Une bonne leçon de persévérance

Après avoir investi personnellement dans le projet, Caroline... (Spectre média, André Vuillemin)

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Après avoir investi personnellement dans le projet, Caroline Tanguay s'est aussi lancée à la recherche de partenaires financiers, appuyée par les parents d'élèves désireux de voir l'oeuvre aboutir. Elle espère maintenant que ses élèves pourront fouler le tapis rouge quelque part cet automne.

Spectre média, André Vuillemin

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(Sherbrooke) Lorsque l'enseignante Caroline Tanguay a décidé de faire un film avec ses élèves ayant un trouble du spectre de l'autisme (TSA), jamais elle n'aurait pensé se lancer dans une telle aventure, parsemée d'une kyrielle d'embûches. D'innombrables heures de travail et d'argent investi plus tard, l'enseignante de Soleil-Levant a néanmoins donné une bonne leçon de persévérance et de détermination à ses élèves.

La Tribune s'était rendue dans sa classe à la fin juin, rencontrer les jeunes artisans de Guiby, le film. À ce moment, l'équipe caressait une première en septembre. Des erreurs de tournage et des changements dans l'équipe, entre autres, ont forcé l'enseignante qui ne connaissait rien au cinéma à revoir ses échéanciers.

« On a changé deux fois de producteur. On en est au troisième, ce n'est pas lui qui a fait le tournage », lance-t-elle en citant toute une série d'embûches.

Après avoir investi personnellement dans le projet, Caroline Tanguay s'est aussi lancée à la recherche de partenaires financiers, appuyée par les parents d'élèves désireux de voir l'oeuvre aboutir. Elle espère maintenant que ses élèves pourront fouler le tapis rouge quelque part cet automne.

À l'origine, ce sont les neuf élèves qui étaient dans la classe de Mme Tanguay l'an passé, alors qu'elle était toujours enseignante à l'école primaire Sainte-Anne, qui ont donné vie à la bande dessinée Guiby le super bébé de Sampar. Le projet, né dans le local débordant de livres de Caroline Tanguay, a rapidement débordé à l'extérieur des heures de classe. Plusieurs scènes de tournage (qui aura nécessité une quarantaine d'heures) avaient eu lieu lors des congés et des fins de semaine. Les enfants étaient alors âgés entre sept et douze ans.

Depuis, certains des élèves de l'enseignante ont quitté le groupe pour aller au secondaire. « On est resté en contact. » Caroline Tanguay a également changé d'école à la fin de l'année passée, pour suivre ses grands à Soleil-Levant.

Le film est en cours de montage. Ces jours-ci, ceux et celles qui suivent l'initiative sur Facebook ont pu voir un extrait du film, apparu après quelque 400 « j'aime » sur la page.

« Les élèves ont participé au montage, ils ont vu les effets spéciaux », raconte l'enseignante. Après avoir passé beaucoup de temps avec le monteur Samuel Girard, ils ont découvert que la patience était de mise. « Ils ont demandé au monteur combien de temps ils ont fait (de séquence de film en faisant le montage). Il a répondu... une seconde ! »

« Personne n'était conscient de l'ampleur de la tâche. Je continue de dire qu'il n'y a rien d'impossible », dit celle qui a aussi appris dans toute cette histoire.

Pour les enfants, l'échéancier demeure abstrait.

« Ce qu'ils ont gardé, c'est propre à chacun. Une gestion des émotions, la conscience de l'autre... » énumère celle qui mène aussi une maîtrise de front. Le projet, son plus grand en carrière, a permis d'amener une série de petites victoires à travers les difficultés. « J'ai un élève qui faisait plein de crises. À partir du moment où il a commencé le tournage, il a arrêté. »

« C'est un super projet. Je le referais absolument. Me suis-je trouvée folle ? Oui ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? » lance-t-elle en riant.

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