Tartare de saumon: des accusations probables, dit un expert

Il serait étonnant que la Couronne décide de ne pas porter d'accusations à... (Photo 123RF)

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(SHERBROOKE) Il serait étonnant que la Couronne décide de ne pas porter d'accusations à l'endroit du serveur de 22 ans qui a failli causer la mort d'un client en lui servant un tartare de saumon au restaurant Le Tapageur.

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Simon Roy

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C'est l'opinion que formule Simon Roy, professeur de droit à l'Université de Sherbrooke. « La question qui se pose, c'est si la victime a vraiment averti le serveur de son allergie ou non avant la commande, dit-il. Si la Couronne réussit à prouver hors de tout doute raisonnable que c'est le cas, ça va être difficile de défendre le serveur. (...) Moi, être procureur de la Couronne, je porterais des accusations. »

« Si un client dit qu'il est gravement allergique à un aliment, le serveur ne peut pas se tromper, poursuit-il. Dans sa journée, le serveur va peut-être avoir deux ou trois clients comme ça, mais il faut qu'il redouble de prudence dans ces cas-là. Si vous allez à l'hôpital, que vous dites que vous êtes allergique à la pénicilline et qu'on vous donne de la pénicilline, il n'y a aucun doute dans l'esprit de tout le monde que ça ne marche pas, et c'est la même chose au restaurant. »

«Peu importe si le client avait son EpiPen ou pas, la négligence est là.»


Même si la victime, Simon-Pierre Canuel, n'avait pas son EpiPen sur lui ce soir-là, Simon Roy considère que le serveur n'est pas moins fautif.

« Peu importe si le client avait son EpiPen ou pas, la négligence est là, affirme-t-il. À partir du moment où le serveur n'a pas fait son travail, il ne peut pas dire que c'est la faute de l'autre. Si l'adrénaline avait été injectée au client, ça ne se serait peut-être pas rendu où ça s'est rendu, mais il y aurait quand même eu des séquelles pour la personne, par exemple un stress important ou des effets secondaires. »

« C'est comme dire : la personne que j'ai frappée est morte, mais c'est parce qu'elle avait 92 ans. Vous prenez votre victime dans l'état où elle est : si vous tombez sur quelqu'un qui est plus fragile, c'est plate pour vous, mais c'est comme ça. »

Le professeur de droit estime que le jeune serveur risque d'être accusé de négligence criminelle causant des lésions corporelles.

« La peine maximale pour ça, c'est dix ans d'emprisonnement, étant donné que la personne n'est pas morte. Évidemment, ce n'est pas le genre de crime qui, habituellement, mérite beaucoup de prison, et parfois, il n'y en a même pas. Mais on parle quand même d'un casier judiciaire et de frais d'avocat en défense. Pour ce qui est de la poursuite civile, c'est probablement l'assureur du restaurant qui va ramasser ça. »

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