Musée des beaux-arts: «Le but, c'est de marquer l'époque»

La proposition d'agrandissement du Musée des beaux-arts de... (Espace vital Architecture)

Agrandir

La proposition d'agrandissement du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, réalisée par la firme Espace vital Architecture, s'inscrit dans l'ère moderne et ne cherche pas à copier le passé. « L'intégration d'un bâtiment se fait autant par contraste que par mimétisme », signale l'architecte Dominick Lamontagne.

Espace vital Architecture

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Trop contemporain, le croquis de l'agrandissement projeté du Musée des beaux-arts de Sherbrooke (MBAS)? Difficile à intégrer dans une zone patrimoniale? Ils ont été nombreux à décrier sur Facebook l'allure que pourrait prendre la nouvelle aile du MBAS. Mais les architectes, eux, croient qu'il faut construire des bâtiments qui s'inscrivent dans l'ère moderne.

Les croquis rendus publics sont l'oeuvre de la firme Espace vital. « Une image ne permet pas de saisir le projet en entier », prévient Dominick Lamontagne, qui y est architecte.

Sans se prononcer directement sur le projet en question, M. Lamontagne mentionne que « l'intégration d'un bâtiment se fait autant par contraste que par mimétisme. Dans certains cas, nous regarderons s'il y a des éléments de maçonnerie que nous pouvons utiliser pour faire des rappels avec ce qui existe déjà. Mais dans le passé, nous construisions avec plus de détails. Aujourd'hui, la tendance est d'épurer. L'idée, ce n'est pas nécessairement de copier le passé, mais ce n'est pas de le cacher non plus. Le but, c'est de marquer l'époque de chacun des bâtiments. »

Nicolas Lemay, de Cimaise, abonde dans le même sens. « Le patrimoine, il faut le construire. C'est important qu'un bâtiment reflète la période dans laquelle on vit », lance-t-il d'emblée.

Associé chez Jubinville et Associés, Daniel Quirion croit pour sa part qu'il faut « trouver LA solution adaptée à un site de manière à bonifier les besoins. Il n'y a pas de solution parfaite et il est rare qu'une architecture fasse l'unanimité. Les beaux succès à travers le monde sont parfois très effacés, parfois complètement éclatants ».

Il convient lui aussi qu'un simple dessin ne rend pas toute la substance d'un projet et qu'il faut probablement voir le bâtiment de tous ses angles, dans son environnement, pour comprendre sa cohérence. « L'architecture, c'est une expérience qui est vécue, qu'on peut difficilement imaginer tant que le bâtiment n'est pas construit. »

M. Lamontagne, lui, estime que de copier le passé amène une ville à régresser. « Dans notre vision globale, nous essayons de marquer une évolution. Il y a beaucoup de nouvelles implantations qui ont été critiquées. Pour beaucoup de gens, ce qui est bon, c'est ce qui est déjà autour d'eux. Ce qui est contesté au début est souvent applaudi plusieurs années plus tard. »

Nicolas Lemay martèle qu'il est impossible d'imiter les édifices du passé. « Le danger à essayer de reproduire quelque chose, c'est de créer un contraste gigantesque à cause de la différence de qualité. Il est donc préférable d'opter pour un réel contraste. De cette façon, on ne perd pas le cachet du vieux, mais on trace une nouvelle ligne d'architecture. Il faut qu'on arrête de penser qu'il faut imiter et intégrer les bâtiments. Il faut plutôt intégrer les fonctions. »

M. Lemay cite les architectes européens qui marient la modernité à l'histoire dans des villes comme Copenhague, Oslo ou Prague. « Quand tu vas dans les vieilles villes en Europe et que tu regardes ce qu'ils font, ils sont largement en avance sur nous. Les architectes européens ne font pas des imitations de ce qu'il y avait dans le temps. Nous n'avons même plus les techniques pour faire comme dans le temps. Regardez le Musée Guggenheim. Tous les bâtiments intégrés dans les vieux quartiers reflètent la période dans laquelle ils ont été construits. »

Sans se prononcer sur le design du futur MBAS, Nicolas Lemay ajoute que l'architecture visera à refléter l'usage du bâtiment. « On ne peut pas faire une boîte carrée avec des fenêtres à intervalles réguliers et des balcons sous chaque fenêtre comme si c'était un complexe d'appartements. »

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer