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Plan d'urbanisme à Austin : un citoyen demande à la MRC d'intervenir

Jacques Demers, préfet de la MRC de Memphrémagog...

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Jacques Demers, préfet de la MRC de Memphrémagog et maire de Sainte-Catherine-de-Hatley

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Bataillant depuis plusieurs semaines pour empêcher l'entrée en vigueur d'un nouveau plan d'urbanisme à Austin, le citoyen Michel Morin interpelle maintenant la MRC de Memphrémagog pour qu'elle intervienne dans le dossier.

Dans une lettre envoyée au préfet et aux 17 membres du conseil des maires, puis en personne à l'assemblée publique de la MRC mercredi, M. Morin leur demande « de refuser de procéder, pour l'instant, à l'analyse de conformité au schéma d'aménagement » de la MRC de Memphrémagog, parce que la municipalité d'Austin aurait mal informé ses citoyens à l'étape de l'assemblée de consultation, selon lui.

M. Morin va plus loin en réclamant que la MRC exige d'Austin qu'elle refasse ses devoirs en produisant des documents montrant clairement l'impact des changements proposés dans le plan d'urbanisme sur le développement de la municipalité et en convoquant dans les dix jours une nouvelle assemblée de consultation.

« Ma prétention, c'est qu'avant de se prononcer sur la conformité du plan, les maires devraient étudier le processus de consultation qui a précédé », explique Michel Morin.

« Il y a de bonnes choses dans le plan d'urbanisme, mais le problème, c'est que la Municipalité n'a pas informé ses citoyens comme elle aurait dû le faire. »

Le principal reproche que M. Morin formule à l'égard du plan d'urbanisme et des nombreux règlements qui l'accompagnent, c'est d'ouvrir la porte à la construction de maison sur des parcelles de 3000 m2, alors qu'Austin exigeait depuis 2000 des lots d'au moins 8000 m2.

Cela concernerait environ la moitié du territoire encore constructible à Austin, soit 15 % du territoire total. En extrapolant différentes données, M. Morin est arrivé à un potentiel de plus de 1000 nouvelles maisons, dans une municipalité qui compte 3646 citoyens, dont 1650 résidents permanents.

« Si on a 1000 nouvelles maisons à Austin construites en grappes, ce ne sera plus le même Austin. Et ça ne concerne pas seulement Austin, ça doit interpeller toute la région de l'Estrie. » Parce que d'autres municipalités pourraient être tentées d'emprunter la même avenue, craint-il. « On ne vient pas à la campagne pour se penser en ville! »

Le préfet de la MRC de Memphrémagog et maire de Sainte-Catherine-de-Hatley Jacques Demers n'évalue pas de la même façon ce potentiel de développement. Sa municipalité compte un secteur loti selon ce principe de grappe, avec des lots de 3000 m2, mais il fait valoir qu'avec l'obligation de préserver un terrain pour usage collectif et de gérer en commun le traitement des eaux usées, cela revient à construire sur plus grand. Pour le maire Demers, cette formule n'a donc pas un si grand impact sur la densité de population d'un secteur.

Quoi qu'il en soit, à titre de préfet il rappelle que le rôle de la MRC se limite à vérifier que le plan d'urbanisme d'Austin est conforme au schéma d'aménagement de la MRC.

C'est le comité d'aménagement de la MRC qui traitera la demande d'Austin et qui fera sa recommandation au conseil des maires.

« Il faudra juger sur ce que la municipalité nous envoie comme demande et non pas sur ce qu'un citoyen nous présente comme extrapolation », prévient M. Demers.

« La MRC n'a ni le pouvoir ni le droit de considérer l'opportunité ou la légalité des procédures réglementaires entreprises par une municipalité locale. Elle ne peut refuser d'approuver un règlement pour des motifs de cette nature », a également répondu à M. Morin le directeur général de la MRC Guy Jauron.

Michel Morin rétorque à cela qu'en fermant les yeux « sur ce qui s'est passé à Austin », le conseil des maires envoie la « recette » aux autres maires que pour faire passer sans problèmes et sans contestation un plan d'urbanisme, il suffit de soustraire les informations « sensibles » lors de sa présentation aux citoyens.

Quant à la mairesse d'Austin, Lisette Maillé, elle s'est dite tout à fait à l'aise avec le processus qui a mené à l'adoption du plan d'urbanisme, à l'unanimité, le 4 juillet dernier.

« Qu'un citoyen ne soit pas d'accord, c'est une chose. Mais notre plan d'urbanisme a été longuement réfléchi à partir des demandes issues de notre planification stratégique. On a été conseillés par un avocat et on n'a aucune crainte sur le processus que nous avons suivi. Nous on avance avec ça. On garde le cap. »

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