Après la classe d'accueil, la classe régulière

Des quelque 391 élèves qui étaient en classe... (Spectre Média, René Marquis)

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Des quelque 391 élèves qui étaient en classe d'accueil à la fin de l'année scolaire à la CSRS, environ 150 ont fait leur entrée dans une classe régulière lundi. Parmi eux, Solange Yagani a commencé sa première année à l'école des Avenues.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Il y avait beaucoup de premières, lundi, à l'école primaire des Avenues. Il s'agit d'une nouvelle ère pour les écoles Sainte-Famille et Laporte, qui ne forment maintenant qu'un seul établissement dans l'est de Sherbrooke et qui compte maintenant une maternelle quatre ans. Cette première journée signifiait aussi le début d'une nouvelle aventure pour près de 150 élèves de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), qui ont fait leur entrée en classe régulière après un passage en classe d'accueil.

La CSRS, rappelons-le, a connu une année record de nouveaux arrivants l'an passé : 384 enfants ont commencé leur parcours scolaire dans l'une des classes de l'organisation.

Des quelque 391 élèves qui étaient en classe d'accueil à la fin de l'année scolaire, environ 150 ont fait leur entrée dans une classe régulière lundi.

Du nombre, on retrouve Solange Yagani, âgée de huit ans, rencontrée le printemps dernier dans une classe d'accueil de l'école Ste-Famille (aujourd'hui un pavillon de l'école des Avenues).

La fillette serait arrivée au pays en novembre 2015, et a commencé son parcours scolaire en janvier 2016.

En quelques mois, la Camerounaise d'origine, dont la langue maternelle est le sango, a fait des pas de géant : aux quelques mots soufflés à notre passage, la fillette s'exprime maintenant beaucoup plus facilement.

« Ce sont de vraies petites éponges », nous avait alors mentionné son enseignante, Marie-Michelle Lévesque.

L'élève au sac à dos immense - comme bon nombre des camarades réunis dans la cour de l'école des Avenues - lance d'ailleurs un sonore « Marie-Michelle » quand la nouvelle directrice, Caroline Roy, présente toute son équipe. Mais elle réalise rapidement que ce n'est pas la même Marie-Michelle, cette dernière étant maintenant dans une autre école.

La fillette est tout de même en terrain connu, puisqu'elle fréquente la même école.

Souriante, Solange répond oui sans hésiter lorsqu'on lui demande si elle avait hâte de revenir. Son visage ne s'assombrit qu'une fois pendant l'heure passée avec elle : lorsqu'on lui demande si elle a des amis dans la classe de Mme Julie en première année. À un ou deux pupitres d'elle, un petit camarade pleure à chaudes larmes, les mains sur le visage. « C'est difficile, c'est une nouvelle école pour lui », précise Mme Julie à sa classe de première année.

Une école, 37 pays

Pour Elham Ahmad Zia, dont on avait aussi fait la connaissance en avril dernier, l'arrivée en classe régulière signifie aussi le passage dans une nouvelle école, où 37 pays sont représentés.

L'élève de huit ans, aujourd'hui en troisième année à Marie-Reine, peut s'exprimer en dari, en tajiki, un peu en anglais et maintenant en français. Sa famille a dû fuir l'Afghanistan pour des raisons de sécurité et est passée par le Tadjikistan avant d'arriver au Canada.

Le passage en classe d'accueil peut durer deux ans, souligne Linda Pagé, directrice de Marie-Reine, mais il peut aussi être plus court selon les connaissances du français, le niveau en mathématiques et le niveau d'autonomie. Elham, par exemple, est fort en mathématiques.

Des mesures de francisation sont alors mises en place pour soutenir les enfants. « C'est rare qu'un enfant aille intégrer le régulier sans mesure de francisation », commente Stéphane Dupuis, agent d'administration aux ressources éducatives à la CSRS.

À la CSRS, l'Afghanistan est le pays de provenance dominant. « C'est particulier à Sherbrooke, car on a l'Association éducative transculturelle (AET) qui est très active », précise-t-il à propos des parrainages réalisés par l'association.  Uniquement l'an passé, la CSRS a accueilli environ 160 Afghans, soit près du double de l'année précédente, et 52 Syriens.

Lundi et dans les prochains jours, 77 nouveaux arrivants sont attendus à la CSRS, dont près d'une trentaine d'Afghans.

Stéphane Dupuis s'attend aussi à ce que d'autres Syriens fassent leur arrivée d'ici la fin de l'année.

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