Un homme abattu par la SQ: un drame qui cache un suicide?

Les enquêteurs du Bureau des enquêtes indépendants et... (Collaboration spéciale, Éric Beaupré)

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Les enquêteurs du Bureau des enquêtes indépendants et du Service de police de Montréal ont pris le relais de la Sûreté du Québec dans cette affaire.

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Yanick Poisson
La Tribune

(SAINT-CYRILLE-DE-WENDOVER) Plusieurs éléments entourant le drame de vendredi soir, à Saint-Cyrille-de-Wendover, laissent croire que l'individu de 41 ans qui a trouvé la mort sous les balles des policiers espérait mettre fin à ses jours.

Dans les instants précédant l'homicide, le quadragénaire s'est disputé violemment avec sa conjointe, ce qui a justifié qu'elle communique avec les autorités. À la suite de cet appel, il a quitté la résidence familiale de la rue Saint-Jean-Baptiste, visiblement hors de lui, à bord d'un véhicule utilitaire sport.

Il est parti en trombe, pour finalement revenir et effectuer deux tours du pâté de maisons. Il est passé à deux reprises devant la demeure. Chaque fois, il a lancé des menaces violentes envers son amie de coeur. À l'une des deux occasions, il aurait lancé, selon des témoins : « Tu n'as fait que causer ma perte, c'est de ta faute ce qui arrive ».

Il a finalement stationné son véhicule sur la rue Martel, située derrière la maison. Il y est entré par l'arrière. Ne connaissant pas ses intentions, mais craignant le pire, vu les antécédents de l'homme, les policiers de la Sûreté du Québec ont rapidement fait irruption dans le domicile et ont amorcé une discussion avec le suspect. Ils se sont toutefois rapidement aperçus que l'homme, qui était armé d'un couteau, n'avait pas l'intention de coopérer.

À un certain moment, le quadragénaire, agressif, s'est rué en direction des patrouilleurs, les obligeant à dégainer et faire feu. Ils ont atteint leur cible au thorax à deux reprises.

Le Cyrillois a été transporté à l'hôpital Sainte-Croix de Drummondville pour y soigner des blessures jugées graves. Il y est décédé un peu plus tard. L'un des policiers impliqués dans cette affaire a rencontré les ambulanciers afin d'être évalué.

Des membres de la famille de la victime, dont la petite-fille de la conjointe, auraient été présents sur les lieux lorsque les coups de feu ont été tirés, ils ont également été rencontrés afin que l'on vérifie leur état de santé mentale.

Six enquêteurs du Bureau des enquêtes indépendantes ont été mandatés afin de faire la lumière sur cet évènement et de déterminer si les policiers ont agi convenablement dans les circonstances. Ils ont passé une bonne partie du week-end à proximité de la résidence de la rue Saint-Jean-Baptiste.

Conformément au Règlement sur le déroulement des enquêtes du BEI, le Bureau a fait appel au Service de police de la ville de Montréal pour agir comme corps de police de soutien dans cette enquête.

La voisine de la victime, Mélissa Baron.... (Photo collaboration spéciale Éric Beaupré) - image 2.0

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La voisine de la victime, Mélissa Baron.

Photo collaboration spéciale Éric Beaupré

« On s'attendait à ce que ce genre de chose arrive »

Si Saint-Cyrille-de-Wendover est d'un naturel paisible, depuis quelques mois les voisins du 95 rue Saint-Jean-Baptiste ont eu leur lot de situations mouvementées.

Selon la voisine immédiate, Mélissa Baron, ce n'était pas la première fois que les policiers devaient intervenir auprès de la victime. Elle a été témoin d'un épisode de violence conjugale en octobre et d'un autre il y a environ un mois. Lors de ce dernier événement, les autorités ont trouvé le quadragénaire nu dans son bain, un couteau à la main, menaçant de s'ouvrir les veines.

« Il y avait souvent de la violence conjugale dans leur famille. Ils venaient frapper à ma porte, confie-t-elle. Lors du dernier événement, il avait été hospitalisé pour une nuit et était sorti le lendemain. Sa conjointe m'a dit qu'il ne prenait pas ses médicaments. Il faut dire qu'il avait un tempérament très explosif. Même avec les enfants, ce n'était pas toujours joyeux. Disons qu'on s'attendait à ce que ce genre de chose arrive », affirme-t-elle.

La conjointe de la victime oeuvrerait dans un domaine relié à la psychiatrie.

Puisque les policiers de la Sûreté du Québec ont été impliqués dans la mort d'un homme, l'enquête a été confiée au Bureau des enquêtes indépendantes et au Service de police de la Ville de Montréal.

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