Cyanobactéries : la situation stable en Estrie

Onze plans d'eau en Estrie ont été touchés... (Archives, La Tribune)

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Onze plans d'eau en Estrie ont été touchés par des éclosions de fleurs de cyanobactéries (algues bleu-vert) en 2015, selon le bilan que le ministère de l'Environnement vient de déposer.

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) Est-ce les interventions des dix dernières années qui portent leurs fruits ou est-ce les compressions budgétaires qui se font sentir, toujours est-il que le ministère de l'Environnement est sorti une seule fois cet été pour constater une éclosion d'algues bleu-vert dans les lacs de l'Estrie.

La sortie a eu lieu au lac Memphrémagog, où on a constaté une « très faible superficie » de cyanobactéries dans la baie Verte, rapporte Daniel Messier, responsable des communications à la direction régionale de l'Estrie et de la Montérégie du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

« Nous n'avons presque pas eu de signalements cette année, constate Daniel Messier. Il est trop tôt pour parler de régression parce qu'on ne sait pas ce que septembre et octobre nous réservent, on touche du bois, mais il semble que les efforts que tout le monde a mis pourraient avoir donné des résultats. »

La patrouille de Memphrémagog Conservation, pour sa part, a signalé au MDDELCC six épisodes depuis juin, mais rien pour restreindre les activités de baignade ou la consommation d'eau.

« Pour l'instant, c'est assez normal comme été, c'est stable, assure la directrice générale de MCI, Ariane Orjikh. Mais comme c'est un été chaud et que le niveau des rivières est bas, on s'attend à un automne particulier. »

Le lac Massawippi semble être dans des dispositions semblables, selon la directrice générale de Bleu Massawippi, Michèle Gérin. « Je n'ai vraiment pas grand-chose à date, dit-elle, un peu de cyanobactéries en suspension dans la colonne d'eau, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas demain. [...] Notre drame, c'est souvent en octobre, mais au moins il n'y a presque plus de baigneurs à cette période-là de l'année. »

Même à la baie Missisquoi en Montérégie, qui était aux prises avec une prolifération importante à pareille date l'été dernier, le MDDELCC n'a eu qu'un signalement jusqu'à maintenant, près de la prise d'eau potable de Bedford, ce qui a justifié le déplacement du Ministère et la mise en alerte de la Municipalité, relate M. Messier.

Bilan 2015

Rappelons que depuis 2013, le ministère de l'Environnement a réduit de façon importante ses visites sur les plans d'eau touchés, pour consacrer ses ressources financières, dit-il, à des actions qui ont une incidence directe sur la santé des lacs.

Selon le bilan 2015, qui a été déposé ce mois-ci, 11 lacs de l'Estrie ont été touchés par un épisode de cyanobactéries la saison dernière, dont 2 n'ont pas été visités et 3 étaient nouvellement touchés (le lac Caron à Saint-Denis-de-Brompton, un lac privé à Sherbrooke et le lac Brousseau à Stukely-Sud).

Il s'agit d'un bilan semblable à 2014 (9 plans d'eau touchés) et à 2013 (11 plans d'eau touchés).

Au pire de la crise des cyanobactéries en 2007, le MDDELCC faisait état de 16 plans d'eau touchés en Estrie.

À l'échelle du Québec en 2015, on fait état de 82 plans d'eau touchés, soit 27 récurrents non visités et 55 visités et touchés, donc 17 nouveaux. Le nombre de plans d'eau récurrents qui n'ont pas été visités a diminué de 34 en 2014 à 27, tandis que le nombre de nouveaux plans d'eau touchés est resté stable (18 en 2014 et 17 en 2015).

Pour Daniel Messier, la vigilance reste de mise et les actions pour réduire les apports de phosphore dans les lacs sont plus que jamais justifiées.

« La crise de 2006-2007 aura eu le mérite de créer un puissant levier pour que les gens adoptent de bons comportements par rapport aux plans d'eau. [...] Maintenant, on demande aux gens de garder ces bonnes habitudes parce que la bataille n'est pas gagnée. »

Rappelons que dans le dernier budget provincial, en mars 2016, les organismes de protection des cours d'eau déploraient l'amputation d'une enveloppe de 770 000 $ consacrés au programme de sensibilisation « Opération bleu-vert ».

De bons comportements

  • Végétaliser les bandes riveraines
  • Utiliser des savons et des produits nettoyants sans phosphate
  • Veiller à la conformité des installations septiques
  • Éviter d'utiliser des engrais chimiques ou du compost sur les pelouses à proximité des plans d'eau
Source : MDDELCC

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