Agir avant de penser pour éviter les agressions

La sensei Chantal Lepage avec Anik Desrosiers et... (SPECTRE MÉDIA, RENÉ MARQUIS)

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La sensei Chantal Lepage avec Anik Desrosiers et Dania Paradis-Bouffard.

SPECTRE MÉDIA, RENÉ MARQUIS

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Réussir à agir avant de penser afin d'éviter qu'une situation d'agression dégénère. La sensei Chantal Lepage de l'école Onnano autodéfense tente d'aider les femmes à développer une confiance en elles afin d'agir en amont des agressions dont elles peuvent être victimes.

«L'agression sexuelle est souvent une prise de pouvoir sur l'autre. Il faut faire en sorte que les femmes ne laissent pas un agresseur prendre le dessus. Les femmes doivent se faire confiance et agir afin que le mouvement de défense sorte avant que la peur prenne le dessus. Cette confiance peut aussi servir dans toutes les facettes de la vie», indique Chantal Lepage.Régulièrement Chantal Lepage reçoit les confidences d'élèves qui se sont servis des réflexes développés dans des situations qui auraient pu dégénérer.

«Un homme qui se fait trop insistant peut utiliser la force pour obtenir ce qu'il souhaite. Avec l'autodéfense, une femme peut réussir à se sortir de cette situation qui peut dégénérer et remettre le garçon à sa place. Souvent, le service est rendu tant à la femme qu'à celui qui tente de commettre des gestes qu'il pourrait peut-être regretter. J'aide mes élèves à développer des automatismes pour se dégager de situations problématiques par des techniques simples et efficaces», soutient Chantal Lepage.

Chantal Lepage propose des cours d'autodéfense depuis une quinzaine d'années à Sherbrooke par l'entremise de son école Onnano autodéfense.Elle en ofrre aussi au Collège Sacré-Coeur et au Collège du Mont-Notre-Dame,

«C'est certain que l'affaire Julie Boisvenu en 2002 a créé une grande demande en matière de cours d'autodéfense. Mais l'autodéfense n'est pas basée uniquement sur les arts martiaux. Il y a aussi de l'autoprotection. L'objectif demeure que les femmes puissent vivre plus librement en apprenant à se protéger», explique Chantal Lepage.

Chantal Lepage donne des cours aux victimes d'agressions sexuelles dans le cadre du programme IVAC (Indemnisation des victimes d'actes criminels).

«Le vécu de chaque femme est différent. Je prends le temps de parler avec elles, de ce qu'elles vivent. L'autodéfense permet à des femmes qui ne sortaient plus de chez elle de reprendre le pouvoir sur leur vie. Elles réussissent à retrouver leur confiance», indique Chantal Lepage.

Selon elle, certaines périodes comme l'été ou la rentrée scolaire sont des moments où il survient davantage de situations problématiques.

Au Centre d'aide et de lutte aux agressions à caractère sexuel (CALACS)-Agression Estrie indique que les demandes d'aide ont connu une hausse de 2014 à 2015.

«Une hausse des demandes ne veut pas nécessairement dire qu'il y a eu plus d'agression sexuelle, c'est peut-être aussi causé par le fait que plus de personnes viennent chercher de l'aide. Plus de 90 pour cent des agressions sexuelles ne sont pas dénoncées à la police, mais ça ne veut pas dire que les victimes n'en parlent pas», explique la porte-parole du CALACS-Agression Estrie, Annie Ouellet.

Elle convient que les cours d'autodéfense font partie de l'éventail des outils de prévention, mais que ce n'est pas le seul.

«Nous voulons aussi responsabiliser les hommes. Ce n'est pas aux femmes de porter tout le poids. Si certaines femmes en ressentent le besoin, des cours d'autodéfense peuvent être bénéfiques», mentionne Annie Ouellet du CALACS-Agression-Estrie.

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