Recherche agricole : un bioréacteur unique au Canada

L'acquisition d'un bioréacteur a été annoncée jeudi matin... (Spectre Média, Maxime Picard)

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L'acquisition d'un bioréacteur a été annoncée jeudi matin au Centre de recherche et de développement d'Agriculture et Agroalimentaire Canada. Devant les employés du Centre, de gauche à droite : Denis Petitclerc, dg du Centre, Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie, Jean-Claude Poissant, secrétaire parlementaire du ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire et Alain Houde, directeur intérimaire du Centre.

Spectre Média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) Le jour où la production laitière et porcine n'aura plus aucun impact sur l'environnement n'est peut-être pas si loin... C'est du moins l'un des objectifs qu'entend poursuivre le Centre de recherche et de développement d'Agriculture et Agroalimentaire Canada de Sherbrooke en faisant l'acquisition d'un bioréacteur capable de transformer les matières organiques à basse température.

Car contrairement aux bioréacteurs conventionnels, qui fonctionnent à des températures plus élevées, celui du Centre de recherche situé dans le secteur de Lennoxville a été conçu de façon à transformer les déchets agricoles à des températures oscillant entre 5 et 25 degrés Celsius. À de telles températures, la bioréaction produit moins de gaz à effet de serre (GES) avec moins d'énergie.

Acquis au coût de 1,5 M$, l'équipement fonctionnera à partir d'un procédé conçu par l'équipe du chercheur sherbrookois Daniel Massé et servira de vitrine technologique aux producteurs laitiers et porcins du Canada.

« Ce qui est unique, c'est que le processus de décomposition a été conçu expressément pour le climat froid du Canada », explique le directeur général du CRD de Sherbrooke, Denis Petitclerc.

« Grâce à ce bioréacteur, on veut développer des technologies qui vont permettre à des productions intensives, comme le lait et le porc, d'être rentables, tout en étant respectueuses de la santé et du bien-être des animaux tout en ayant un impact environnemental minime, sinon nul », avance M. Petitclerc, qui voit dans ce procédé des débouchés vers d'autres pays nordiques.

Trois types de composés

Une fois en opération, le bioréacteur produira trois types de composés: solide, gazeux et liquide.

La partie solide, explique M. Petitclerc, sera très riche en phosphore, un fertilisant qui servira aux producteurs à amender leurs champs. « Et contrairement au fumier, notre composé solide ne dégagera aucune odeur. De plus, il n'y aura pas de mauvaises herbes, qui obligent les producteurs à utiliser des pesticides », précise M. Petitclerc.

Pour ce qui est du gaz, essentiellement du méthane, celui-ci servira à alimenter le chauffe-eau du centre laitier. « Cela va représenter de grosses économies sur notre facture d'énergie », estime le directeur général.

Le composé liquide, quant à lui, fera l'objet de recherches afin de le valoriser dans une perspective environnementale.

L'annonce de cet investissement a été faite jeudi matin par la ministre du Développement international et de la Francophonie et députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, en compagnie du secrétaire parlementaire du ministère de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire et député de La Prairie, Jean-Claude Poissant.

Cet investissement, a indiqué Mme Bibeau, fait partie de l'enveloppe de 37,6 M$ annoncée lors du dernier budget fédéral afin de moderniser les centres de recherche en agriculture à travers le Canada.

« On est choyé d'avoir un centre de recherche à Sherbrooke qui vient appuyer nos producteurs et qui va leur permettre d'innover et d'avoir des productions plus efficaces et plus respectueuses pour l'environnement. ».

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