Trois fois plus d'autos, six fois moins d'accidents mortels

Le Québec a enregistré 361 décès sur les... (Archives, La Tribune)

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Le Québec a enregistré 361 décès sur les routes de la province en 2015, six fois moins qu'en 1973 où l'on avait dénombré 2209 décès. Pourtant, le nombre de véhicules en circulation a presque triplé.

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(Sherbrooke) ll y a aujourd'hui six fois moins d'accidents mortels sur les routes du Québec qu'en 1973. Pourtant, le nombre de véhicules en circulation a presque triplé.

« En 1973, il n'y avait pas de ceinture, pas d'appui-tête... Les autos ne se débâtissaient pas, les passagers oui. Aujourd'hui, une auto de F1 arrive à 300 km/h, dérape, et le pilote est intact », remarque Gilles Dufour, expert depuis 43 ans à l'école de conduite Tecnic, faisant référence au récent accident au Grand Prix de Formule 1 en Belgique.

En 2015, selon le bilan routier annuel de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), il y a eu 361 décès sur les routes de la province. On en dénombrait 2209 en 1973. À ce moment, il y avait 2 441 515 titulaires de permis au Québec, comparativement à 5 330 564 l'an dernier.

Au cours des dix dernières années en Estrie, le nombre de titulaires de permis de conduire n'a cessé de croître passant de 201 083 personnes en 2005 à 218 207 en 2014.

Il y a d'ailleurs eu 16 accidents mortels en Estrie en 2015 comparativement à 29 à Montréal où la population est beaucoup plus dense avec 1,9 million d'habitants. Le nombre d'accidents mortels est en baisse de 23,8 pour cent entre 2014 et 2015 et de 26,6 pour cent depuis 2010.

Le nombre de décès sur les routes de l'Estrie demeure sous la moyenne provinciale au cours des cinq dernières années, alors que le nombre d'accidents mortel a diminué de 13,8 pour cent depuis 2010 à l'échelle du Québec.

« Il y a plus de circulation en milieu urbain et moins d'accidents mortels. En campagne, dans une courbe, si tu perds la maîtrise, il n'y a pas de pardon parce que tu arrives plus rapidement », explique Gilles Dufour.

Le Québec a connu son plus petit nombre de décès sur les routes en 2014, avec 322 morts, dont 21 dans la région estrienne.

« C'est en partie parce que les jeunes ont eu moins d'accidents lors de cette année. Les conducteurs de motocyclettes aussi avaient eu moins d'accidents, il faut le dire, mais les jeunes avaient connu une baisse de 41 %. Peu importe les années, le phénomène des jeunes conducteurs ressort », explique Étienne Blais.

« En 1997, avec 766 décès, on trouvait notre résultat bon. Un décès reste par contre un décès de trop. L'objectif serait de zéro, mais c'est utopique », affirme M. Dufour.

Il ne faut pas nécessairement prendre en compte le nombre de véhicules en circulation pour comparer les données, affirme toutefois le professeur de l'École de criminologie et directeur du laboratoire en sécurité routière, Étienne Blais. Leur nombre est passé de 2 265 471 en 1973 à 6 310 810 l'an dernier.

« L'augmentation du nombre de véhicules crée une augmentation du nombre d'accrochages, mais pas nécessairement du nombre d'accidents mortels. Sur la Métropolitaine (à Montréal), par exemple, il y a tellement de véhicules qu'il y a congestion. Les accidents mortels à ce moment sont très rares. »

Le nombre d'accidents graves est en baisse en Estrie avec une diminution de 30,1 pour cent entre 2010 et 2015. Même chose pour les accidents avec blessés légers en diminution de 7,3 pour cent.

Des éthylomètres dans tous les véhicules?

La pose d'antidémarreurs éthylométriques dans tous les véhicules et l'aménagement de plus de « dos d'âne » font partie des solutions qui pourraient permettre d'améliorer encore davantage notre bilan routier, estime

le spécialiste en sécurité routière Étienne Blais.

« Récemment, un coroner a proposé de criminaliser les textos au volant, rappelle le professeur de l'École de criminologie de l'Université de Montréal. C'est bien. Maintenant, pourquoi ne pas mettre des éthylomètres dans tous les véhicules? L'alcool au volant est un véritable problème. Les technologies existent pour changer les choses. Aussi, pourquoi ne pas bloquer les véhicules à une certaine vitesse? L'industrie automobile ne serait pas contente, mais il demeure que l'on ne peut pas dépasser certaines vitesses sur nos routes. »

M. Blais est convaincu qu'il y a possibilité de conjuguer la sécurité routière et les intérêts des restaurateurs (pour l'alcool) et de l'industrie automobile « afin d'obtenir de meilleurs résultats ».

« Si on veut limiter les excès de vitesse, le plus facile est d'aménager l'environnement en conséquence, en installant par exemple des ''dos d'âne''. Si on installe des limiteurs de vitesse, il n'y a pas moyen de les passer sans ralentir. S'il y avait une véritable volonté politique, c'est en ce sens que l'on irait. »

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