La CSN s'inquiète de la «banalisation du soutien à domicile»

Les auxiliaires en services de santé et sociaux... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Les auxiliaires en services de santé et sociaux syndiqués à la CSN dénoncent les changements prévus en ce qui a trait au service de soins à domicile. Patricia Comeau, prés. du SPSSS-CSN MRC Coaticook, Guy Laurion, v.-p. de la Fédération de la santé et des services sociaux - CSN, Denis Beaudin, prés. du Conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie, et Emma Corriveau, v.-p.  du SST SPSS-CSN MRC Memphrémagog, ont évoqué les conséquences de la révision de la politique.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Les auxiliaires en services de santé et sociaux (ASSS) syndiqués à la CSN sont grandement inquiets de la révision de la politique de soutien à domicile entamée par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) du Québec. Ils craignent notamment qu'une perte d'expertise importante découle de ce procédé.

« Des services qui sont normalement offerts par des auxiliaires du secteur public seront maintenant offerts par des employés de coopératives ou entreprises privées. La perte de service est énorme puisque les ASSS sont formés pour exécuter ce travail. Ils suivent une formation professionnelle d'environ un an alors que leurs remplaçants reçoivent une formation de deux ou trois semaines. On s'entend que ce n'est pas du tout la même formation, alors on ne fera pas accroire que les aînés auront la même sécurité et la même qualité de service », explique Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie - CSN.

Certaines dirigeantes syndicales ont appris « d'une source sure » que le MSSS entend revoir les services offerts à domicile. Des travaux sont déjà en cours entre le MSSS et les représentants provinciaux du regroupement des entreprises d'économie sociale en soutien à domicile (EÉSAD). Les lignes directrices découlant de ces travaux seront déposées par le MSSS à la fin septembre.

« L'aide à domicile ne se réduit pas à faire du ménage et préparer les repas, on parle de manipulation des patients et les auxiliaires sont aussi formés pour détecter des problématiques et en faire part au réseau pour qu'elles soient résolues », ajoute M. Beaudin précisant qu'une soixantaine d'ASSS syndiqués à la CSN sont touchés sur territoire de l'Estrie.

« La situation est des plus préoccupantes. Qu'on banalise les soins à domicile à de la cuisine ou de ménage alors que c'est beaucoup plus que ça. Le gouvernement adopte présentement une approche curative plutôt que dans une approche préventive. On construit des hôpitaux à coup de milliards et on dit : une fois que vous serez malades, on va vous recevoir. Mais est-ce qu'il y a moyen de travailler en amont et s'assurer qu'on ne rentre pas à l'hôpital ? Je peux bien croire que ce sont des médecins qui nous dirigent, mais on remet en question les choix du gouvernement actuel. Et qu'on arrête de dire qu'on n'a pas d'argent dans ce réseau de la santé et des services sociaux », souligne pour sa part Guy Laurion, vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux - CSN.

« Même si les travaux sont déposés à la fin septembre, la réforme est effective. Elle est entamée et elle fait mal. Alors si on n'essaie pas d'alerter la population pour le bien-être de nos aînés, je ne sais pas qui va le faire », conclut M. Beaudin.

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