La qualité de l'air d'un logement peut dépendre de son utilisation

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La qualité de l'air d'un logement peut dépendre de l'utilisation qu'en fait le locataire, plaide la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec à la suite du dévoilement d'une étude qui révèle que 36 % des répondants, des étudiants de l'Université de Sherbrooke, sont exposés à de l'humidité excessive ou des moisissures dans leur logement.

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(Sherbrooke) La qualité de l'air d'un logement peut dépendre de l'utilisation qu'en fait le locataire, plaide la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) à la suite du dévoilement d'une étude qui révèle que 36 % des répondants, des étudiants de l'Université de Sherbrooke, sont exposés à de l'humidité excessive ou des moisissures dans leur logement.

« Ce rapport identifie un problème connu, mais il n'analyse toutefois pas en profondeur les causes et les solutions (...) La CORPIQ souhaite soumettre quelques réflexions », déclare Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de l'organisme.

La région de Sherbrooke comptait 41 000 ménages locataires en 2011 ; la majorité de leurs logements (58 %) ont été construits en 1980 ou avant, note M. Brouillette.

L'état de l'immeuble explique une partie des cas d'humidité et de moisissures observés. « Le parc immobilier locatif du Québec est vieillissant et Sherbrooke n'y fait pas exception. »

« Il existe deux causes principales au problème des moisissures et de l'humidité excessive dans les logements. L'une est l'usage qu'en fait l'occupant, l'autre est l'état du bâtiment et ses caractéristiques. »

La qualité de l'air d'un logement dépend aussi du mode de vie de ses occupants, estiment les propriétaires d'immeubles locatifs. « Parfois, le revenu des locataires a une incidence », ajoute M. Brouillette.

Les propriétaires remarquent que de nombreux locataires ne possèdent ni laveuse ni sécheuse, de sorte qu'ils vont laver leurs vêtements à la main et de les suspendre dans le logement pour les sécher.

« Plusieurs logements n'ont pas de système de ventilation efficace, et souvent même n'en ont pas du tout. »

Les propriétaires de logements dépensent plus de 3 milliards $ par année en rénovation de logements locatifs, mais c'est loin d'être suffisant pour combler le déficit d'entretien colossal de ce parc immobilier, renchérit-il.

« Avec un loyer moyen de 728 $ par mois pour un 4 et demi au Québec et 608 $ à Sherbrooke, nos logements font figure d'aubaine sur le marché canadien. L'envers de la médaille est que la consommation énergétique y est élevée, que la qualité de l'air est souvent déficiente et que, parfois, les caractéristiques des logements ne correspondent plus aux besoins des ménages d'aujourd'hui. »

« Le parc immobilier du Québec doit être rénové. Malheureusement, le gouvernement du Québec a tellement abaissé les pourcentages d'ajustement de loyer pour un propriétaire qui effectue des travaux majeurs qu'il lui faut maintenant patienter 40 ans pour recouvrer le coût d'une telle dépense. Cela dépasse de loin la durée de vie utile de ce qui est rénové. Bien sûr, de nouveaux immeubles locatifs répondant aux besoins actuels pourront apparaître, mais leurs loyers devront avoisiner plus de 1000 $ pour en justifier la construction. »

Pour un code du logement

Gaël Morin, organisateur communautaire et porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), rappelle que l'organisation plaide depuis longtemps pour un code du logement provincial. « Il y a une responsabilité des propriétaires, mais aussi des autorités publiques (...) Il n'y a aucune législation qui vient encadrer la question de la salubrité. Ça prend un code du logement. »

La Ville de Sherbrooke dispose d'un règlement à ce chapitre, mais ce n'est pas le cas de toutes les municipalités. Gaël Morin estime également que la mise en application de ces règlements fait souvent défaut. « Les échos que l'on entend, c'est que c'est souvent variable dans les municipalités... Que se passe-t-il s'il n'y a pas de code du logement ? Pour nous, il y a lieu de modifier les pratiques en matière d'inspection des bâtiments », lance-t-il en ajoutant que la Régie du logement est davantage associée à des interventions ponctuelles.

Gaël Morin note toutefois qu'il n'est pas surpris des résultats de l'étude, puisqu'une autre enquête menée à Montréal avait révélé environ le même pourcentage de gens touchés que l'enquête de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke.

- Avec Isabelle Pion

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