Accusé de meurtre prémédité

Jean-François Toupin Houle a paru calme et posé... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Jean-François Toupin Houle a paru calme et posé quand il s'est présenté au palais de justice, escorté par des policiers.

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(Victoriaville) C'est un Jean-François Toupin Houle stoïque qui a comparu brièvement, jeudi matin, devant la juge Dominique Slater, afin d'être formellement accusé du meurtre prémédité de Judith Elemond Plante survenu un peu plus de 24 heures plus tôt, dans un appartement de la rue de l'Aqueduc à Victoriaville.

Le jeune homme de 24 ans originaire de Trois-Rivières, mais résident de Drummondville, a paru calme et posé alors qu'il était escorté par les policiers. Il a répondu d'une voix faible aux questions de la juge, qui s'enquérait à savoir s'il avait bien compris la gravité de l'accusation qui pesait contre lui.

Toupin Houle a oeuvré en tant que soudeur-monteur pour le compte de H.M Metal, une entreprise de Sainte-Sophie-de-Levrard, emploi qu'il a quitté il y a quelques mois. Les porte-parole de l'entreprise n'ont pas voulu commenter la situation. Son compte Facebook fait montre de concepts particulièrement sombres, faisant notamment allusion à l'enfer.

L'accusé s'est d'abord représenté seul, mais a exprimé son désir de faire appel à un avocat. C'est Me Matthieu Poliquin de l'aide juridique qui a pris son dossier en main.

La famille éplorée

Les proches de la jeune Elemond Plante avaient, encore jeudi, de la difficulté à comprendre ce qui avait bien pu se passer. La victime de 22 ans était perçue comme une femme pleine d'énergie et souriante, on ne lui connaissait pas d'ennemi. La douleur vécue par la mère de la jeune victime, Édith Papineau, semblait particulièrement intense.

« Elle mordait dans la vie et était une maman merveilleuse. J'ai la rage au coeur, l'incompréhension de la situation. Elle ne méritait pas ce destin. Je n'ai pas de mots pour exprimer toute ma douleur. Elle était tellement pleine de vie. Elle y croquait à pleines dents. J'ai mal », a-t-elle écrit sur Facebook.

« J'ai l'impression d'être dans un mauvais film dans lequel je ne peux plus rien faire. Une partie de mon coeur s'est éteint à jamais. De perdre un enfant dans la fleur de l'âge provoque une mer de larmes et de torrents. J'avance comme une loque humaine. Je survis grâce à la force qui me tient encore debout. Mon chagrin est immense. Je ne pensais jamais vivre une telle douleur. Cette douleur ne peut être soulagée avec une pilule ou un pansement. Aucune médecine ne sera efficace pour effacer toute la douleur que je ressens », a-t-elle ajouté.

Pire encore, le meurtre de Judith Elemond Plante est survenu le 27 juillet, le jour même du premier anniversaire de sa fille Ophélie. La famille ne pourra donc plus se réjouir comme elle le devrait lors de cette date importante.

La garde de la petite a été confiée à son père, Dave Blondeau. Également sur Facebook, ce dernier a tenu à rendre hommage à celle qui a partagé sa vie pendant un moment avant que leurs chemins ne se séparent.

« Merci à Judith pour toutes ces belles années que j'ai pu passer avec elle. Elle est partie trop vite pour un monde meilleur. Je viens de réaliser que tu es partie le 27 juillet, le jour de la fête de notre petite fille. Ce jour sera toujours difficile d'année en année. Part en paix », a-t-il évoqué, précisant avoir eu de la difficulté à trouver le sommeil.

Le présumé meurtrier se serait rendu chez son ex après le drame

C'est dans un appartement de la rue Sainte-Ursule, au centre-ville de Trois-Rivières, que Jean-François Toupin Houle s'est rendu, peu de temps après avoir présumément battu à mort Judith Elemond Plante, 22 ans, dans son appartement de Victoriaville. Selon ce que Le Nouvelliste a pu apprendre, l'homme de 24 ans, aujourd'hui accusé du meurtre prémédité de la jeune mère de famille, s'est rendu dans ce logement situé non loin du manège militaire, mais n'aurait pas été arrêté à cet endroit.

Jeudi, les sources policières ont préféré se faire avares de commentaires quant aux déplacements du suspect à la suite du drame, mais également sur la façon dont il a été arrêté. Toutefois, de nombreux témoins ont rapporté au Nouvelliste une importante présence policière tout au long de la journée de mercredi sur la rue Sainte-Ursule. Ces mêmes témoins ont confirmé, après avoir vu la photo du suspect, l'avoir aperçu tôt mercredi matin venir chercher quelques effets dans cet appartement, qui serait loué par son ex-copine.

Un témoin a d'ailleurs indiqué qu'il y avait un bout de temps que l'homme n'avait pas été vu à cet endroit, et que le voisinage en avait conclu que le couple s'était tout simplement séparé. Lorsque l'homme est revenu au logement, mercredi matin, et en est ressorti avec quelques effets personnels, ce même témoin raconte avoir pensé qu'il ne s'agissait que des suites de la séparation du couple et qu'il venait tout simplement récupérer ses affaires.

Moins d'une heure plus tard, toutefois, des voitures de police de la Sécurité publique de Trois-Rivières sont arrivées sur les lieux et y ont passé toute la journée. Les enquêteurs qui, visiblement, prêtaient assistance à la Sûreté du Québec dans ce dossier, ont pris certains renseignements auprès de voisins, sans toutefois révéler la raison précise de leur présence sur place.

Ce n'est qu'en voyant la photo du présumé meurtrier, jeudi, que les témoins et le voisinage ont fait le lien entre la présence policière sur cette rue et le meurtre de Victoriaville.

Impossible cependant de savoir de quelle façon ou même à quel endroit l'arrestation de Toupin Houle a été faite. Les policiers de la Sûreté du Québec, pas plus que ceux de la Sécurité publique de Trois-Rivières, n'ont voulu révéler s'il avait été identifié puis arrêté sur le territoire, ou encore s'il s'était rendu de son propre chef à la police. La suite des procédures judiciaires pourrait toutefois permettre d'en connaître un peu plus à ce sujet.

- Paule Vermot-Desroches, Le Nouvelliste

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