Changer le ministère de la Défense pour celui de la Paix

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La ministre Marie-Claude Bibeau tenait une première consultation mercredi à Sherbrooke.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Il est temps de redonner à l'armée canadienne ses lettres de noblesse en matière de maintien de la paix. Et un des premiers gestes que le gouvernement Trudeau devrait poser en ce sens est de renommer le ministère de la Défense nationale en ministère de la Paix.

Ottawa devrait du même coup valoriser davantage le rôle des militaires, en commençant par leur fournir de l'équipement convenant à leurs besoins et à leurs opérations.

L'esprit de l'ancien premier ministre canadien Lester B. Pearson devait flotter sur le campus de l'Université Bishop's mercredi matin lors de la séance de consultation menée par la députée et ministre Marie-Claude Bibeau lorsqu'il a été question de redéfinir le rôle de la Défense nationale.

Parmi la vingtaine de participants réunis autour de la table, le vice-président des Artistes pour la paix, Pierre Jasmin, a déposé un mémoire contenant 14 recommandations, dont celui de changer le nom et la vocation de l'actuel ministère de la Défense nationale pour celui de ministère de la Paix et de la Sécurité. Il a de plus dénoncé la décision «sauvage du gouvernement Harper» de ne plus faire partie de la coalition des Casques bleus de l'ONU, dont la création avait justement valu au premier ministre Pearson le prix Nobel de la Paix en 1957.

Traitement des militaires

Quelle que soit la vocation qu'il décide de donner à son ministère, le Canada aurait aussi avantage à valoriser davantage le rôle de ses militaires, selon Pascal Caron, qui s'est présenté comme le porte-parole du «militaire de rang». «Le rôle de nos militaires n'est pas assez valorisé, a-t-il déploré. On ne valorise pas assez l'engagement que font ces hommes et ces femmes, qui, au-delà des politiques, s'engagent d'abord et avant tout pour leur pays et pour les citoyens... »

Appuyant les propos de M. Caron, le docteur Jean Vincent Nootens a souligné le «manque de respect» du ministère envers ses militaires, notamment au chapitre de l'équipement. «On leur demande de travailler avec de l'équipement souvent désuet, a-t-il noté, soulignant au passage la piètre qualité des bottes dont la durée de vie excède «à peine deux semaines... »

Jean-Guy St-Gelais, de Ligue des cadets de l'armée canadienne, a pour sa part plaidé pour une révision de fond en comble du mode de hiérarchie des forces armées, qui relève du 18e siècle et dont la bureaucratie occupe aujourd'hui 50% des effectifs.

«C'est devenu tellement lourd que ça prend 48 heures avant de savoir si on peut faire appel à la réserve en cas de catastrophe. Il y aurait moyen à mon avis de dégraisser la machine pour la rendre plus efficace et plus productive», a souhaité M. St-Gelais.

Étudiante à l'Université Bishop's, Dominique Lavoie a pour sa part exprimé à la ministre Bibeau ses inquiétudes à l'égard du «terrorisme technologique» qu'elle considère comme «l'une des plus grandes menaces à la sécurité du pays.»

La ministre Bibeau lui a répondu que le Canada «est en train de développer une stratégie nationale et internationale sur le sujet», qui sera soumise à la consultation.

Réforme électorale

Les participants à cette consultation ont aussi reconnu la nécessité de réformer l'actuel mode de scrutin afin de le rendre plus représentatif.

Bien qu'il n'existe aucun système parfait, plusieurs participants ont déploré le fait que l'actuel mode de scrutin avait pour effet de favoriser le bipartisme, plutôt que l'émergence de nouveaux partis.

«Dans le système actuel, ceux qui sont dans l'opposition n'ont pas besoin d'être compétents; ils n'ont qu'à être patients», a illustré la citoyenne Pierrette Annie Marchand tout en rappelant que le Parti vert du Canada avait eu besoin de 600 000 voix avant de faire élire une première députée à la Chambre des communes.

Comme plus de 85% des pays dans le monde, le Canada aurait intérêt à adopter un mode de scrutin contenant une part de représentation proportionnelle, ont convenu les participants à la consultation.

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