Embellir la ville à ses frais

Claude Roussel a fait peindre une murale sur... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Claude Roussel a fait peindre une murale sur l'édifice dont il est propriétaire (392 rue Alexandre) sans aucune aide de la Ville, simplement par désir d'embellir Sherbrooke. La murale a été peinte par Nicolas Lareau (à gauche).

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Alors que les murales se multiplient à Sherbrooke, notamment grâce au comité tags et graffitis mis sur pied par la Ville, Claude Roussel, propriétaire du bâtiment abritant le Bazar Natoutprix sur la rue Alexandre, a décidé de financer lui-même la réalisation d'une immense oeuvre sur la façade de son immeuble. Sa motivation? Tout simplement « d'embellir la ville », affirme-t-il.

« Je pense qu'il ne faut pas toujours demander ce que la Ville peut faire pour nous, mais aussi se demander ce qu'on peut faire pour elle », fait valoir le propriétaire, qui avoue que les murales subventionnées par la Ville ont eu un certain effet d'entraînement sur lui.

En tant que collectionneur d'art et sculpteur - c'est d'ailleurs à lui que l'on doit l'inukshuk trônant devant la Maison Aube-Lumière - Claude Roussel possède une sensibilité toute particulière pour l'art et le multiculturalisme.

Il souhaitait donc que la nouvelle murale en cours de réalisation reflète cette ouverture sur le monde qu'il valorise tant, tout en incluant la culture autochtone, qu'il connait bien pour l'avoir incorporée dans la plupart de ses oeuvres.

« J'étais en train de faire des réparations quand Nicolas [Lareau] m'a approché et m'a dit qu'il pourrait faire quelque chose sur mon mur, raconte-t-il. Comme il revenait de passer trois mois en Afrique, ça l'a inspiré et c'est pour ça qu'on retrouve une femme africaine et un lion sur la murale. »

« C'est très important pour moi que l'on s'ouvre aux autres cultures, parce que je pense qu'on a à apprendre de tout le monde, alors j'ai trouvé que c'était une bonne idée, poursuit-il. La murale n'est pas terminée, mais il y aurait probablement des inukshuks de chaque côté du thème africain. »

Le visage de l'Africaine et celui du redoutable félin sont superposés à un paysage intergalactique, où l'on distingue notre planète en arrière-plan. Au centre, des lettres s'entremêlent dans un graffiti représentant la signature de l'artiste, Nicolas Lareau, qui ne révèle pas son nom de graffeur, mais assure que les « avertis » le reconnaîtront.

« Si tu regardes tout ce qui est fait avec la peinture en aérosol entre Galt et King, c'est beaucoup des tags et des graffitis, mais Claude a décidé d'utiliser le potentiel des jeunes qui font du graffiti pour leur permettre de faire une murale où ils vont avoir le temps de s'exprimer, où ils ne le feront pas à la sauvette, et c'est un beau projet comme ça que ça donne », mentionne le muraliste.

« J'espère que ce projet-là pourra inspirer d'autres commerçants à encourager les artistes de la région », conclut M. Lareau en soulignant que d'autres murales ont déjà été réalisées à Sherbrooke grâce à des fonds privés, dont celles sur la façade de Pétrole Sherbrooke et du restaurant Super Pita.

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