Un étudiant sur trois vit dans un logement problématique

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Plus d'un étudiant sur trois vit dans un logement pouvant l'exposer à des moisissures ou à de l'humidité excessive, révèle une étude menée par des chercheurs de la faculté de médecine et des sciences de l'Université de Sherbrooke (FMSS). Les étudiants qui ont pris part à l'enquête habitent principalement dans l'arrondissement du Mont-Bellevue, et dans une moindre mesure dans l'arrondissement de Fleurimont et d'autres secteurs de la ville de Sherbrooke.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Plus d'un étudiant sur trois vit dans un logement pouvant l'exposer à des moisissures ou à de l'humidité excessive, révèle une étude menée par des chercheurs de la faculté de médecine et des sciences de l'Université de Sherbrooke (FMSS). Environ 36 % des quelque 2097 répondants sont exposés, révèle l'enquête.

Plus du tiers des logements présentent une problématique d'humidité excessive ou de moisissures.

« Cette exposition est notamment associée à des problèmes de santé respiratoires comme l'asthme et la rhinite allergique », indique l'auteur principal de l'étude, Dr Mathieu Lanthier-Veilleux, médecin résident en santé publique et en médecine préventive.

Près de 36 % des étudiants exposés ont été affectés par des rhinites allergiques, alors que cette proportion était de 29 % chez les étudiants non exposés.

Les problèmes d'asthme étaient également beaucoup plus fréquents chez les étudiants exposés (33 %), comparativement à 22 % chez ceux qui n'étaient pas exposés aux moisissures ou à l'humidité excessive.

Les auteurs de l'étude ont pu observer que les symptômes d'asthme et de rhinite allergique sont non seulement plus fréquents chez les étudiants exposés, mais « aussi plus incommodants » et « moins bien contrôlés » que ceux qui ne l'ont pas été.

Les répondants exposés ont plus souvent déclaré « avoir subi une baisse de leur performance scolaire » en lien avec leur état de santé. « La différence est significative », note-t-il.

Les étudiants qui ont pris part à cette recherche habitent principalement dans l'arrondissement du Mont-Bellevue, et dans une moindre mesure dans l'arrondissement de Fleurimont et d'autres secteurs de la ville de Sherbrooke. Des répondants résident également à Montréal et en Montérégie, qui fréquentent probablement le campus de Longueuil. L'enquête s'adressait à l'ensemble des étudiants de l'UdeS, y compris ceux hors campus.

De la condensation abondante, des dégâts d'eau qui n'ont pas été nettoyés rapidement, un décollement de la peinture ou des traces de cernes noirâtres ou verdâtres peuvent laisser présager certaines problématiques.

Les conclusions montrent l'importance pour les étudiants de reconnaître les signes d'insalubrité et les actions qu'ils peuvent entreprendre afin de limiter leur risque d'exposition.

Les résultats révélés par cette étude sont comparables aux résultats d'autres études.

Différents facteurs peuvent faire en sorte que les étudiants sont plus à risque d'habiter dans des logements ayant des moisissures ou de l'humidité excessive.

« La population étudiante est une population particulière, dans le sens où une grande majorité des étudiants ont des faibles revenus, dépendent de bourses, sont locataires... C'est sûr que ce sont des facteurs de risques... »

Peut-on transposer ces résultats à la population en général? « Avec l'éventail de profils d'étudiants qu'on avait, oui, il y a certaines tendances qui s'appliquent à d'autres populations, le fait que ce soit de vieux logements locatifs, avec un manque de ventilation, ce sont des éléments qu'on retrouve ailleurs », illustre Dr Lanthier-Veilleux.

« On travaille avec plusieurs partenaires, dont la Ville de Sherbrooke, pour favoriser ou distribuer des outils pour les citoyens afin qu'ils sachent comment réagir », dit-il en citant notamment des recours auprès de la Régie du logement et les municipalités.

Interrogé à savoir si la Direction de santé publique (DSP) de l'Estrie compte un registre des logements à risque, l'auteur répond par la négative.

Professeures à la FMSS, les Dre Geneviève Baron et Dre Mélissa Généreux, également directrice de la DSP en Estrie, sont les coauteures de cette étude.

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