Allergie au saumon: le serveur était «vraiment bouleversé»

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Les autorités ont recueilli la version des événements de la part du serveur qui aurait servi un tartare de saumon à un client allergique en mai dernier dans un restaurant de Sherbrooke et tous les éléments pour reconstituer les événements.

Selon le rapport de la perquisition réalisée par le Service de police de Sherbrooke du restaurant Le Tapageur, des lettres descriptives du serveur et du cuisinier qui travaillaient le soir des événements du 29 mai ont été saisies. La détective de la division des enquêtes du SPS a aussi obtenu le DVD des images de la caméra de surveillance du restaurant de même que la facture de 74,11 $ émise à la victime alléguée lors des événements.

Ces éléments seront analysés par un procureur de la direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui déterminera s'il y a lieu de porter ou non des accusations de négligence criminelle dans cette affaire.

Les motifs au soutien du mandat de perquisition résument les faits relatés en exclusivité à La Tribune par la victime alléguée, Simon-Pierre Canuel.

Le serveur avisé de l'allergie

« Lors de ma commande pour le repas, j'ai avisé le serveur qui nous était attitré de mon allergie alimentaire sévère aux fruits de mer ainsi qu'au saumon. Je lui ai précisé d'aviser le cuisinier de changer les ustensiles et de faire mon plat à part pour éviter toute contamination. Le serveur a répété à haute voix la commande, mais n'a pris aucune note », relate la détective du SPS dans les motifs au soutien du mandat de perquisition à partir de la déclaration de Simon-Pierre Canuel.

La déposition de la victime alléguée indique qu'il a vu le serveur aller à l'ordinateur entrer la commande et se rendre à une table « qui semblait être avec des amis et prendre un ou deux shooters avec eux ».

Simon-Pierre Canuel témoigne avoir reçu la commande du serveur qui aurait mentionné « tartare » dans une ambiance tamisée.

« Lorsque j'ai avalé le tout, j'ai dit : "Ce n'est pas du tartare de boeuf ça". Nous avons immédiatement avisé le serveur que le tartare était un tartare de saumon. Le serveur s'est excusé et a pris l'assiette pour l'échanger contre un tartare de boeuf. »

Fortement allergique, l'homme dit être resté cinq jours à l'hôpital.

« La première fois »

« C'est la première fois que j'ai un problème au restaurant concernant mes allergies, mentionne Simon-Pierre Canuel dans la déclaration du plaignant. Habituellement, tout est respecté. Lorsqu'il y a un risque quelconque, le serveur m'informe et je ne prends aucun risque. »

La déclaration du conjoint de M. Canuel corrobore sa version.

« Environ cinq minutes après, M. Canuel s'est mis à réagir. Il avait des difficultés respiratoires. Il disait que sa langue et sa gorge piquaient et que sa langue enflait », rapporte de son côté le conjoint de la victime alléguée, qui est résident en médecine.

« Le serveur était vraiment bouleversé », témoigne une pneumologue

Ce dernier a pris en charge son conjoint en compagnie d'une pneumologue présente sur place.

« J'étais attablée avec mon conjoint lorsque le serveur est venu nous voir pour nous demander si nous avions en notre possession un Épipen, témoigne la pneumologue dans sa déclaration. Je me suis donc approchée pour lui donner les premiers soins. Je l'ai allongé au sol et je lui ai fait une manoeuvre qui se nomme "jaw thrust". C'est une subluxation de la mâchoire pour lui permettre un dégagement des voies respiratoires. À l'arrivée des ambulanciers, l'homme avait un pouls et respirait avec stridor (bruit inspiratoire témoignant d'une obstruction des voies respiratoires supérieures) ».

La pneumologue témoigne n'avoir rien remarqué d'anormal dans l'attitude du serveur avant l'événement.

« Cependant, après le transport en ambulance, il était vraiment bouleversé. Il me répétait qu'il n'aurait pas su quoi faire sans moi. Il était blanc et tremblant », rapporte la version de cette témoin dans les motifs raisonnables au soutien de la demande de mandat de perquisition effectué le 2 août.

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