La Régie du bâtiment en réflexion

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(Sherbrooke) La Régie du bâtiment du Québec (RBQ) confirme avoir amorcé une réflexion concernant les brevets de compétence des surveillants-sauveteurs. Mais il n'est pas dans les priorités de l'organisme de bouger à court terme, prévient la porte-parole Marie-Claude Masson.

La RBQ se dit toutefois sensible aux difficultés de recrutement rencontrées par les propriétaires de camping, notamment, et prétend montrer toute la souplesse possible pour leur permettre d'exploiter leur piscine extérieure tout en assurant la sécurité des baigneurs.

« La rareté des surveillants-sauveteurs, on la remarque par le nombre de demandes d'assouplissements qu'on reçoit, explique Mme Masson. Et on y pallie en répondant rapidement aux demandes. »

En restreignant la grandeur de la piscine avec des cordes par exemple, ou en limitant le nombre de baigneurs autorisés, il y a moyen d'exploiter une piscine même s'il manque un sauveteur, laisse-t-elle voir.

Les normes qui régissent les lieux publics de baignade sont les mêmes depuis 1992.

La RBQ se déplace pour vérifier quand elle a des plaintes ou des signalements. Elle visite par ailleurs une centaine de sites chaque été à travers les yeux de la Brigade Splash, en partenariat avec la Société de sauvetage du Québec.

Pas de problèmes dans les Villes

À la Ville de Sherbrooke, on a aucun problème à recruter des sauveteurs pour la douzaine de piscines extérieures et les deux plages publiques. Sherbrooke embauche entre 70 et 80 étudiants pour ses activités aquatiques chaque été, à un taux horaire d'entrée de 12,49 $ pour le surveillant-sauveteur et de 11,48 $ pour son assistant.

À Magog, l'équipe qui veille sur les baigneurs aux trois plages publiques du lac Memphrémagog compte 15 étudiants, qu'on a aucune peine à recruter non plus même s'ils ont besoin d'une vingtaine d'heures de formation supplémentaires pour travailler sur une plage.

« C'est sûr qu'on a un environnement exceptionnel, estime Marie-Claude Viau, chef de division aux loisirs et à la vie communautaire. Et on travaille beaucoup sur l'esprit d'équipe et le sentiment d'appartenance. »

La Ville embauche tôt ses sauveteurs, fait-elle valoir, et une entreprise se déplace à Magog pour donner la formation plage et faire passer les requalifications chaque deux ans. Le Centre sportif La Ruche offre par ailleurs les cours nécessaires à l'obtention du brevet de sauveteur national.

« Et on a une belle relève, dit Mme Viau, souvent les membres d'une même famille. »

Des exigences qui sauvent des vies

S'il est difficile de recruter des surveillants-sauveteurs pour la saison estivale, ce n'est pas faute d'en former. En fait, selon les chiffres de la Société de sauvetage du Québec, l'Estrie compte 912 personnes aptes à agir comme surveillant-sauveteur ou comme assistant-sauveteur en 2016, dont 408 certifiés « Sauveteur national » et 80 certifiés « Sauveteur national plage », alors qu'ils étaient 747 il y a dix ans.

Durant la même période, trois centres de formation ont été mis en place au Québec pour en porter le nombre à 22.

Directeur général de la Société de sauvetage du Québec, Raynald Hawkins pointe d'autres facteurs pour expliquer la rareté relative de cette main-d'oeuvre.

D'abord le fait qu'il s'agit d'une main-d'oeuvre étudiante qui peut travailler jusqu'à six semaines de plus dans d'autres secteurs d'activités puisque les sessions d'hiver au cégep et à l'université prennent fin bien avant la vingtaine de juin.

Ensuite parce que des Municipalités peuvent offrir des emplois à des salaires comparables comme animateurs de camps de jour par exemple ou comme préposés à l'entretien, sans exiger une formation qui peut coûter jusqu'à 1000 $.

Enfin, peut-être parce que l'Estrie compte deux employeurs importants pour les sauveteurs certifiés que sont le parc aquatique Bromont et l'Amazoo, qui ont des attraits particuliers pour les jeunes travailleurs, constate le directeur général.

Raynald Hawkins convient qu'il n'est peut-être pas facile de recruter des surveillants-sauveteurs de 17 ans et plus, mais il se fait néanmoins un ardent défenseur du processus de formation qui mène à l'obtention du brevet.

Si on exige par exemple du Sauveteur national qu'il puisse nager 400 mètres en 10 minutes, c'est tout de même deux minutes de plus que la norme internationale et six de plus qu'un athlète olympique, dit-il. Alors que l'expérience montre que la forme physique a un impact direct sur la vigilance et la capacité de réagir d'un jeune qui passe la journée assis sur une chaise, au soleil, à 30 degrés Celsius.

Raynald Hawkins fait valoir, par ailleurs, que les doléances de l'industrie touristique ont été entendues et que la règlementation a été assouplie pour les plus petits bassins.

Il réplique enfin que si le bilan des noyades dans les campings est à zéro, en 2014 et en 2015, il y a certainement un lien à faire avec la règlementation en vigueur.

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