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Centre de réadaptation : des employés touchés par des réductions d'heures de travail

Des compressions au Centre de réadaptation de l'Estrie... (Spectre Média, René Marquis)

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Des compressions au Centre de réadaptation de l'Estrie se traduisent par des semaines de travail réduites pour environ cinq employés, principalement des ergothérapeutes et des techniciens en réadaptation physique.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) en Estrie dénonce vivement les compressions qui se traduisent actuellement « en abolition de postes et d'affectations et en surcroit de travail » au Centre de réadaptation de l'Estrie (CRE) et qui limiteront significativement les services à la population.

Lors d'une rencontre avec des chefs de services jeudi dernier, certains employés qui travaillent à temps plein depuis plus de six ans ont appris que leur semaine de travail serait diminuée de cinq à deux jours. D'autres, qu'ils perdraient leur emploi. Ces mesures touchent environ cinq employés, principalement des ergothérapeutes et des techniciens en réadaptation physique, selon l'APTS.

« Leurs patients sont des blessés orthopédiques graves, c'est-à-dire des victimes d'accidents de la route ou des blessés relevant de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Il s'agit d'une clientèle qui nécessite des soins aigus et avec une grande intensité », note le responsable de l'APTS en Estrie, Emmanuel Breton, précisant que les chefs de services ont demandé aux employés de soumettre leur jugement clinique au contexte budgétaire en invitant « chacun à revoir les priorités cliniques pour l'ensemble de ses dossiers, c'est-à-dire valider si certains dossiers peuvent être complétés ou diminués en intensité ou sinon combinés avec un autre usager ».

« Ces exemples concrets illustrent bien à quel point les coupes sauvages et sans distinction imposées par le ministre Barrette ont des répercussions directes sur les services à la population. Dans un courriel adressé à ses employés, un gestionnaire a confirmé que la direction était informée de l'impact de ces décisions sur la clientèle. Je suis outré et choqué que de tels propos soient tenus lorsqu'il est question de services directs, spécialisés et nécessaires à une population qui en a grandement besoin, et y a droit », affirme M. Breton.

Dans ce même courriel adressé aux employés, le chef de service souligne qu'« il est possible que vous soyez davantage questionnés sur votre intensité de services et les mandats que vous réalisez auprès des usagers » et confirme que « les diminutions de journées en ergo et physio sont faites en raison du contexte budgétaire ».

De l'avis de l'APTS, les effets de ces coupes iront en s'intensifiant et la population sherbrookoise fera les frais des diktats financiers imposés par le ministre de la Santé et les dirigeants du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie-CHUS. « On exige depuis plusieurs années que les professionnels en santé et services sociaux en fassent plus avec moins. S'attaquer comme on le fait présentement à leur autonomie professionnelle et à leur jugement clinique, c'est insidieux, voire méprisant pour nos membres qui se dévouent auprès des patients », s'indigne Emmanuel Breton qui ajoute que la multiplication des réformes majeures, combinée aux compressions de 67 M$ sur deux ans dans les établissements estriens, fragilise l'équilibre précaire qui règne au sein des équipes de travail.

« Le gouvernement n'a reçu aucun mandat pour diminuer les soins à la population, ajoute le représentant de l'APTS. Il est temps d'arrêter tous ces chambardements et de mettre résolument le cap sur les services publics », conclut le responsable de l'APTS qui représente plus de 2300 personnes sur le territoire de l'Estrie.

« Aucun lien avec les compressions budgétaires »

« La réduction d'effectifs dont on parle aujourd'hui n'est pas une réduction de postes, mais bien une réduction de nombre de jours de travail occupés par des personnes ayant un statut de temps partiel occasionnel ou en surcroît », précise Mario Morand, directeur des programmes déficience intellectuelle, trouble du spectre de l'autisme et déficience physique au CIUSSS de l'Estrie - CHUS.

La réduction équivaut à 18 jours de travail par semaine au service de traumatologie pour des titres d'emploi de coordonnateur clinique, éducateur spécialisé, ergothérapeute, physiothérapeute, travailleur social et kinésiologue.

« Cette réduction n'a aucun lien avec les compressions budgétaires ni la directive de réduction des dépenses de 1 % demandée aux gestionnaires. Elle fait suite à la diminution depuis quelques années du nombre d'accidentés de la route et donc, à la diminution du financement de la Société de l'assurance automobile du Québec pour offrir des services à cette clientèle. Les services sont toujours ajustés aux besoins des clientèles financés par la SAAQ ou la CSST », note M Morand qui indique que cette décision a été prise par souci d'équité envers les différents services offerts par le Centre de réadaptation de l'Estrie (CRE). « Le maintien du personnel en place sans financement alors que la clientèle aux prises avec des problèmes orthopédiques graves est en diminution nous apparaît peu pertinent puisque dans d'autres secteurs de notre direction il y a des listes d'attente », résume le directeur des programmes.

« Nous regardons les besoins dans leur ensemble pour réorganiser les services et attribuer les ressources là où la demande est grandissante », ajoute M. Morand.

Lorsque La Tribune demande si le département d'orthophonie pourrait profiter de cette marge de manoeuvre, M. Morand ne promet rien.

« Si on conserve cette marge de manoeuvre, elle pourrait être utilisée pour l'ajout de ressources différentes ou l'utilisation des mêmes ressources qui seraient redirigées vers un autre secteur », se contente-t-il d'affirmer.

Rappelons que le CRE annonçait en début d'année que le nombre maximal de rencontres en orthophonie pour les enfants de 5 ans ayant un profil prioritaire passait de 20 à 15 en 2015-2016 compte tenu du nombre important d'enfants de cet âge devant recevoir ce service.

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