,80 $ pour la livraison d'un colis identique.

Dans le mémoire qu'il a présenté vendredi à Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre du Développement international et de la Francophonie, M. Denis a fait de cette concurrence déloyale de la Chine son premier point. Sa recommandation : que Postes Canada rétablisse l'équilibre tarifaire.

« Si ce n'est pas l'expéditeur qui paie la livraison du colis, ça doit être payé par le réceptionnaire », conseille-t-il dans le document.

Dans les trois autres points abordés dans son mémoire, le vice-président de la CCS s'indigne notamment que les Sherbrookois doivent payer davantage de frais postaux que les Torontois.

« Ce n'est pas normal, dit-il en entrevue. C'est un peu comme les autres services, la téléphonie ou l'électricité : ce n'est pas parce qu'on est plus loin, que ça prend plus de fils, que les citoyens paient plus cher. Mais pour la poste, c'est le cas. »

L'homme d'affaires suggère la création d'une simple colonne de grille tarifaire pour tous les Canadiens, avec incrémentation basée sur le poids et le volume.

Enfin, M. Denis croit que Postes Canada et l'Agence des services frontaliers du Canada devraient investir davantage dans l'inspection des produits importés, puisque certains « ne sont pas conformes à nos normes qui protègent les citoyens des risques d'incendie, d'électrocutions et autres dangers ».

La ministre se montre « intéressée »

Espérant que son mémoire puisse engendrer des changements ou, du moins, alimenter une réflexion au gouvernement fédéral, Claude Denis affirme que le document qu'il a produit a été bien reçu par Marie-Claude Bibeau.

« Depuis un moment, je suis en communication avec le cabinet de la ministre Bibeau. Jacqueline [Belleau, attachée politique de Mme Bibeau] est même venue à mon bureau il y a environ un mois pour que l'on discute de tout ça. Le sujet intéresse assurément la ministre, elle est sensibilisée à ça », assure M. Denis.

« Ce matin, elle était surprise que l'on ne paie pas les mêmes tarifs à Sherbrooke qu'à Toronto, mais pour le reste, elle est pas mal au courant. » Avec Catherine Montambeault

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