Les artificiers prennent soin du lac des Nations

« Chez nous, on fait vraiment attention pour minimiser... (Spectre média, Julien Chamberland)

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« Chez nous, on fait vraiment attention pour minimiser l'impact de nos feux sur l'environnement », Yanick Roy, le président directeur général et artistique de Royal Pyrotechnie.

Spectre média, Julien Chamberland

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(Sherbrooke) Chaque été, à la Fête du lac des Nations, des milliers de feux d'artifice illuminent le ciel... et retombent inévitablement dans le lac donnant son nom au festival. Si certains pourraient craindre l'impact environnemental de ces débris, les artificiers assurent que celui-ci est « minime ».

Lundi et mardi, trois plongeurs de l'entreprise Hydroteck ont ratissé, pendant une dizaine d'heures au total, le fond du lac des Nations afin d'y repêcher les restes des six spectacles pyromusicaux ayant réjoui les festivaliers de la 35e édition de la Fête du lac. Au terme de leur corvée, c'est une vingtaine de kilos de débris qu'ils ont envoyés aux déchets.

« On fait le ménage jusqu'à une distance de cent mètres de la rive environ, parce que la majorité des feux tombent dans ce rayon-là », explique Dominic Tremblay, chargé de projet chez Hydroteck.

« Il faut dire que les feux d'artifice en tant que tels restent sur le site de lancement : c'est vraiment juste la capsule qui explose qui retombe par terre et dans le lac. Et ce qui est bien, c'est que ces capsules-là sont rendues biodégradables. Mais pour être certain que ça ne pollue vraiment pas, on les ramasse quand même », dit-il.

En effet, les feux d'artifice « modernes » ne sont plus faits de plastique, mais bien de papier mâché biodégradable, et ce, depuis au moins une dizaine d'années, selon le président directeur général et artistique de Royal Pyrotechnie, Yanick Roy.

« Chez nous, on fait vraiment attention pour minimiser l'impact de nos feux sur l'environnement. Par exemple, les chandelles qu'on utilise ont des caps de plastique, mais on les enlève et on en crée des nouveaux en ruban adhésif pour éviter qu'ils se retrouvent par terre ou dans l'eau », assure celui qui a conçu le spectacle de clôture de la plus récente Fête du lac, nécessitant près de 1100 kilos d'explosifs.

« Les cartons et les filages qu'on utilise sont ramenés ici (NDLR : à Saint-Pie), parce qu'on a une compagnie qui vient les chercher pour les recycler. Pour ce qui est des produits qui sont utilisés à l'intérieur des feux pour créer les couleurs, ceux qui sont toxiques, comme le plomb, sont défendus à la fabrication. Donc même s'il y a du produit qui tombe dans le lac, il n'y a absolument aucun danger. »

L'humain, plus polluant que les feux

La directrice générale du Conseil régional de l'environnement de l'Estrie, Jacinthe Caron, se range du côté des artificiers en confirmant que les feux d'artifice ne semblent pas nuire à la qualité des cours d'eau dans lesquels ils se retrouvent.

« Selon mes recherches, les études qui ont été faites sur l'impact environnemental des feux d'artifice, entre autres à Walt Disney et à Montréal, concluent que la pollution sur l'eau n'est pas majeure, surtout ici, si l'on considère le fait qu'il n'y a des feux que pendant une quinzaine de minutes chaque soir pendant une semaine dans l'année, note-t-elle. Ce n'est pas non plus comme s'il y en avait tous les jours : l'impact n'est pas assez grand pour qu'on soit capable de le voir. »

Jacinthe Caron soutient que la pollution créée par les feux d'artifice est plus importante dans l'air que dans l'eau, ce qui peut être problématique pour les personnes vulnérables, comme les personnes âgées et les bébés, ou celles qui souffrent d'asthme.

« Mais encore là, ça ne dure que le temps des feux : ça ne reste pas après, contrairement à la pollution urbaine », souligne-t-elle.

« À mon avis, le véritable impact des feux d'artifice, c'est surtout les gens qui vont les voir et qui jettent des déchets partout. Les mégots de cigarettes et les anneaux en plastique des paquets de bières qui se retrouvent dans le lac, je suis assez convaincue, sans faire d'études, que c'est beaucoup plus nocif que les débris des feux d'artifice. »

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