« Avec Kanak, je suis moins stressée »

Les victimes d'agression sexuelle s'ouvre plus facilement quand... (Spectre média, René Marquis)

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Les victimes d'agression sexuelle s'ouvre plus facilement quand le chien Kanak est présent.

Spectre média, René Marquis

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(Sherbrooke) Malgré son caractère plus que paisible, le chien Kanak est en train de provoquer une petite révolution dans l'accompagnement de victime d'agression sexuelle à Sherbrooke.

Tous les intervenants n'ont que de bons mots pour le toutou qui ne demande qu'à recevoir des caresses. Sa présence rassure les victimes qui changent d'attitude en présence du désormais célèbre labrador d'un an et demi.

À commencer par cette jeune femme de 19 ans victime d'une agression sexuelle, qui ne craint plus les procédures judiciaires si Kanak est présent. Ses yeux s'illuminent quand elle parle du chien affecté au soutien émotionnel au sein du Service de police de Sherbrooke (SPS).

« Au début j'avais de la misère à m'ouvrir sur ce qui s'était passé. Je n'aime pas parler devant le monde », lance-t-elle lors d'une activité de presse pour expliquer le rôle de la recrue canine du SPS. « Il a changé ma vie. »

« Avec Kanak, c'est autre chose. C'est une boule d'énergie. Quand je le vois, je veux être avec lui! Je veux le flatter quand je suis stressée. J'ai toujours aimé les chiens. »

Le jeune femme dont on doit taire le nom invite les victimes à demander à ce que le chien soit présent pour les aider dans le processus judiciaire.

« Premier sourire »

Rappelons qu'après environ cinq semaines de travail dans ses nouvelles fonctions, Kanak a participé à près d'une vingtaine d'interventions. Rappelons que le SPS a fait figure de pionnier au Québec ce printemps en ajoutant à ses méthodes d'intervention un chien de soutien pour les victimes dans le cadre du processus judiciaire.

L'enquêteure Mélanie Bédard, spécialisée dans les enquêtes avec les enfants, est le maître du chien formé par la fondation MIRA pour ce projet-pilote. Kanak est utilisé notamment auprès des jeunes enfants victimes d'abus physiques ou sexuels. Le chien peut servir en quelque sorte de diversion pour motiver l'enfant à faire une déposition.

Le chien peut être présent tout au long du processus judiciaire. Lors d'entrevues avec les victimes filmées, l'enfant gêné de raconter l'agression sexuelle dont il a été victime en se confiant au chien.

Chantale Morin, agente de relation humaine au Centre jeunesse, raconte qu'une fillette de 7 ans a aussi changé subitement d'attitude quand Kanak lui a été présenté. « C'est là qu'elle a commencé à parler », dit-elle.

« C'est là aussi que nous avons eu son premier sourire! »

Kanak amène un changement d'attitude marqué chez les victimes. « On les sent moins stressées, plus ouverts », plaide Mme Bédard. « C'est une expérience très positive jusqu'à maintenant. »

« Souvent, les enfants vont s'assoir à côté de Kanak et vont le caresser. Le chien va mettre sa tête sur la cuisse de l'enfant. C'est comme un ami dans la pièce. Kanak peut attendre des heures sans bouger. Des fois, il se met à ronfler. »

Kanak a aussi été utilisé par les gens du Centre jeunesse de l'Estrie. On a vu des adolescents en crise décompresser parce que Kanak leur a été amené.

Enfin, on pourrait voir Kanak dans d'autres situations comme dans le milieu scolaire et auprès des personnes âgées.

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