« Que la maison Albatros ouvre les yeux à ses limites »

Suzanne Nadeau-Whissell dénonce le fait qu'un patient ait... (Archives, La Tribune)

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Suzanne Nadeau-Whissell dénonce le fait qu'un patient ait été transféré au centre hospitalier après qu'il eut fait une demande d'aide à mourir auprès de la maison de soins palliatifs qui l'hébergeait.

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(Sherbrooke) Suzanne Nadeau-Whissell est révoltée par le fait qu'un patient d'une maison de soins palliatifs de Trois-Rivières ait dû être transféré à l'hôpital après avoir formulé une demande d'aide à mourir.

Les faits se sont déroulés cet été à la Maison Albatros de Trois-Rivières, un établissement de soins palliatifs qui n'offre pas l'aide médicale à mourir. Le patient a été redirigé vers le centre hospitalier de la région, conformément à la procédure légale.

« J'ai le feu au derrière! » note l'infirmière à la retraite atteinte de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), bien connue pour militer en faveur des soins de fin de vie.

Dans le reportage de Radio-Canada publié mercredi matin, la direction de la Maison Albatros explique que « la majorité des membres du personnel ont été ébranlés par la demande du patient », un patient auquel ils s'étaient attachés.

« Ç'a été traumatisant pour le personnel de l'Albatros de recevoir une demande d'aide à mourir! Et le patient lui? S'il a changé d'idée, c'est qu'il n'était pas soulagé par les soins! Il faut quand même que ces maisons de soins palliatifs se réveillent! Yoooohoooo! Chères maisons de soins palliatifs, certains problèmes ne peuvent pas être résolus. Vous devez vous rendre compte que malgré vos excellents soins, vous ne pouvez pas contrôler la douleur physique et psychologique de tous. (...) Que la maison Albatros ouvre les yeux à ses limites en soins palliatifs. Qu'elle accepte son impuissance. Qu'elle pense au patient avant tout », ajoute Mme Nadeau-Whissell qui a pris le temps de lire la description de la mission de la Maison Albatros.

« La mission du Mouvement Albatros est d'accompagner jusqu'en fin de vie et sans discrimination d'aucune sorte, les personnes atteintes de maladies graves en soins palliatifs ou en fin de vie et ce, dès l'annonce du diagnostic. Oups! Et si le patient décide que malgré les bons soins il n'en peut plus de cette douleur physique et psychologique, l'Albatros le met à la porte! » s'insurge l'ancienne infirmière qui a surtout travaillé aux soins intensifs et palliatifs au cours de sa carrière de 35 ans.

Rappelons que 16 demandes d'aide médicale à mourir ont été formulées dans la région de l'Estrie entre le 10 décembre 2015, date d'entrée en vigueur de la Loi, et le 10 juin dernier, date du rapport annuel du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l'Estrie - Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS). Parmi celles-ci, 12 ont été administrées.

Les 12 aides médicales à mourir ont été exécutées dans un délai d'environ une semaine suivant la demande officielle du patient, le temps qu'au moins deux médecins procèdent à son évaluation.

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