On vit moins vieux au centre-ville

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L'indice de défavorisation matérielle et sociale est plus élevé dans les centres-villes en Estrie, notamment à Sherbrooke et Magog.

Spectre média, René Marquis

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(Sherbrooke) Le nombre de décès prématurés est deux fois plus élevé dans les centres-villes de l'Estrie, où l'indice de défavorisation matérielle et sociale est plus élevé, que dans les autres zones des villes. C'est notamment le cas à Sherbrooke et à Magog selon la direction de santé publique de l'Estrie.

Le constat que dresse la direction de la santé publique indique que plus on vit en milieu défavorisé, plus l'espérance de vie diminue.

Pour déterminer la défavorisation, le fait d'occuper un emploi, d'avoir un certificat ou un diplôme d'études secondaires, le revenu moyen, la proportion de personnes vivant seules, la proportion de familles monoparentales et la proportion de personnes séparées, divorcées ou veuves sont pris en compte. Toutes ces informations compilées sont basées sur le recensement de 2011.

Le document révèle que l'espérance de vie est de 79 ans pour les hommes et 84 ans pour les femmes en Estrie. Des écarts importants, six ans pour les hommes et quatre pour les femmes, peuvent être observés en milieu défavorisé.

« C'est la première fois que nous prenons la peine de vérifier s'il existe un écart dans l'espérance de vie entre les différents milieux. Le constat que l'espérance de vie est moins élevée dans les centres-villes défavorisés avait été soulevé dans des grandes villes comme Montréal. Nous voulions voir si la situation était la même à l'extérieur des grands centres urbains », explique Dre Mélissa Généreux, directrice de la santé publique de l'Estrie.

Mme Généreux estime que l'accès aux services de santé et aux services sociaux ne peut pas à lui seul expliquer cette disparité. « Nous ne voulons pas mettre l'accent sur le fait que les centres-villes sont des zones qui rendent malade. Au contraire, on y trouve souvent tous les services, des cliniques, des épiceries... Mais les logements y sont souvent moins dispendieux. Il faut donc intensifier nos efforts dans ces secteurs. »

Parce que les clientèles vulnérables auront naturellement tendance à s'y retrouver. « Il y a toutes sortes d'initiatives, mais le problème, c'est de maintenir le financement, par exemple pour la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue, qui aide des gens en situation de pauvreté. Il y a déjà eu le programme Travail d'un jour, qui permettait de s'adapter à ceux qui n'ont pas toutes les conditions pour avoir un travail régulier. »

L'accessibilité à un médecin de famille ne serait pas nécessairement en cause. « En Estrie, quatre personnes sur cinq ont accès à un médecin de famille. C'est un peu plus faible chez ceux qui gagnent moins de 30 000 $ par année, mais je ne pense pas que ça joue sur l'espérance de vie. Il faut plus se demander si l'adaptation des services en cliniques formelles répond aux besoins de toutes les clientèles. Il doit aussi y avoir une activité plus communautaire. Certaines personnes ont surtout besoin de parler, d'avoir de la compagnie. »

Parmi les facteurs influençant la santé de la population, le revenu, l'éducation, le soutien social et les habitudes de vie, comme le tabagisme et l'activité physique, sont entre autres cités.

Entre 2006 et 2011, la communauté du Pin-Solitaire, dans l'arrondissement de Fleurimont, représente le territoire ayant connu la dégradation la plus marquée de son degré de défavorisation. Le taux de mortalité prématurée en Estrie est à tout le moins inférieur à celui observé dans le reste du Québec.

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