Une murale pour colorer l'itinérance

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(Sherbrooke) Bien que l'itinérance soit plus souvent synonyme d'obscurité que de lumière, l'organisme Partage St-François a décidé de briser les stéréotypes associés à ce phénomène en le représentant de façon colorée avec une immense murale recouvrant la façade de son comptoir situé sur la rue Wellington Sud.

Intitulée Outillés dans l'itinérance, la murale conçue et réalisée par deux graffeurs originaires de la région, Boris Biberdzic et Vincent Arnold, fait place à plusieurs personnages rougeâtres, chacun immergé dans son propre univers : l'un pulvérise ses démons à l'aide d'une masse, alors qu'un autre lévite au-dessus d'un bouquin symbolisant la connaissance et qu'un troisième suit une boussole dans l'espoir de trouver son chemin.

« Ce sont toutes des métaphores en lien avec l'itinérance et avec ce que le Partage St-François peut offrir aux personnes qu'il accueille », explique Boris Biberdzic.

« Au début, on avait une idée beaucoup plus sombre, mais finalement, on a décidé de virer tout ça au positif en montrant les outils que les personnes itinérantes peuvent acquérir au Partage », ajoute Vincent Arnold.

Depuis 1983, le Partage St-François héberge et accompagne des hommes et des femmes, vivant des difficultés en lien avec l'itinérance et les dépendances. L'organisme à but non lucratif possède trois bâtiments à Sherbrooke, soit la Maison Wilfrid‑Grégoire, l'Accueil Poirier et la Maison Marie‑Jeanne.

Récemment déménagé sur la rue Wellington Sud, l'Accueil Poirier, où loge une soixantaine d'itinérants, abrite également un comptoir de vente ouvert au public, où l'organisme revend des vêtements, des meubles et des objets de toutes sortes qui lui ont été donnés.

« À notre comptoir, on essaie d'attirer le plus de clientèle possible, parce que tous les profits des ventes servent à financer l'hébergement des personnes itinérantes qu'on accueille », mentionne le directeur général du Partage, Sébastien Laberge.

« Par contre, on avait un problème de graffitis illégaux sur nos murs, poursuit-il. Alors, dans le but de créer un commerce qui a une allure plus attirante, on a contacté le comité tags et graffitis de la Ville de Sherbrooke, qui offre des subventions pour réaliser de l'art urbain, et on lui a présenté notre projet de murale. »

Après avoir obtenu une aide financière de la part de la Ville, Sébastien Laberge interpelle différents artistes de la région, pour finalement croiser le chemin de Boris et Vincent.

« Les gars nous ont proposé une idée de murale en lien avec la mission du Partage St-François, et depuis une semaine, ils travaillent à refaire la façade au complet. En tout, ça représente environ deux semaines de travail. »

« L'objectif, c'est de décourager les graffeurs illégaux, d'encourager les jeunes artistes de la région et, en même temps, de revamper la façade de notre commerce dans le but ultime d'aider les personnes itinérantes », résume M. Laberge.

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