Un tract vise la mosquée A'Rahman

Le tract qui associe la mosquée A'Rahaman à... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Le tract qui associe la mosquée A'Rahaman à l'organisation des Frères musulmans a été distribué dans plusieurs boîtes aux lettres du quartier Ouest de Sherbrooke, dans les environs de la mosquée.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) La police de Sherbrooke a ouvert une enquête entourant la distribution d'un tract qui associe la mosquée A'Rahman de la rue Massé à l'organisation islamique radicale des Frères musulmans. Le tract a été déposé dans plusieurs boîtes aux lettres du quartier Ouest, là où se trouve la mosquée qu'occupe l'Association culturelle islamique de l'Estrie (ACIE).

Un tract quasi identique a aussi été distribué dans les rues de Lévis au début du mois d'août. Tout comme à Sherbrooke, on y dénonce les liens entre la Salle de prière musulmane de Lévis et l'organisation des Frères musulmans.

Or, tant du côté de l'ACIE que de la Salle de prière musulmane de Lévis, les responsables nient vigoureusement les allégations faites par l'auteur du tract qui se présente sous le pseudonyme de « Le Réveil ».

« Nous n'avons aucun lien, soyez-en sûr et certain (avec les Frères musulmans). Ni par le passé ni aujourd'hui », a réagi Hafid Aggouram, président de l'ACIE, après avoir pris connaissance du tract. Celui-ci indique que l'ACIE a déposé une plainte auprès du Service de police de Sherbrooke (SPS) dès qu'elle a pris connaissance du contenu du tract.

« Comme j'étais à l'étranger lorsque nous avons reçu le tract, c'est notre imam ainsi que notre ancien président, Mohamed Kounna, qui se sont rendus au poste de police pour porter plainte. Nous attendons ce que la police va faire. Si elle arrête des gens, nous allons peut-être porter plainte pour diffamation », a indiqué M. Aggouram.

Au Service de police de Sherbrooke, le relationniste Martin Carrier confirme que la Division des enquêtes criminelles a ouvert un dossier à ce sujet, mais refuse d'identifier les plaignants.

« Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a une enquête qui a été ouverte. Nous avons reçu de l'information de plusieurs personnes. Nous sommes en train de déterminer s'il y a un acte criminel lié à tout ça, comme par exemple des menaces. Pour l'instant, c'est la Division des enquêtes criminelles qui mène le dossier. »

Liens

Intitulé « La mosquée a'Rahman de Sherbrooke propage-t-elle la paix et l'amour ? » le feuillet reproche à l'ACIE « son penchant pour l'islam radical » en raison de son implication dans plusieurs causes ou organisations liées aux Frères musulmans. Parmi celles-ci, on cite ses liens reconnus avec l'Islamic Society of North America (ISNA), que l'auteur décrit comme « l'une des plus importantes organisations du réseau nord-américain des Frères musulmans ».

On rappelle également que l'ACIE faisait partie des signataires qui, en septembre 2005, ont demandé à l'Assemblée nationale de ne pas adopter une motion condamnant les tribunaux islamiques, « ce qui n'est certainement pas le signe d'un islam modéré », écrit-on.

On reproche aussi à l'ACIE d'avoir transféré des fonds vers d'autres organisations liées aux Frères musulmans, telles que l'IRFAN et HCI, afin de financer le djihad.

Or, une telle affirmation ne tient pas la route, affirme M. Aggouram, qui soutient que l'ACIE se veut « tout à fait transparente » dans la façon de gérer les fonds qu'elle reçoit de ses membres..

« Nous aurions donc versé des fonds à l'IRFAN et l'Agence du revenu du Canada aurait fermé les yeux ? Voyons donc, ce n'est pas sérieux, s'insurge M. Aggouram. Pourquoi, avant de publier un tel tissu de mensonges, les auteurs ne sont pas venus nous voir ? Nous sommes prêts à répondre à toutes leurs questions. D'ailleurs, je les mets au défi de prouver ce qu'ils avancent. Nous sommes en mesure de répondre », a-t-il répété.

Pas tous des terroristes

Malgré les nombreux liens qu'il soulève à l'égard du terrorisme, l'auteur du tract insiste par ailleurs pour dire que « tous les musulmans ne sont pas terroristes. »

« Les musulmans démocrates et humanistes qui ne fréquentent pas les Frères musulmans et qui même combattent leur influence sont nos alliés et nos compatriotes à part entière. C'est pourquoi il est important de ne pas être islamophobe », prévient-on.

L'auteur conclut son pamphlet en reconnaissant que: « Selon nos lois actuelles, la mosquée a'Rahman de Sherbrooke a tout à fait le droit d'avoir pignon sur rue. Puisque nous sommes des gens civilisés, nous sommes contre toute forme d'attaque illégale, violente ou haineuse à son encontre. Mais les citoyens de Sherbrooke ont le droit de savoir ce que prône la confrérie des Frères musulmans qui s'incrustent dans leur communauté. »

Un deuxième tract fait surface

Un deuxième tract, dénonçant lui aussi « la montée de l'islam radical » est apparu vendredi dans les rues de Sherbrooke. Mais contrairement au tract précédent (voir autre texte), ce dernier ne s'attaque pas à la mosquée A'Rhamane, mais plutôt au radicalisme islamique dans son ensemble et de sa volonté « d'imposer la charia sur toutes autres lois ».

Alors que le tract distribué au début du mois était signé « Le Réveil », celui-ci est signé « La Meute ». Celle-ci se définit comme un « mouvement citoyen qui désire rassembler ceux qui sont inquiets pour l'avenir de nos enfants et de nos terres face à la montée de l'islam radical... ».

« Nous ne sommes pas une milice, une secte, un mouvement de l'extrême droite; ni ne sommes racistes, xénophobes, homophobes, misogynes ou islamophobes », écrivent-ils.

Le document appelle les citoyens « de toutes les cultures (musulmans inclus) à repousser les islamistes radicaux » en joignant les rangs de la Meute.

Celle-ci dit s'inquiéter des intentions des islamistes radicaux dont l'objectif, dit-elle, est « de mettre en place un système misogyne, homophobe, pédophile, barbare et archaïque, sous la tutelle d'un tribunal coranique... » Elle ajoute que « l'Europe est notre boule de cristal. Ce qu'elle vit, nous le vivrons si nous n'agissons pas. »

Contrairement au tract du Réveil, il a été impossible de savoir si la distribution d'un tel texte a fait l'objet d'une plainte auprès de la police.

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