Branle-bas de combat pour bien accueillir

Mercedes Orellana et Alain Haddad... (Archives, La Tribune)

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Mercedes Orellana et Alain Haddad

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<p>Alain Goupil</p>
Alain Goupil
La Tribune

(Sherbrooke) Alain Haddad ne cachait pas son désarroi lorsqu'il a appris, à 24 heures d'avis, l'arrivée d'une vingtaine de réfugiés irakiens et syriens. Non pas que la communauté syriaque orthodoxe qu'il préside n'était pas prête à les accueillir. Ce qui déconcertait M. Haddad, c'est plutôt que les délais entre l'annonce et l'arrivée des réfugiés semblent avoir fondu depuis la crise des migrants de l'hiver dernier.

« Avant, on nous avertissait entre 48 et 72 heures à l'avance avec tous les détails, par exemple combien il y aurait d'enfants, combien d'adultes, combien de personnes âgées, de personnes handicapées, etc. Maintenant, on le sait 24 heures d'avance, et sans beaucoup de détails. Je ne sais pas ce qui s'est passé au ministère (de l'Immigration), mais ça ne nous laisse pas beaucoup de temps pour nous virer de bord. Heureusement qu'on est bien organisé », se console le pharmacien bien connu, qui a piloté l'arrivée de tous les réfugiés syriens parrainés jusqu'ici par l'Église Saint-Éphrem.

La situation que décrit Alain Haddad est plausible, selon la directrice générale du Service d'aide aux Néo-Canadiens (SANC), Mercedes Orellana, qui doit elle aussi faire face à des délais d'accueil plus serrés depuis quelques mois.

Cela s'explique par le fait que le processus d'immigration est revenu à la normale après l'état de crise vécu pendant la période des Fêtes

À partir du moment où le Canada et le Québec ont accepté d'accueillir plus de réfugiés, plusieurs ministères ont été mis à contribution afin d'améliorer le processus d'accueil, explique Mme Orellana.

Outre le ministère de l'Immigration, ceux de la Santé et des Services sociaux ainsi que celui de l'Éducation ont été appelés à consacrer des ressources auprès des réfugiés.

« L'hiver dernier, il y avait un bureau de coordination à Montréal qui menait toute l'opération d'accueil, où tous les ministères concernés étaient représentés, explique Mme Orellana. Cela aidait beaucoup au processus d'accueil. Mais cette opération a pris fin en mars et depuis ce temps, on est revenu a processus normal », ajoute-t-elle en précisant qu'un délai de 24 heures demeure toutefois « une exception » en ce qui concerne le SANC.

Leçon à retenir

Mme Orellana espère que la situation d'urgence vécue l'hiver dernier aura permis aux différents ministères de tirer des leçons sur la façon de gérer le flux de réfugiés. Si certaines procédures demeurent incontournables (en matière de sécurité, par exemple), d'autres mesures auraient avantage à être allégées. C'est le cas des examens médicaux, qui au plus fort de la crise devaient être effectués dans les 72 heures suivant l'arrivée d'un réfugié.

« Il n'y a pas de données scientifiques qui soutiennent qu'un réfugié doit absolument être examiné dans les 72 heures suivant son arrivée, dit-elle. Cela a eu pour effet de monopoliser des ressources à la Santé alors qu'en temps normal, les délais sont beaucoup plus longs », ajoute Mme Orellana, en rappelant que le SANC a participé activement à l'accueil de nombreux réfugiés par le passé, notamment lors de la guerre de Bosnie.

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